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Les Petites Ecoles

Rédactrice : Edmée Fache

L’instruction

Les Gaulois chargent les druides de l’instruction des jeunes aristocrates. Cet enseignement exclusivement oral est complété par les prédications exaltées des prêtresses et les chants guerriers des bardes tandis que la chasse sert à l’entraînement aux exercices physiques et militaires.

Séduits par l’éducation grecque, les Romains en adoptent les grands principes auxquels ils ajoutent le droit.

La rhétorique, la science de l’orateur politique, et le droit, celle de l’avocat, sont les piliers de la cité romaine. Après la conquête de la Gaule, ils sont diffusés dans l’Empire aux enfants des élites gauloises, avec l’enseignement du latin et du grec. L’école romaine prend la suite de l’enseignement des druides pour ces jeunes nobles gaulois qui étudient arts libéraux et arts martiaux. Le latin triomphe en Gaule dès la fin du Ier siècle, surtout dans le sud déjà romanisé depuis deux siècles.

En même temps que décline la vie urbaine et que les élites se ruralisent, le réseau d’écoles municipales que l’Empire romain construit en Gaule s’étiole à la fin du Ve siècle quand s’effondrent les structures politiques impériales, remplacées par les monarchies barbares. Seules quelques riches familles gallo-romaines, repliées dans leurs villas campagnardes, restent attachées à la culture antique, lien entretenu par les riches bibliothèques qu’elles ont rassemblées et le recours à des précepteurs privés.

Devant le vide ainsi créé, l’Église décide d’organiser l’enseignement. En 529, le concile de Vaison appelle les évêques de Gaule à veiller à l’existence, dans chaque diocèse, d’une école rattachée à la cathédrale et de quelques autres dans les principales paroisses. Ce programme ambitieux reste lettre morte et, pour très longtemps, école ne signifie plus institution publique. A l’époque mérovingienne (VIe-VIIIe siècle), l’existence de quelques rares écoles-cathédrales est clairement attestée, surtout au nord de la Loire. C’est plutôt dans les monastères, au moins à partir du VIIe siècle, que l’activité scolaire retrouve un certain éclat.

Charlemagne et ses successeurs veulent une église militante. Pour cela, ils dotent richement les ordres religieux. Les bénédictins, seul ordre monastique en Occident jusqu’au XIe siècle, profitent de ces largesses. Les monastères bénédictins reçoivent pour mission d’instruire les jeunes aristocrates en faisant rayonner la culture franque. Ils doivent être des relais politiques du pouvoir royal notamment dans le sud où Charles Martel a écrasé les velléités locales d’autonomie lorsqu’il chassait les musulmans.

Les petites écoles

Aux Xe et XIe siècles, le développement des écoles est encore lent, mais bientôt l’école de la cathédrale ne pouvant plus contenir tous les élèves, des clercs, leurs études terminées, organisent en ville des classes où ils enseignent sous le contrôle de l’Eglise (la « licence » délivrée par l’évêque). Ainsi l’école-cathédrale essaime. Les petites écoles reçoivent les enfants dès l’âge de sept ans pour apprendre d’abord à lire, puis appréhender quelques connaissances basiques. Le Moyen-Age ne se soucie pas de créer des écoles pour les serfs ou les paysans, pas plus qu’on n’en organisait dans l’antiquité pour les esclaves. Mais il faut donner une instruction chrétienne aux enfants et recruter pour l’Eglise les clercs capables de prêcher la religion et d’administrer les affaires religieuses, d’où l’extension des écoles monastiques délivrant gratuitement l’instruction aux petits garçons. Aux filles, ce sont les principes de vertu, de piété et de bienséance que l’on inculque. La discipline est rude, chaque année les écoliers vont cérémonieusement couper les verges avec lesquelles ils sont frappés.

Des moines bénédictins fondent le prieuré à Saint-Florent sur Auzonnet vers 974, semble-t-il. Partis de Strasbourg, les bénédictins ont créé une abbaye sur le Rhône, à Pont Saint-Esprit, au siècle précédent. Avec le concours de la population de St-Florent, ils construisent des équipements collectifs (une église, un refuge pour les malades…). Très vite, ils créent également un studium doté d’un internat. Ce sont les « petites écoles » qui enseignent la lecture, l’écriture et le calcul et inculquent la doctrine chrétienne par le catéchisme et la lecture des livres de piété. Les parents sont incités à confier leurs garçons au monastère afin qu’ils intègrent plus tard l’état monastique.

