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Laval-Pradel, Le Pradel, Le Pontil

Rédaction : Geneviève Padovani

Saint-Andéol de Trouillas

Eugène Germer-Durand : « Dictionnaire topographique du département du Gard » - 1868

« Saint-Andéol-de-Trouillas, village, commune de Laval. – Parrochia Sancti-Andioli de Trulhacio, 1345 (cart. de la seigneurie d’Alais, f°32 et 33). – Locus de Sancto-Andeolo, 1384 (dén.de la sénéch.). – Sainct-Anduol de Trolhas, 1568 (J. Ursy, not. de Nîmes). – Saint-Andéol-de-Trouillas, 1635 (arch.dép. C.1291) ; 1744 ((mand.de l’évêque d’Uzès). – Saint-Andiol de Trouillas, 1715 (J.-B. Nolin, Carte du dioc.d’Uzès). – Le Pradel, 1793 (arch.départ.L.393).
Saint-Andéol-de-Trouillas faisait partie de la viguerie d’Alais et du diocèse d’Uzès, doyenné de Sénéchas. -
Ce village ne se composait que d’un feu et demi en 1384
(environ une dizaine de personnes). –
Le prieuré de Saint-Andéol-de-Trouillas était à la collation de l’évêque d’Uzès, ainsi que la chapellenie de Notre-Dame-la-Neuve, qui y avait été fondée dès les premières années du XVIIe siècle, par noble Jacques de Martinailles, seigneur de Saint-Andéol-de-Trouillas. –
Cette communauté avait pour armoiries :
de gueules, à un saint Andéol vêtu en diacre, d’or. »

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Abbé Etienne Goiffon : « Les paroisses de l’archiprêté d’Alais » édité en 1916

« Saint-Andéol de Trouillas, Locus de Sancto Andeolo, en 1384 (dénombr. De la Sénéch.) était autrefois une paroisse du diocèse d’Uzès et du doyenné de Sénéchas : la République lui enleva son ancien nom et appela la commune Le Pradel, du nom d’un des hameaux qui la composaient. Saint-Andéol était un prieuré-cure à la collation de l’évêque d’Uzès qui conférait aussi la chapellenie de Notre-Dame la Neuve, fondée dans l’église paroissiale par noble Jacques de Martinailles, seigneur du lieu, au commencement du XVIIe siècle.
La communauté portait :
de gueules, à un Saint Andéol vêtu en diacre, d’or.
Nous ne connaissons guère les prieurs de Saint-Andéol qu’à partir de la fin du XVIIe siècle. En 1686, le prieur
Olivier Vérolis passa  à Lézan par permutation, en Cour de Rome, avec Pierre Sinègre, qui prit possession le 31 décembre de la même année ; en 1702, il se retira à Alais.
Sa paroisse fut ravagée par les Camisards, en mars 1703
.
Joany parut au Pradel avec 700 rebelles ; comme il était bien monté, couvert d’un manteau rouge, coiffé d’une perruque et d’un chapeau galonné, une trentaine d’habitants, prenant sa troupe pour des soldats royaux, s’avancèrent sans méfiance au devant de lui ; Joany fit faire une décharge qui en tua vingt. Ceux qui étaient de garde au château tirèrent alors sur les Camisards, mais ceux-ci s’éloignèrent hors de la portée des fusils et se retirèrent sans perdre un seul homme. Quelques jours après, la même bande tenta d’arrêter M. de Marsily, à son retour d’une expédition dans les montagnes ; mais les troupes royales se lancèrent sur les rebelles et les poursuivirent la baïonnette dans les reins ; les Camisards se réfugièrent dans les bois après avoir eu vingt des leurs tués et trente blessés.
Après cette guerre sanglante, le prieur
Sinègre rentra dans sa paroisse ; mais en 1709, se trouvant malade, il résigna en Cour de Rome en faveur de Marc Pontier, secondaire de la cathédrale de Montpellier ; mais il mourut avant que cet acte eut produit son effet et l’évêque d’Uzès confia le prieuré à Michel Blazin, qui prit possession le 18 février 1709.
A la mort de celui-ci,
Jean Borie, prêtre de Villefort, fut installé dans le bénéfice, le 23 mars 1743 ; le 6 novembre de l’année suivante, il prit possession du prieuré-cure de Saint-André de Capcèse et confia la paroisse de St-Andéol à un procuré nommé Louis Ranc.  
Jean Borie se démit le 15 septembre 1745 et le 17 octobre suivant fut installé Jean-Louis Borie, précédemment vicaire-perpétuel de Russan.
Antoine Benoît, du diocèse de Mende, fut curé et passa en 1770 à la cure du Pont-Saint-Esprit.
De 1771 à 1781, la paroisse fut régie par
Pierre-Hyacinthe de Leyris, qui fut ensuite curé d’Auzon et remplacé à Saint-Andéol par un nommé Fabre ; ce dernier prêta le serment constitutionnel de 1791, mais il refusa de lire en chaire l’instruction pastorale de prise de possession de l’évêque intrus Dumouchel ; sa paroisse fut alors supprimée ; Fabre s’éloigna et nous ne retrouvons plus ses traces.
En novembre 1808, Saint-Andéol, le Mas-Dieu et Les Salles offrirent de s’imposer pour que leurs églises fussent érigées en chapelles de secours. Le sous-préfet d’Alais ne donna un avis favorable que pour Les Salles. Saint-Andéol et le Mas-Dieu restèrent simples annexes. »

