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La Presse lue dans la Vallée

Rédactrice : Edmée Fache

Presse lue dans la Vallée

La loi libérale du 11 mai 1868 sur la presse est longuement débattue par les chambres en début d’année 1868 avant d’être votée.

La Loi supprime le contrôle arbitraire de la presse réorganisé par les lois de 1852 et confie à la justice la sanction des délits de presse. Il s’ensuit la multiplication des procès en correctionnelle mais, ni les amendes ni la prison, ne constituent un obstacle efficace contre la formidable montée en nombre et en audace de la nouvelle presse d’opposition révolutionnaire. De plus, la justice est incapable d’assurer à elle seule le contrôle des journaux. On assiste à la création, à Paris et dans les départements, d’une masse de titres nouveaux dont bien peu soutiennent l’Empire.

En mai 1870, le tirage de la presse politique nationale a été multiplié par 2 et le mouvement est presque équivalent en province. Beaucoup de ces nouveaux titres sont très clairement opposés à l’Empire et à son personnel politique : l’effet de cette propagande révolutionnaire est d’autant plus grand que la Loi de juin 1868 sur les réunions politiques offre aux orateurs républicains l’occasion d’en populariser encore plus les thèmes, au moins à Paris et dans les grandes villes.

Aux quotidiens se joignent des feuilles hebdomadaires. L’assassinat du journaliste Victor Noir en janvier 1870 ébranle fortement le pouvoir et conforte l’opposition politique qui joue un rôle important dans la crise précédant la déclaration de guerre. Parmi les nouveaux journaux, les titres les mieux achalandés se situent à l’extrême gauche. Leurs thèmes seront souvent repris par la presse de la Commune.

Journaux lus à la fin du XIXe siècle dans la Vallée de l’Auzonnet

Presse nationale

Par les titres de la presse nationale, deux journaux au moins sont lus dans la Vallée de l’Auzonnet au XIXe siècle : L’Illustration et Le Pèlerin.

L’Illustration est un hebdomadaire innovant créé à Paris qui paraît de 1843 à 1944. Depuis 1830, la presse bénéficie des progrès de l’instruction publique mais sa présentation est généralement peu attractive. L’Illustration est le premier hebdomadaire illustré en langue française. Il est le miroir des grands évènements et de la vie quotidienne en France et dans le monde. Journal d’une certaine élite et voix de la France avec des abonnés dans 150 pays, L’Illustration laisse une trace dans l’inconscient collectif. Premier journal à utiliser la photo de premier plan dès la fin du XIXe siècle, L’Illustration est aujourd’hui classé Trésor national français.

Le journal surmonte des difficultés pendant la guerre de 1870. En 1885, une machine à vapeur est installée dans les ateliers éclairés à l’électricité. A Noël 1886, L’Illustration publie les premières planches en couleurs après avoir fait entrer la publicité dans ses pages. A compter de 1900, L’Illustration subit la concurrence d’autres titres de presse. Le journal innove encore en s’appuyant sur le reportage photo. En 1905, c’est le plus important journal illustré du monde, profitant des progrès dans la transmission de l’information par ses nombreux correspondants internationaux. La publicité finance l’excellente qualité de fabrication du journal qui accroît sa renommée en couvrant la guerre de 1914-1918. Les années 1925 à 1935 sont une période faste pour l’hebdomadaire qui multiplie les numéros spéciaux. Ses propriétaires ont investis dans toute la chaîne de production du journal qui inaugure en 1933 la plus vaste imprimerie européenne. En 1944, il tire à 180.000 exemplaires mais ne survit pas à l’épuration après la Libération.

L’Illustration a fait paraître 5.293 numéros qui constituent un vaste catalogue de dessins, gravures et photos. Les principaux thèmes traités sont le cinéma et l’automobile dont il a accompagné la naissance et l’expansion, la conquête des pôles et l’Italie fasciste.