En 1162, Saint-Florent érigé en Paroisse est rattaché au diocèse d’Uzès. Selon l’usage, la nouvelle paroisse est confiée à un prêtre séculier qui prend en charge l’école. Les trois moines bénédictins en place partent vers un autre prieuré.

Au XIIe siècle, l’école connaît une véritable renaissance en France où les établissements se multiplient. Un siècle plus tard, les premières universités viennent couronner l’ensemble du système.

La France de l’Ancien régime est organisée en fonction du calendrier agricole. Ainsi, à la campagne l’année scolaire dure de la Toussaint à Pâques et, pour sur vivre pendant les « vacances », le régent des petites écoles exerce un second métier, généralement dans l’artisanat.

A partir du XVIe siècle, l’Eglise catholique utilise les petites écoles, alors mixtes, pour lutter contre la propagation de la Réforme  qui encourage l’apprentissage de la lecture pour un accès direct aux Ecritures. Ces « petites écoles » dépendent de l’évêque et des ordres religieux. Au XVIe siècle, I’Eglise se préoccupe de la nécessité d’instruire les filles pour former des épouses et des mères chrétiennes, dociles, vertueuses, aptes aux travaux ménagers. Leur éducation se limite à l’étude des travaux domestiques et du catéchisme. Toutefois, les vocations d’institutrices sont peu nombreuses et l’état de l’économie française pas plus que celui des mentalités ne permet aux familles de boutiquiers ou de paysans de se priver de l’aide apportée par leurs filles. En 1640, l’Église interdit la mixité à l’école et le manque d’écoles de filles devient crucial. Des garçons, les communautés villageoises sont très tôt soucieuses « de les élever à la vertu et savoir lire et écrire ». Les parents peinent à trouver un financement suffisant pour le salaire et le logement des régents, la construction et l’entretien des maisons d’école.

La société protestante cévenole du XVIIe siècle diffère peu de la société catholique, avec une paysannerie misérable, un artisanat concentré en ville et des nantis porteurs de « suzeraineté morale ». Les protestants sont toutefois plus avancés dans le domaine de l’alphabétisation. La Contre-Réforme met un point d’honneur à rattraper ce retard chez les catholiques. Les Cévenols, même les plus pauvres, sont particulièrement attachés à l’acquisition des savoirs fondamentaux et les élites locales se constituent très tôt des bibliothèques fournies. Aux petites écoles, la pédagogie est rudimentaire ; un absentéisme massif résulte des nombreux travaux à charge des enfants (récoltes, cueillette des feuilles de mûrier, surveillance des animaux…). Un régent enseigne aux garçons, sous l’autorité du curé mais à charge des parents ou de la communauté. L’instruction des filles assurée par des religieuses est toujours considérée comme subsidiaire.

En 1670, le compoix de St-Florent précise que Pierre Galvada est le régent des petites écoles.

En 1698, Louis XIV, en lutte contre le protestantisme, ordonne à chaque communauté villageoise d’ouvrir une école dont le maître sera un religieux ou une personne choisie par le curé.

Puisqu’à la campagne, l’année scolaire dure de la Toussaint à Pâques pour permettre aux enfants de participer aux travaux agricoles, le régent des écoles exerce un second métier qui lui permet de vivre pendant les « vacances » : il est généralement artisan.

Le savant et futur Académicien des Sciences Antoine Deparcieux fréquente les petites écoles de St-Florent de 1713 à 1718 tenues par les Frères des Ecoles Chrétiennes. A. Deparcieux leur restera reconnaissant des connaissances qu’il y a acquises. A la fin de sa vie, se souvenant de la rareté des livres dans l’école lorsqu’il la fréquentait, il lui lèguera par testament en 1768 une caisse de livres « pour récompenser les meilleurs élèves parce que les livres offerts aux meilleurs éléments flatteront les bénéficiaires tout en créant une émulation chez les autres ».

A compter de 1720, l’éducation des enfants des « Nouveaux Convertis » (protestants ayant abjuré leur religion suite à la répression) devient œuvre publique. Les enseignants et les prêtres doivent signaler à l’autorité les absences à l’école et à l’office. En 1724, Louis XV renouvelle l’ordre d’ouvrir une école dans chaque village du royaume.