Addenda : « Saint-Andéol-de-Trouillas – Cette ancienne paroisse du diocèse d’Uzès, près de N.D. de Laval, à laquelle a succédé la nouvelle paroisse du Pradel, avait pour curé avant la Révolution, Joseph-Antoine Fabre, né le 2 janvier 1751, à Bec de Jun, paroisse de Beaulieu (Ardèche), qui fut obligé de prendre la fuite le 11 juillet 1791 et de se retirer dans son pays natal. Il y fut arrêté et traîné en prison au moment du soulèvement du camp de Jalès, le 11 juillet 1792, à Joyeuse et à Villenveuve de Berg.
Il a laissé dans une série de lettres évangéliques, le récit de ses souffrances et de ses privations dans les grottes de Robiac, de Rousson et de Laval, où il se cacha pendant près de six ans pour évangéliser le peuple de Robiac et de Peyremale.
Après la Révolution, il fut placé à la tête d’une paroisse du diocèse de Viviers où il mourut dans un âge avancé.
Il ne cessait de protester contre ceux qui l’accusaient d’avoir prêté le serment schismatique ; cependant
Rouvière a inscrit son nom (Tome I, annexe n°8, p. 251), sur la liste des prêtres qui ont prêté le serment prescrit par la loi du 26 décembre 1790.
L’histoire de la ville des Vans, par Talon, vol.III, p. 289 à 297, contient des extraits de cette émouvante relation.   La Revue du Vivarais, année 1901, février, p.77, cite aussi le nom de ce dévoué ecclésiastique. »

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 LE PRADEL

Eugène Germer-Durand : « Dictionnaire topographique du département du Gard » - 1868

« Le Pradel, hameau, commune de Laval. – Mansus de Pradello, parrochiae de Valle, 1345 (Cart. de la seigneurie d’Alais, f°35). – Les Pradels, 1715 (J.-B. Nolin, carte du dioc.d’Uzès). – Le Pradel, 1733 (arch. départ. C.1481) »

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Abbé Etienne Goiffon : « Les paroisses de l’archiprêté d’Alais » édité en 1916

