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La Chapelle

Rédaction  :  Gérard Delmas

Louis Dardalhon

né en 1906 au Martinet (commune de St-Florent) était comptable aux Mines de Trélys et correspondant du « Petit Marseillais »  En 1936, après des recherches aux archives de St-Florent, de Nîmes et la lecture des rares livres concernant l’histoire locale, il a écrit pour son journal un article intitulé « Histoire de Notre-Dame de Lachamp » , dont voici le contenu :

 « Histoire de Notre-Dame de Lachamp

Placée sur l’un des derniers contreforts des Cévennes, N.D. de Lachamp dresse sur la montagne du même nom sa grêle silhouette demi-circulaire, qui semble, vue du bas, s’écraser sur le plateau caillouteux, qui à 631m d’altitude, s’incline en pente douce vers le Nord pour reprendre rapidement vers la vallée de la Cèze, son aspect accidenté.

C’est vers ce point que deux fois l’an les pèlerins des paroisses du Martinet, St-Florent, St-Jean-sur-l’Auzonnet, Robiac, Bessèges, Molières-sur-la-Cèze, convergent pour prier la mère des Souffrants. Combien de ceux qui ne craignent pas la dure escalade à travers les sentiers parsemés de pierres et d’éboulis, connaissent-ils les origines de ce pieux pèlerinage ? C’est ce que de rares archives nous ont permis de leur apprendre.

Bien avant que ne fut construite la chapelle actuelle, le sommet de la montagne sur laquelle on avait dressé une croix de bois, voyait déjà accourir les fidèles. Sur cet emplacement, dit la légende, un certain nombre d’otages capturés par un des partis belligérants des Guerres de Religion, furent enchaînés et demeurèrent ainsi de longs jours. Pour qui se représente ce que ce devait être à l’époque ce sommet désert, exposé aux intempéries et à la faune alors particulièrement dense, peut juger les souffrances que durent supporter ces malheureux. C’est pour commémorer cet évènement qu’une première croix aurait été dressée sur ce sommet qui reçut alors le nom de montagne des Souffrants.

Une version différente raconte que sur la montagne, vivait autrefois un ermite dont l’histoire tait le nom mais qui avait laissé sur la population une profonde impression de piété. Est-ce l’origine du nom de Saint-Suffren que l’on peut lire au-dessous de celui de Lachamp sur les cartes géographiques de la région ? Nous pensons qu’il s’agit plutôt d’une déformation de « Souffrants » par lequel on désignait ce sommet (montagne des Souffrants).

Dans les deux cas, on ne peut s’appuyer sur aucune donnée précise, et Mr l’abbé Marque, curé de St-Florent qui, vers 1875, entreprit des recherches à ce sujet, indique dans une brochure publiée lors de la construction de la chapelle, qu’il dût renoncer à percer les ténèbres qui enveloppent l’origine de la dévotion.

C’est en 1878 que furent entrepris les travaux de construction du sanctuaire. Mr l’abbé Marque, dont nous avons déjà parlé, fut l’instigateur et le réalisateur de cette œuvre. La population de la paroisse de St-Florent, dont faisait alors partie notre localité, se prêta avec enthousiasme à cette réalisation ; c’est grâce au concours de chacun que les matériaux purent être transportés au faîte de la montagne. Cependant vint un jour où les bonnes volontés se lassèrent, les ressources s’épuisèrent et, le découragement aidant, les travaux surent suspendus.

C’est alors qu’apparaît dans l’histoire de cette laborieuse construction l’homme qui devait la mener à bien. Un gros propriétaire du hameau du Martinet, Mr Polge, passait pour riche. Il était très pieux et généreux et à la suite d’une guérison, disent les uns, de la conclusion inespérée d’une affaire, disent les autres, il prit en mains l’entreprise, lui donnant une impulsion nouvelle, surveillant lui-même les travaux et la menant rapidement à bonne fin.

La chapelle fut construite en forme d’hémicycle de 25 m carrés, surmontée d’un clocher. Une porte en fer de 7 m de large en fermait l’entrée. Elle était entourée d’un mur d’enceinte au centre duquel se dressait une croix flanquée de deux petites. Sur la montagne, les 14 stations d’un calvaire avaient été érigées. L’inauguration eut lieu le 13 juillet 1879 en présence, dit-on, de deux mille pèlerins, mais la cérémonie fut contrariée par la pluie.

Eloigné de toute habitation et par là-même sans surveillance, le pieux sanctuaire devait connaître depuis l’époque de sa construction jusqu’à nos jours, une période particulièrement pénible. Des vandales ne craignirent pas, profitant de son isolement, de causer toutes sortes de dégradations. Les uns à coup de fusil ou de pierres détruisirent les statues qui ornaient l’intérieur, d’autres pour sonner la cloche, démolirent toiture et clocher. Les croix qui se dressaient devant la chapelle furent arrachées tant et si bien qu’en 1921, l’édifice menaçait ruine. Mr l’abbé Boulze, premier curé du Martinet érigé depuis le 21 novembre 1913 en paroisse, dut procéder à la presque entière réfection de la chapelle. En septembre 1928, Mr l’abbé Volle, curé actuel du Martinet, bénissait la belle statue « Mater Dolorosa » que l’on peut voir actuellement et les fidèles, le 3 mai et le 1er dimanche de septembre de chaque année, continuant la tradition, viennent des profondes vallées se recueillir devant la chapelle et prier la Mère des Souffrants.