En 1768, un groupe de parents résidant au Martinet passe contrat devant notaire avec un régent qu’ils chargent d’éduquer leurs enfants, moyennant un salaire qu’ils lui versent. Ceci témoigne de l’implication de certains parents pour que leurs enfants reçoivent une bonne instruction. D’ailleurs, en 1779, le conseil général de St-Florent achète une maison pour « servir de logement au régent des écoles vue la difficulté d’avoir de bons régents ».

Malgré des essais d’organisation, il n’y a pas d’unité dans l’instruction publique avant la révolution de 1789.

Devant les instances révolutionnaires, le projet de Talleyrand et le Rapport de Condorcet prévoient une instruction commune à tous les citoyens, sans mixité, délivrée par des laïcs. La Convention s’efforce d’organiser les institutions scolaires mais ne fera que les ébaucher.

En 1790, la scolarisation des jeunes garçons est généralisée à St-Florent. A cette date, 19 des 20 conseillers généraux du village (le plus souvent des notables locaux) savent signer tandis que 40% des jeunes hommes et 85% des jeunes femmes se mariant à St-Florent entre 1793 et 1795 ne savent pas signer. Bien sûr, signer n’implique pas de savoir lire, écrire et compter en ce temps où seuls les notaires, hommes de loi et quelques notables rédigent de longs textes, à titre personnel ou professionnel, souvent d’une écriture laborieuse et avec une orthographe phonétique.

Napoléon Ier garde de l’instruction des filles la vision archaïque qu’en avait l’Ancien régime. Il abandonne à la famille et à l’Église ce qui n’est pas à ses yeux affaire d’État. Il ne s’intéresse d’ailleurs qu’aux enseignements secondaire et supérieur. La Restauration autorise le retour des congrégations religieuses enseignantes. L’Eglise garde la charge de l’instruction publique qui se limite, dans les campagnes, à l’école primaire. Les enfants des familles indigentes sont instruits gratuitement.

Des religieux et religieuses appartenant à plusieurs ordres tiennent successivement les petites écoles de Saint-Florent.

Vers 1805, St-Florent compte une école libre ainsi qu’un pensionnat de garçons dirigés par les Frères Maristes, installés dans un grand bâtiment près de la place de l’église. Fondé en 1817, l’ordre des Frères maristes des écoles se spécialise dans l’éducation chrétienne des jeunes gens, souvent pauvres et vivant dans les campagnes en ouvrant des écoles là où ils sont réclamés.  Leur doctrine considère la discipline comme fondamentale. La classe doit être une école de vertu et le frère doit être l’ange gardien des enfants. S’il apprend à lire, écrire et compter, l’enfant doit avant tout recevoir une éducation religieuse et morale.

Les écoles de filles sont successivement confiées aux Sœurs de Saint-Joseph, de Saint-Régis et de la Sainte-famille. L’Institut des sœurs de Saint-Joseph est fondé en 1650 au Puy. En petites communautés de 3 à 6 membres, les sœurs vivent une spiritualité ignacienne. Elles sont appelées à de multiples tâches : instruction, éducation, soin des malades, des tout-petits, des  handicapés physiques et mentaux, des exclus, visite aux prisonniers… Ces communautés essaiment dans tous les diocèses français. Fondée en 1825, la Congrégation féminine de Saint Régis se consacre à l’éducation humaine et chrétienne des enfants pauvres dans les villages privés d’écoles chrétiennes en Ardèche et dans les régions environnantes. La Congrégation des Sœurs de la Sainte Famille fondée en 1816 se donne pour mission les activités éducatives, sociales, pastorales orientées en priorité vers les plus défavorisés.

Les deux ordonnances de 1830 et 1837, obligeant à ouvrir une école de garçons et une école de filles dans chaque commune, sont peu appliquées dans la France rurale du fait de la pauvreté liée à la faiblesse de la production agricole. Le manque d’écoles de filles est criant depuis l’interdiction de la mixité en 1640. La loi Guizot (1833) qui crée l’enseignement primaire oublie les filles. En 1837, une loi crée les « asiles » pour accueillir dans la journée les enfants de 2 à 6 ans, asiles qui  deviendront en 1887 les écoles maternelles. Le français gagne du terrain car les instituteurs, bien que le plus souvent d’origine autochtone, en assurent la promotion par conviction, pour amener progrès, lumières et libérer la population de l’emprise de la religion. La francisation de toutes les provinces entre dans le processus de construction de la nation française conçue comme une nation politique et civique à laquelle le citoyen adhère. Ce cheminement se fait parallèlement à la constitution d’autres nations européennes, basées elles, sur le regroupement à bases ethniques.