« Le Pradel

Le Pradel, mansus de Pradello au moyen-âge, est un hameau de la commune de Laval Notre-Dame, qui est devenu, depuis quelques années, le siège d’un service paroissial établi en faveur de la population minière de plusieurs puits des environs, laquelle compte plus d’un millier d’habitants catholiques.
Déjà deux écoles avaient été établies au Pradel, sous la direction des Frères des écoles chrétiennes et des Sœurs de Saint-Joseph de Ruoms.
Mais il manquait une église pour entretenir le sens religieux de la population ; le curé de la Grand’Combe, en qualité de doyen, en prit l’initiative en ouvrant une souscription dans laquelle il fut particulièrement aidé par le
frère Thomazel Abel, directeur de l’école.   Mgr Besson s’inscrivit le premier sur la liste des souscripteurs par l’achat du terrain où l’église devait s’élever.
Tout ne marcha pas selon les désirs des promoteurs de l’œuvre ; les rivalités locales créèrent des oppositions et suscitèrent des obstacles même chez les curés et les Fabriques des paroisses voisines et toute l’habileté diplomatique de
Mgr Besson et l’inlassable persévérance du frère Thomazel ne parvinrent pas toujours à surmonter les difficultés.
Cependant l’église se construisait et , le 5 mai 1887, M. le doyen de la Grand’Combe écrivait à l’évêque de Nîmes un rapport sur l’état de la nouvelle église ; le bâtiment mesurait 22 mètres de longueur, dont 5 pour le sanctuaire, sur une largeur de 7 mètres 60 et une hauteur de 12 mètres ; la façade de style roman était surmontée d’un clocher. Le logement et le traitement d’un prêtre était assuré ; le mobilier de l’église était complet et des ornements convenables avaient été achetés.
Sur ces données,
Mgr Besson permit la bénédiction de l’édifice et prit l’ordonnance suivante :
»Nous François-Xavier-Louis Besson, évêque de Nîmes, Uzès et Alais, ; Vu les demandes à nous adressées et les informations que nous avons prises sur la nécessité de créer une paroisse qui aurait pour centre l’église nouvellement construite au Pradel (commune de Notre-Dame de Laval) ;
Vu la liste de souscription qui assure le logement et le traitement du prêtre qui sera chargé de desservir cette église ; Vu le rapport de M. le curé-doyen de la Grand’Combe constatant que l’église du Pradel est suffisante, convenable et pourvue du linge, des ornements et des vases sacrés nécessaires ;
Vu les délibérations des Conseils de Fabrique de Portes et de Notre-Dame de Laval, en date du 20 mai 1887 ;  Vu le plan dressé par nos ordres de la circonscription de la nouvelle paroisse ;
Considérant qu’un décret du Concile de Trente (Sess.XXI de Reform. C.I) attribue aux évêques le droit de modifier la circonscription des paroisses existantes et d’en créer de nouvelles quand ils le jugent nécessaire ;
Considérant que le devoir des évêques est d’assurer et de faciliter aux fidèles les moyens d’assister au service divin et de recevoir les sacrements ;
Considérant que le hameau de Laffenadou est trop éloigné de l’église de Portes et que ceux du Pradel, de Mercoirol, de Vouvilhouse, de Cadacut, de Saint-Andéol, de Rouvergue et de Pontil sont à une trop grande distance de l’église de N.D. de Laval ;
Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
-  Article 1. – Les hameaux (cités ci-dessus) sont séparés des paroisses de Portes et de N.D. de Laval et réunis en une paroisse nouvelle qui aura pour centre l’église nouvellement construite au hameau du Pradel. -  Article 2. – Le prêtre desservant de cette église aura tous les droits et pouvoirs de succursaliste.  -  Article 3. – La présente ordonnance sera transcrite en tête du registre de la Commission administrative que nous créons ci-dessous et dans ceux des paroisses de Portes et de N.D. de Laval. -  Article 4.  – Sont nommés membres de la Commission administrative de l’église du Pradel : M. M…….. Donné à Nîmes, en notre palais épiscopal, le 7 juin 1887 ». 
Dès que parut cette ordonnance, l’opposition devint formidable de la part de la Municipalité de Laval qui craignait que la création d’un nouveau centre religieux ne fut un acheminement à l’érection d’une nouvelle commune, et malgré ses promesses, le Maire s’opposa à l’ouverture de l’église. Cet état de choses dura près de huit ans.
Mais dans la circonscription nouvelle se trouvait l’ancienne église de Saint-Andéol qui était ouverte au culte de temps immémorial et auprès de laquelle avait longtemps habité le vicaire de Laval dont le titre avait été supprimé plus tard.
Mgr Gilly ne pouvant vaincre l’opposition et convaincu de la nécessité de la présence d’un prêtre au Pradel, nomma comme chapelain M. Pierre-Marius-Joseph Bernard, alors curé de Saint-Paul-Lacoste et assigna l’église de Saint-Andéol pour y faire les offices ; la distance à parcourir pour les fidèles n’était plus que de deux kilomètres au lieu de sic. Le service nouveau fut inauguré le dimanche 16 juin 1895.