Indépendamment du pèlerinage, le touriste qu’une bonne heure de chemin en montagne, à travers des sentiers à peine tracés, parfois très pénibles, ne rebute pas, se trouvera très largement récompensé par le magnifique spectacle qui s’offrira à ses yeux. En effet, par temps clair, le panorama que l’on découvre est merveilleux.

Les villages tapis au creux des vallées ou sur les collines mettent une note claire dans le paysage sauvage qui, de l’ouest au nord, est constitué  par la frise ininterrompue des montagnes.

Vers le nord-est, une large déchirure laisse découvrir la vallée de la Cèze se prolongeant jusqu’au Rhône, tandis que le Ventoux dresse au loin sa cime majestueuse, sentinelle avancée des sommets alpestres.

Au sud-est et au sud, le guidon du Bouquet, les monts Majart et du Rouvergue, ferment l’horizon, mais le regard peut parcourir les méandres capricieux que l’Auzonnet trace dans sa course et les calmes villages du Martinet, St-Florent et St-Jean-de-Valériscle.

L. Dardalhon

Le 29 août 1936 »

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Rédactrice  :  Edmée Fache

NOTRE-DAME DES SOUFFRANTS

L’Abbé Albouy rapporte les traditions qui se racontent dans la Vallée de l’Auzonnet sur le plateau de La Cham (1) dominant la Commune du Martinet et sur la Chapelle édifiée là.

Suffren est un jeune berger né vers 1702 aux environs du Martinet. Lors de  l’épidémie de peste qui sévit dans la Vallée en 1721 ou lors de l’épidémie de la lèpre (dite ‘’peste de Marseille’’) qui ravage le Midi de la France en 1727, Suffren soigne les malades avec un extraordinaire dévouement. Le jeune berger fait preuve de tant de compassion qu’on l’appelle l’Ange de Dieu et les innombrables malade le réclament de toutes parts.

Le contact répété des malades, le séjour prolongé dans les maisons infestées, finissent par le contaminer. Suffren décide d’offrir à Dieu sa souffrance et de s’éloigner de ses frères convalescents et de sa mère dévouée. Il ira sur la montagne de Lacham qu’il connait bien pour y faire paître ses moutons. Il quitte la maison de nuit. Les lueurs de l’aube illuminent le sommet de la montagne quand, exténué, il l’atteint et se réfugie dans l’anfractuosité d’un rocher.

« Voici ma demeure et si Dieu le veut, le lieu de mon repos » dit Suffren. Aussitôt une source jaillit à l’entrée de l’abri rustique, une source abondante dont l’eau le guérit. Elle sera longtemps appelée la « fontaine du lépreux de ce fait.

L’ermite implante un lieu de dévotion à la Sainte Vierge sur le plateau de Lacham. Il s’alimente des nourritures frugales qu’on lui apporte. Il partage son temps entre la prière, les visites aux malades qu’il soigne et conseille et le travail manuel, tressant des paniers et préparant des remèdes à l’aide de plantes médicinales et aromatiques du plateau. Quand il mourra, les malades pleureront celui qui les soulageait et distribuait aux indigents le fruit de son travail.

Plusieurs hypothèses concernent la mort de l’ermite. Selon les sources, il meurt de vieillesse, sous les coups de bandits ou bien il est brûlé dans un incendie de forêt et on retrouve plus tard ses ossements calcinés. Ses ossements ou son corps sont ensevelis près de son ermitage. Un humble oratoire surmonté d’une croix est érigé sur sa tombe entourée d’un enclos de pierres sèches et vénérée par les habitants des environs invoquant Notre-Dame des Souffrants. La tombe se trouve derrière la chapelle actuelle, là où pousse aujourd’hui une épaisse touffe de buis.

La tombe de Suffren est donc la première chapelle de Lacham. Au précieux reliquaire, on adjoint en 1850 un abri dédié à la Sainte-Croix de Notre-Seigneur. La chapelle devient alors un lieu de pèlerinage spontané. Les habitants des communes voisines viennent y chercher une consolation à leurs maux. Ils viennent pour les maladies contagieuses et les maladies de la peau, la teigne notamment. On y porte aussi les enfants déficients, ceux accusant des retards de croissance. De petits vêtements ou chaussures, s’accrochent aux buissons alentour, à titre d’ex-voto, tradition qui se perpétue bien après la construction de la chapelle actuelle (les ex-voto sont alors suspendus aux bras de la crois monumentale dressée devant la chapelle).

D’après l’Abbé Albouy, suite à une déformation phonétique, Suffren devient alors Souffrant et on parle bientôt dans les vallées de l’Auzonnet et de la Cèze de Notre-Dame des Souffrants qui connait une grande dévotion pendant la tourmente révolutionnaire.