Du fait de la concurrence que s’y livrent les religions catholiques et protestantes, le Languedoc voit l’illettrisme diminuer plus rapidement que certaines autres provinces françaises, constat qui se vérifie même dans l’arrière-pays.

En 1848, l’enquête officielle sur l’enseignement diligentée dans tout le royaume constate que, d’une part 36% des conscrits sont illettrés et, d’autre part que dans la vallée de l’Auzonnet, l’instruction primaire est « assez répandue parmi les paysans ». L’école de St-Florent, installée dans des bâtiments datant de 1817, compte alors 90 élèves dont 40 étudient aux frais de la Commune.

En 1850, la Loi Falloux décide l’ouverture d’une école destinée aux filles dans chaque commune de plus de 800 habitants. Une française sur deux est alors illettrée (41 % ne savent pas signer leur nom contre 25 % des hommes). En 1867, la Loi Duruy préconise une école de filles dans les communes de 500 habitants et crée les premiers cours secondaires pour jeunes filles. Toutefois, le baccalauréat et l’entrée à l’université leurs restent fermés. En 1866, l’impératrice Eugénie doit intervenir pour que la première femme française (diplômée de médecine en 1875) passe son bac. Cette inégalité de statut s’explique par la différence des objectifs en matière d’éducation. Les garçons sont formés à la vie active tandis que les filles le sont pour gouverner le foyer domestique, s’occuper de l’éducation des petits enfants ou exercer des métiers féminins de subsistance. Aussi la réforme de l’éducation des filles est-elle fortement revendiquée, de Condorcet aux mouvements féministes. Parmi les revendications figurent  la mixité, la similitude des programmes, l’accès à l’éducation professionnelle pour améliorer la situation des travailleuses et relever leurs salaires…

Les archives municipales révèlent qu’en 1867, le conseil municipal de St-Florent, insatisfait des instituteurs laïcs, vote le retour des congrégations religieuses.

En 1869, Sœur Régis Lacroix, de la communauté religieuse de St Joseph des Vans, dirige depuis plusieurs années l’école des filles et un pensionnat d’une vingtaine d’élèves. Pensionnat et école sont, semble-t-il, toujours installés face au presbytère dans un bâtiment anciennement propriété de la famille de Beauvoir. Plus tard, ils déménagent à la maison qui abritait la Caisse d’Epargne (aujourd’hui la boulangerie de la Croix de Gal). En décembre 1869, à la demande du maire de St-Florent, Sœur Christine, née Gleyse, de la congrégation de Saint-Régis, ouvre une classe de filles au Martinet. Sœur Aline, née Mazet,  la remplace de 1875 à 1882.

En 1879, la Compagnie minière de Trélys installée au Martinet ouvre une « école libre » pour les enfants des mineurs de ce puits ; elle fournit des locaux équipés et chauffés et rémunère les enseignants. Elle ouvre des écoles similaires sur ses autres sites d’exploitation. « Les travaux des mines de Rochessadoule ayant été  transportés au Martinet, la Compagnie amena avec elle les religieuses de Rochessadoule qui étaient de l’ordre de « La Sainte Famille ».  A St-Florent, en octobre 1880, Sœur Samuel, née Latourre, remplace Sœur Epiphanie, en qualité d’institutrice communale et Sœur Marie-Josèphe, née Vaschalde, se charge du  pensionnat pour deux années.

Rappelons toutefois, qu’en 1870, d’après les témoignages recueillis par l’Abbé Albouy, l’unique journal diffusé dans la vallée de l’Auzonnet passe entre les mains « des quelques habitants sachant lire ».

En 1879, l’école de garçons de St-Florent est construite ; celle des filles (aujourd’hui occupée par La Malle aux Fringues) est édifiée plus tard.