Mais quelques jours après, cette inauguration fut présentée à l’autorité préfectorale comme un danger pour la tranquillité publique ; à la plainte qui lui en fut portée, l’évêque de Nîmes répondit :
que l’église de Saint-Andéol avait été le lieu où le vicaire de Laval résidait avant la suppression du vicariat, que si le vicariat avait été supprimé, l’église n’avait pas été désaffectée et avait toujours servi, au moins pour les enterrements ; que la population agrandie exigeant la présence d’un prêtre de plus et, attendu la distance excessive qui séparait de Laval cette partie de la paroisse, on avait requis les anciennes traditions et fixé un service à Saint-Andéol. L’évêque s’est cru autorisé à le faire par un usage non interrompu, en attendant l’ouverture légale de l’église du Pradel.
La préfecture proposa alors, sous l’influence du maire de Laval et du sous-préfet d’Alais, de célébrer les offices dans les chapelles du Mas-Dieu et de Saint-Andéol, après qu’elles auraient été réparées et consolidées. L’évêque répondit que cette solution résoudrait bien la question d’une service absolument nécessaire pour certains points éloignés de l’église de Laval, mais non pour l’agglomération produite par l’exploitation des mines des environs du Pradel.
En fin de compte, l’ouverture de la nouvelle église fut faite en vertu d’une tolérance de l’autorité civile. Sur ces entrefaites,
M. Bernard fut transféré à la cure d’Elze et remplacé au Pradel, le 3 mars 1899, par M. Ulysse Valentin Bas, alors curé de Salazac. En 1903, M. Bas est nommé curé de Sauveterre et M. Léonce Blanc le remplace. »

 

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 NOTRE-DAME  DE  LAVAL

Eugène Germer-Durand : « Dictionnaire topographique du département du Gard » - 1868

« Laval, canton de la Grand’Combe. – Vallis, 1099 (cart.de Psalm.) – Ecclesia de Valle, 1314 (Rotul.eccl. arch.munic.de Nîmes). – Parrochia de Valle, 1345 (cart.de la seign. d’Alais, f°33). – Ecclesia de Valle, 1386 (rép. Du subs. de Charles VI). – Parrochia Beatae-Mariae de Valle, Uticensis diocesis, 1561 (J.Ursy, not. de Nîmes) – Le Prieuré Nostrre-Dame de La Val, 1620 (insin.eccl.du dioc. d’Uzès). – Notre-Dame-de-Laval-Gardon, 1715 (J.B. Nolin, Carte du dioc.d’Uzès). – Notre-Dame de Laval, 1789 (carte des Etats).    Notre-Dame de Laval appartenait, en 1384, à la viguerie et à l’archiprêtré d’Alais et faisait, en conséquence, partie du diocèse de Nimes.
Au XVIe siècle, nous le trouvons compris dans la viguerie et le diocèse d’Uzès, doenné de Sénéchas, auxquels il a continué d’appartenir jusqu’en 1790.   On y comptait, en 1384, 6 feux.
Le prieuré de Notre-Dame de Laval, quoique enclavé dans le diocèse d’Uzès, était uni à la mense capitulaire d’Alais, mense d’Aigues Mortes, et valait 1.000 livres
On trouve dans la commune de Laval des mines de houille de basse qualité.
Les armoiries de Notre-Dame de Laval sont :
d’azur, à une fasce losangée d’argent et de sinople.

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Abbé Etienne Goiffon : « Les paroisses de l’archiprêté d’Alais » édité en 1916