Richard Bousiges suggère une autre explication possible de l’origine du toponyme : « A l’été 1704, alors que la Guerre des Camisards se poursuit, l’un des partis belligérants aurait gardé sur la montagne de Lacham des habitants de Saint-Florent pris en otages. Ce serait là, peut-être, l’origine là du nom Montagne des Souffrants. » Cette explication est également donnée par Gérard Delmas qui la tient de son oncle Louis Dardalhon.

En 1872, dans l’esprit du renouveau du culte marial en France, les paroissiens de St-Florent conduits par l’abbé Marque, décident d’édifier sur le plateau de la Cham une Chapelle qu’ils dédient à Notre-Dame des Souffrants. Cette chapelle s’inscrit dans un ensemble de nombreux sanctuaires voués à la Vierge Marie édifiés dans le Gard.

La construction de la chapelle est financée en plusieurs étapes : des collectes organisées dans les églises de St-Florent et des villages des alentours, des dons offerts par de riches paroissiens, le travail bénévole des habitants de tous âges… Ainsi, le jeudi les écoliers transportent du grès concassé dans de petits sacs. L’eau de pluie est recueillie dans une citerne creusée dans le rocher. Une fois les matériaux rassemblés sur le site, un four à chaux a été monté sur place.

La construction du local s’achève en 1879 et une cloche, baptisée Reine-Sabine, est installée l’année suivante dans un clocheton. Pendant plus de quarante ans, Reine-Sabine résonne dans la vallée. A l’été 1922, le clocheton s’effondre, sapé par les intempéries. Endommagée dans sa chute, la cloche est ramenée à Saint-Florent. Elle est ensuite transportée au Martinet car la montagne de la Cham appartient désormais au territoire de la nouvelle commune du Martinet, créée en 1921 par amputation de la commune de St-Florent. Reine-Sabine disparait ensuite de la sacristie de l’église du Martinet où elle était entreposée.

Le terreplein devant la chapelle est tapissé de minuscules pierres, blanches, fines et luisantes comme des perles de nacre. Les pèlerins ramassent ces « pierrettes de Lacham ». Assemblées en groupe de sept, elles protègeraient de la foudre, du feu, des fortes fièvres…

En 1935, le peintre Charles Barthélémy de Bessèges réalise le tableau représentant Notre-Dame des Souffrants qui orne la chapelle.

En 1954, année sainte mariale, l’Abbé Albouy, curé du Martinet, et ses pairs de la Vallée décident de remplacer la cloche de la chapelle de la Cham récemment restaurée. Une nouvelle Reine-Sabine est fondue le 29 mars 1956 par Maître Granier, fondeur à St-Gervais-sur-Marc, dans l’Hérault. D’un diamètre de 60 cm, la nouvelle cloche pèse 43 kg.

Elle trône bientôt sur le plateau de la Cham au fronton du sanctuaire restauré  et, le 1er mai 1956, Monseigneur Girbeau, Evêque de Nîmes, baptise la nouvelle Reine-Sabine lors d’un pèlerinage mémorable, que relate l’Abbé Alphonse Albouy en ces termes :

« 3.000 pèlerins sur le Pic de Lachamp, aux pieds de Notre-Dame des Souffrants… Ce fut une journée de triomphe et d’apothéose Mariale, le défilé angélique des enfants, l’immense assemblée des Pèlerins apportant à la Vierge le témoignage solennel de leur foi. Une parade processionnant lentement, comme se dirigeant vers le Ciel…Dès 7h30, les cars amènent les pèlerins au col de Trélys. Par groupes, ils s’acheminent vers ND de Lachamp… Le baptême de la cloche  commence. Monseigneur lui donne la vie en lui imprimant ses premiers tintements… »

Depuis sa construction, la chapelle a été plusieurs fois vandalisée. En 1903, l’anticléricalisme encourage des déprédations : la statue polychrome de la Vierge et l’autel sont brisés. La chapelle subit d’importants dégâts en 1921 et l’abbé Boulze dirige les réparations nécessaires. En 1928, l’abbé Volle bénit une statue « Mater Dolorosa » qui remplace la Vierge brisée en 1903. Ces dernières années, le tableau représentant la Vierge de Lachamp, gravement endommagé, a subi une profonde restauration.

(1) : la montagne de la Cham (et non de Lachamp) ; l’occitan cham (prononcer tcham) se traduit par plateau inculte ou plateau pierreux, selon les précisions apportées par Pierre Mazodier lors de son Exposé sur la toponymie de St-Florent (le 26 mars 2011)

Sources écrites

  • Notre-Dame de Lachamp, reine de nos mines et de nos montagnes – Alphonse ALBOUY – Editions Notre-Dame – Nîmes, 1954

A NOTER  :  l’Association  « Les Amis de Notre Dame de Lachamp »  :  site internet

N.D.Lacham

Vie religieuse

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1 – Abbé VOLLE<br />2 - Louis DARDALHON<br />3 - René DELMAS<br />4 - ……. FRANÇOIS dit Jappe<br />5 - Roger SOUTON<br />
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1 - Louis DARDALHON<br />2 - Frère MICHEL, Directeur des Ecoles Libres<br />3 - Abbé VOLLE<br />4 - René DELMAS<br /><br />
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