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Cimetières et sépultures

Rédactrice : Edmée Fache

Cimetières et sépultures

Dans les campagnes, les morts sont enterrés dans un cimetière implanté auprès d’un lieu de culte à partir des années 750-800.

Quand le prieuré de St-Florent se crée vers l’an mil, un cimetière s’installe près de l’église.

Au XIIe siècle, le prieuré de Saint-Florent occupe la zone autour de l’actuelle place haute, alors clôturée de tous côtés par des bâtiments ou des murs. L’église de Saint-Florent est à l’intérieur du prieuré. La place au centre de l’ensemble sert de cimetière, notamment pour la sépulture des moines du prieuré et celle des seigneurs de Saint-Florent.

Au début du XVIIe siècle, l’Eglise refuse que les protestants enterrent leurs morts dans les cimetières communautaires. Ils doivent être ensevelis sur leurs terres. Saint-Florent comptera peu de convertis, semble-t-il…

En 1783, le conseil politique de la communauté de Saint-Florent s’émeut du délabrement des murs du cimetière dans lesquels plusieurs voisins ont pratiqué des ouvertures.

Le Conseil les contraint à remonter les murs « pour éviter que les bestiaux n’aillent y dépaître comme ils l’ont fait depuis quelques temps ». De plus, le conseil institue « une amende de 10 livres, en faveur des pauvres, aux particuliers qui laisseraient paître leur bétail dans le cimetière ».

Au fil des siècles, avec la prospérité que connait Saint-Florent grâce à la séricultureet à l’exploitation du fer et du charbon, aux progrès de l’agriculture, de l’hygiène… la populationa augmenté.

Au début du XIXe siècle, la place vient à manquer pour l’ensevelissement des morts dans le cimetière créée au XIe siècle.

Le cimetière est transféré à son emplacement actuel en 1842.

 Exigüité de l’ancien cimetière de Saint-Jean

[ Témoignage sur les difficultés rencontrées à Saint-Jean de Valériscle au XIXe siècle quant au cimetière du village. ]

« En 1803, la mortalité annuelle à St-Jean était de 45. La population comprenait 1.000 personnes pratiquant le culte catholique et 476 exerçant le culte protestant. Sur 45 personnes décédées, il y avait 30 catholiques et 15 protestants.

Cette année-là [1803], le préfet s’adressa au maire pour lui demander de trouver une solution pour parer à l’exiguïté du cimetière qu’il jugeait trop petit. Bertrand, alors maire, lui répondit en ces termes suite à une délibération du conseil municipal : « L’étendue du cimetière est de neuf ares. Il touche l’église et le presbytère. Les murs de clôture sont d’un côté de trois mètres et de l’autre côté de plus du double. Ils sont en bon état ainsi que la porte d’entrée qui ferme le cimetière. Les fosses se font à vingt centimètres de distance l’une de l’autre. Leur profondeur est de 1,5 m et leur largeur de 0,60 m. Elles durent cinq ans avant d’être renouvelées. La situation des affaires de la commune se trouve grevée d’une dette énorme et dénuée de tout moyen de s’en libérer… Il convient de conserver le cimetière tel qu’il se trouve car il a toujours été suffisant pour le culte catholique. Les protestants n’ont jamais prétendu s’en servir, ne demandant pas de cimetière particulier par ménagement pour les intérêts de la commune dont ils sont membres et connaissent le peu de moyens ».

Mais le préfet ne fut pas satisfait de cette réponse et demanda qu’il soit réfléchi sur la création d’un cimetière pour chaque culte. Le conseil municipal délibéra le 29 fructidor an 12 (1804) et décida la conservation du cimetière dans l’état où il se trouvait alors

Il fallut attendre 1839 pour que le problème de l’exiguïté du cimetière se pose à nouveau. Le maire d’alors, Louis Grenier de Monner, adressa une lettre au Président du Conseil de Paris, lui relatant le problème épineux que lui posait le cimetière : « Monsieur l’Evêque, en visitant ma commune, prononça l’interdit du cimetière et, depuis lors, il n’a cessé de me presser de le transférer et de faire restaurer l’église. J’ai fait beaucoup de promesses mais je vous déclare que je suis hors d’état de les réaliser faute de fonds… Vous rendriez un grand service à la religion et à la localité qui est sous mon administration, en m’accordant un secours pour réparer l’église qui tombe en ruine et pour transférer le cimetière auprès duquel on ne respire qu’un air pestilentiel vu qu’on est obligé à cause de sa petitesse d’exhumer les corps à moitié consumés pour faire de nouvelles fausses ».

La commune obtint gain de cause en 1840 pour le cimetière, le préfet en approuvant le projet de transfert sur un terrain plus grand. […]. La translation eut lieu le 20 juin 1841.»

Marc CELLIER – Saint-Jean de Valériscle, Regards sur le passé –Groupe de Recherches Saint-Jeannais – 1993

 Sources écrites :

* Archives municipales de Saint-Florent

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