« La paroisse de Notre-Dame de Laval est une commune du canton civil de la Grand’Combe, qui resta chef-lieu de canton ecclésiastique jusqu’en 1879, époque où le doyenné de la Grand’Combe lui fut substitué avec une circonscription nouvelle, qui donna aux doyennés d’Alais une partie des paroisses de celui de Laval.
La population de Laval se compose d’un millier de catholiques et de quelques protestants.  Ses armoiries sont :
d’azur à une fasce losangée d’argent et sinople.
La cure de ce lieu a été reconstituée en 1803 ; un vicariat fut décrété le 7 novembre 1818.
Avant la laïcisation, les écoles étaient tenues par des Frères des Ecoles Chrétiennes et des Sœurs dites de Besançon.
Cette paroisse se compose de hameaux assez nombreux, dont plusieurs étaient des centres paroissiaux.
En 1902, on a trouvé sur son territoire des cimetières et des chantiers romains, qui permettent de croire que Laval n’était pas seulement une simple station de la voie Régordane, mais un véritable centre de population ouvrière.
Par la richesse et par la variété de ses mines, Laval avait attiré l’attention des anciens ; on y a trouvé, en effet, de nos jours, des traces d’anciennes exploitations de charbon et de cuivre (
Charvet, Voies Romaines, p. 72 à 79).   Les archéologues ont cru retrouver les vestiges d’un temple païen dans la crypte de l’ancien cloître Bénédictin. Ses pierres, rongées par le temps, attestent une antiquité plus reculée que celle de la chapelle souterraine actuellement visitée par les pèlerins. C’est sur les ruines de ce temple qu’aurait été élevé un sanctuaire en l’honneur de l’Assomption de la Très Sainte Vierge.
Le sanctuaire de Notre-Dame de Laval se compose d’une chapelle souterraine et d’une église superposée. Cette église paroissiale remonterait au IXe siècle, s’il faut en croire une inscription de la voûte du chœur ; car, comme nous dit M. Hamon, curé de Saint-Sulpice,
« selon le témoignage des anciens, une pierre portant le millésime de l’an 900 fut employée à la construction de l’église actuelle ; puis ce qui reste encore de la porte d’entrée et d’une des fenêtres du chœur accuse le XIIe ou XIIIe siècle et a été l’œuvre d’une colonie de Bénédictions de Villeneuve-les-Avignon,  qui vint s’y établir (M. Hamon, curé de Saint-Sulpice, Notre-Dame de France, t.7e.p.109).
Cette église est d’un style roman pur et sévère, sans sculpture ni ornement d’architecture. Comme on peut le voir par l’extérieur du sanctuaire, elle est fort solidement bâtie et toute en pierre de taille, d’un bel appareil ; elle a été agrandie sur le devant d’une travée, sous l’administration de
M. le curé Carteirade.    De temps immémorial cette église, placée sous le vocable de la Sainte Vierge montant au Ciel, a été le but fréquenté d’un pèlerinage célèbre en l’honneur de la Sainte Vierge, à qui la crypte est spécialement dédiée.
La tradition, fidèlement parvenue jusqu’à nous, nous apprend que les Bénédictins, voulant construire l’église du prieuré de Laval, avaient choisi comme emplacement, le quartier appelé le Fesc, situé sur les bords du Gardon. Les matériaux, déposés plusieurs fois à cet emplacement, étaient, le lendemain, transportés à l’endroit où se trouve l’église actuelle. Les moines virent là un avertissement du ciel qui leur assignait l’endroit où ils devaient construire l’église.    Comme les Bénédictins étaient dans l’usage de consacrer leur église à la Sainte Vierge, ils donnèrent à Laval le nom de Notre-Dame. Dans leur prédication, ils propagèrent son culte et attirèrent ainsi les fidèles de la contrée qui ne tardèrent pas à ressentir les effets de sa puissante protection. Ce fut là, probablement, l’origine du pèlerinage qui se développa, lorsque, d’après une pieuse tradition, une statue de la Vierge, qui se trouvait au Mas-Dieu, fut plusieurs fois transporté dans la crypte, après avoir été rapportée à sa place primitive. C’est cette Vierge de la crypte que les pèlerins ne cessent d’entourer de leur vénération.
Le sanctuaire de Notre-Dame de Laval est ainsi appelé à cause de sa situation dans un vallon pittoresque, d’une originale beauté, que dominent de hautes montagnes. Il est de très difficile accès, soit qu’on y monte du côté de la Grand’Combe, soit qu’on y descende du côté du mas Dieu. Malgré ses routes ravinées par les eaux, bordées de précipices et presque impraticables même aux voitures les plus légères, ce sanctuaire a été, de tout temps, très fréquentéé aux principales fêtes de la Sainte Vierge, surtout le 15 août et 8 septembre, jours aux quels les pèlerins peuvent gagner une indulgence plénière.