Sources écrites :
-  Histoire de l’enseignement et de l’éducation (4 tomes) – collectif – Editions Perrin – Paris, 2003
-  Précis d’histoire du Languedoc-Roussillon sous la direction de Christian NIQUE – Edité par le CRDP de l’Académie de Montpellier – 2007
-  Histoire de la France religieuse sous la direction de Jacques LE GOFF – Seuil – 1988
-  La vallée de l’Auzonnet  – Gérard DELMAS – Paris, 2002.
-  Le Martinet et la vallée de l’Auzonnet à travers les âges – Alphonse ALBOUY – Editions Notre-Dame – Nîmes, 1957
-  Archives municipales de St-Florent

Les Petites Ecoles

Les Petites Ecoles et Ecoles Libres

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[img src=http://www.st-florent-passe-present.fr/wp-content/flagallery/les-petites-ecoles/thumbs/thumbs_peaf-ptitecol-vs1902-n.jpg]7101- Classe de filles + 1 garçon - vers 1902 -
Sœur (à g. debout) : …………. Sœur (à g. assise) : …………. <br />Sœur (à d. assise) : ………….<br />1.<br />2.<br />3.<br />4.<br />5.<br />6.<br />7.<br />8.<br />9.<br />10.<br />11.<br />12.<br />13.<br />14.<br />15.<br />16.<br />17.<br />18.<br />19.<br />20.<br />21.<br />22. Madeleine DELEZON<br />23. Amélie DELEZON<br />24. M. Louis DELEZON<br />25.<br />26.<br />27.<br />
[img src=http://www.st-florent-passe-present.fr/wp-content/flagallery/les-petites-ecoles/thumbs/thumbs_peag-ptitecolvs1904-n.jpg]6702- Classe de filles + 1 garçon - vers 1904 -
Sœur (à g. debout) : …………. Sœur (à g. assise) : …………. <br />Sœur (à d. debout) : ………….<br />1.<br />2.<br />3.<br />4.<br />5.<br />6.<br />7.<br />8.<br />9.<br />10.<br />11.<br />12.<br />13.<br />14.<br />15.<br />16.<br />17.<br />18.<br />19.<br />20.<br />21.<br />22. <br />23. <br />24. <br />25.<br />26.<br />27.<br />28.<br />29.<br />30.<br />31.<br />
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L’éducation au IXe siècle

[ Au IXe siècle, le Languedoc oriental profite de la renaissance carolingienne et de sa riche culture classique. En témoigne le manuel pour l’éducation de son fils Guillaume que rédige à Uzès, en l’an 843, la comtesse Dhuoda, aristocrate carolingienne, épouse de Bernard, comte de Barcelone. Guillaume est alors âgé de 17 ans. Extraits de l’invocation ouvrant ce manuel. ]

« Dieu très haut, créateur de la lumière du ciel, toi qui traces leur route aux astres, roi éternel, très saint, achève dans ta clémence l’œuvre que j’entreprends. […] je te confie mon fils Guillaume. Que toutes ses heures soient heureuses, qu’il t’aime par-dessus tout, et qu’il gravisse d’un pas rapide, avec tes fils, les sommets du bonheur. Que son intelligence veille toujours en toi. Etends sa félicité dans les siècles. Qu’il ne tombe point dans la colère et qu’il n’erre pas séparé des tiens. Que sa course soit enchantée, et que sa vertu l’élève, brillant, aux régions supérieures. Qu’il te demande tout ce qu’il lui faut. Toi qui donnes sans dédain, enseigne-lui à te croire, à t’aimer, à te louer avec effusion. Que ta grâce l’inonde. Qu’il ait la paix et la sécurité du corps et de l’esprit, et que lui et sa race y puisent leur durée. Eloigne d’eux la colère.

Quand il lira, qu’il le fasse à propos. Qu’il suive les préceptes des saints et reçoive de toi son entendement. Qu’il soit secourable, qu’il pratique les quatre vertus, qu’il soit généreux et prudent, pieux et courageux. Qu’il n’abandonne jamais la tempérance. Quoique ce soit une mère indigne qui t’implore à tous ses moments, aie pitié de mon fils. Je suis dévorée d’angoisse.

Ce faible ouvrage est une supplication par laquelle je te recommande mon enfant en toutes choses. Le royaume et le pays sont déchirés, mais tu demeures immuable. »

Invocation de Dhuoda in Le Gard de la Préhistoire à nos jours, sous la direction de Raymond HUARD – Editions Jean-Michel Bordessoules – Saint-Jean d’Angély, 2003

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