Le Pèlerin est un hebdomadaire catholique fondé en 1873 à Paris par la Congrégation des Assomptionnistes favorable à « l’ordre moral » du Duc de Broglie. Ce journal antidreyfusard, voire antisémite, est une sorte de bulletin de liaison pour la restauration religieuse et sociale et l’affirmation d’une présence catholique dynamique. Avant de devenir un hebdomadaire généraliste assez modéré à la fin du XXè siècle, Le Pèlerin s’intéresse peu aux sujets de société.
Presse languedocienne à la fin du XIXè siècle

Parmi les titres de la presse languedocienne, Le Petit Méridional,  Le Petit Provençal et L’Eclair sont lus dans la Vallée de l’Auzonnet dans le dernier quart du XIXe siècle.

Fondé à Montpellier en 1876 par deux jeunes journalistes, Le Petit Méridional est un quotidien d’obédience radicale et socialiste. Ses instigateurs qui restent dans l’ombre détiennent visiblement d’importants capitaux rapidement mobilisables. Très vite, le journal trouve ses lecteurs dans le Midi Rouge. Les nombreux procès intentés à son encontre le condamnent à de lourdes amendes. En 1877, Le Petit Méridional est sauvé par une souscription publique qui lui permet de se redresser et de se développer. Le journal participe au financement des campagnes législatives des candidats républicains dans l’Hérault. Le Petit Méridional paraît jusqu’en 1944, soit pendant 68 ans, avec un tirage journalier moyen de 100.000 exemplaires répartis sur 8 éditions. Il façonne l’esprit de ses lecteurs comme celui de ses adversaires.

L’Eclair, fondé en 1881 à Montpellier paraît jusqu’à la Libération.

Le Petit Provençal, devenu ensuite Le Provençal puis La Provence est un quotidien régional marseillais, ancré à gauche, créé en 1884.
Presse départementale à la fin du XIXè siècle

Dans le Gard, la floraison de la presse départementale entre 1871 et 1914 est l’un des faits marquants du XIXe siècle puisqu’en 1890, 60 journaux et bulletins gardois sont publiés. Il en reste 51 en 1900 et 43 en 1910 car la presse départementale souffre de la concurrence exercée par la presse régionale.

Les principales tendances politiques possèdent leur journal. Le Courrier du Gard, centriste puis bonapartiste, paraît de 1831 à  1873. La Gazette de Nîmes et du Gard, quotidien royaliste, paraît de 1870 à 1883. Les Républicains publient L’Indépendant du Midi (1866-1869) puis Le Gard Républicain (1870-1874) puis Le Midi jusqu’en 1887. Les radicaux fondent Le Suffrage Universel (1885-1906) puis le Républicain du Gard en 1906. Les socialistes font paraître Le Combat Social de 1893 à 1914. Les grandes villes du département créent un journal. Ainsi à Alès, Le Mémorial du Gard créé en 1845 qui devient L’Aigle des Cévennes (1862-1870) puis L’Avenir jusqu’en 1873. Deux journaux confessionnels gardois complètent le tableau pendant quelques années : L’Evangéliste (1870-1874) et La Croix du Gard à partir de 1907.

Quotidiens régionaux actuellement lus dans la vallée

Deux quotidiens créés après la seconde guerre mondiale se partagent l’actuel lectorat de la Vallée de l’Auzonnet : Midi Libre et La Marseillaise.

Midi libre est un journal quotidien régional français, fondé en 1944, à Montpellier. Publié pour la première fois le jour de la Libération de Montpellier, il est alors l’organe du comité régional du mouvement de libération nationale. La nouvelle entreprise utilise les locaux et les moyens d’impression des journaux L’Éclair et Le Petit Méridional interdits pour avoir été diffusés sous l’Occupation. Au fil des ans, Midi Libre a su survivre, se développer, gagner sans cesse de nouveaux lecteurs, évincer ses rivaux régionaux…

Le journal La Marseillaise a été créé sous l’occupation allemande, en décembre 1943, par des résistants de toutes sensibilités ayant à cœur la liberté de la France. Enraciné en Provence et en Languedoc, ce quotidien régional indépendant se veut porteur des idées de justice, de démocratie et de progrès humain. Il témoigne des forces sociales, citoyennes et progressistes mises en œuvre par les partis de gauche.

Sources écrites :

  • Le Gard de la Préhistoire à nos jours, sous la direction de Raymond HUARD – Editions Jean-Michel Bordessoules, Saint-Jean d’Angély 2003
  • Encyclopédie Wikipedia sur Internet

La Presse

Traditions

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