C’est par erreur que le dénombrement de la sénéchaussée de 1384 place Laval dans l’archiprêtré d’Alais ; cette paroisse n’a jamais fait partie du diocèse de Nîmes ; elle a toujours appartenu au diocèse d’Uzès, dépendante du doyenné de Sénéchas.
Le Dictionnaire topographique du Gard la confond avec un autre prieuré de Notre-Dame de Laval, lieu détruit dans la commune de Bellegarde, et ancienne dépendance de l’abbaye de Psalmodi, qui parvint au chapitre d’Alais, mense d’Aiguesmortes (Archives du Gard, suppl. à la série H, n°782, p.1, note). 
La paroisse de Laval formait, avec son annexe
Saint-Vincent-des-Salles, un prieuré simple et régulier du titre de l’Assomption de la Sainte Vierge, et de l’Ordre de Saint-Benoît ; elle était administrée par un vicaire perpétuel, dont la nomination fut, plusieurs fois, un sujet de litige entre l’abbé de Cendras et l’évêque d’Uzès.
Il existait dans cette paroisse, au hameau de la Tour, une chapelle, centre d’un prieuré à simple tonsure, du titre de
Saint-Pierre, et de la collation de l’évêque d’Uzès ; ce prieuré est mentionné dès l’an 1346 ; plus tard, il fut uni en un seul bénéfice avec l’ancien prieuré de Saint-Etienne de la Serre, dont la chapelle est située sur le territoire de Cendras.
Les plus anciens documents que nous possédons et qui remontent au XIVe siècle attestent que ce lieu de Laval a été toujours appelé Notre-Dame, et que ce prieuré a toujours eu pour patronne la Sainte Vierge.
Le pèlerinage remonterait au moins au XIIe siècle ; les Bénédictins de Villeneuve-lès-Avignon le desservirent  jusqu’au XIVe siècle, époque où les Bénédictins de l’abbaye de Cendras en prirent la direction. En effet,
« un sommaire des contrats pour M. le Prieur de Notre-Dame de Laval » nous apprend qu’alors les prieurs de cette église, à peu près tous moines de Cendras, étaient nommés par l’abbé de cette abbaye et nous donne le nom des six prieurs jusqu’alors inconnus (Archives du Gard, G.1552. Cahier manuscrit de 19 feuillets assez bien conservé, f°1er) :
-  1° – Jean Lagarde, moine de Cendras, prieur de l’église de N.D. de Laval (1374-1405)
-  2° –
Pierre Olivier, moine de Cendras, prieur de l’église de Laval (1405-1425)
– 3° –
Pons de Clusel, alias de Clauzel, moine de Cendras, prieur de Laval (1425-1443)
– 4° –
Etienne Malafosse, moine du monastère de Saint-Martin de Cendras, prieur de l’église et paroisse de N.D. de Laval (1443-1494).
De 1494 à 1665, nous avons un intervalle de près d’un siècle et demi, où les noms des prieurs nous manquent soit par défaut de documents, soit à cause des guerres religieuses ;
- 5° –
Claude de Bry, prieur de N.D. de Laval, nous est connu par une transaction passée en 1665 entre lui et les consuls de Laval, réglant à 860 livres l’abonnement aux décimes (1165-1670) (Archives du Gard, G.128 et 1552)
– 6° – Pierre Mercier, moine profès de l’Ordre de Saint-Benoît, prieur de N.D. de Laval en 1670, résigne en Cour de Rome en faveur d’un moine de son Ordre (1670-1682)
– 7° –
Dom Jean Thaumon, qui fut mis en possession du prieuré de Laval par Antoine Trémollet d’Ayrolles, vicaire général de Mgr Michel Poncet de la Rivière, évêque d’Uzès, le 6 août 1682. Il mourut en 1734
– 8° –
Raymond Embry, profès Bénédictin, lui succéda ; il prit possession le 4 mai 1734, sur provisions de Rome ; il mourut après une possession de 40 ans ; avant de mourir, il avait résigné pour un moine de son Ordre
– 9° –
Dom Philippe Arnaud, qui eut deux concurrents : 1e le 3 juin 1774, Pierre-Régis de Chanaleilles de la Saumée, profès de Cluny en l’abbaye de Saint-Chaffre ; et 2°, le 2 juin 1780, Dom Joseph Pacotte, profès de Saint-André, de Villeneuve-lès-Avignon (Archives du Gard, H.260).
Notre liste des vicaires perpétuels est plus complète : elle remonte à 1554, année où M. Platon prit possession, M. Algéras en 1556, M. Etienne Montméjan en 1578 (Arch.Gard, Notaires t.Ier, E, 430), M. Montagut en 1598 (Arch.Gard, H.259).  
En 1634,
Gabriel Durand, du diocèse d’Albi, prit possession au mois de novembre, en vertu de provisions de Rome. En 1662, André Martin  lui succéda. En 1667, la vicairie est possédée par Jean Pagès qui fut transféré en 1672, à Saint-Etienne des Sorts, et remplacé à Laval par Jean Dardouin.
En 1680,
Jean Martin lui succéda et en 1687, il est nommé prieur de Saint-Julien (Arch.Gard, H 257, 258).
Nous trouvons ensuite
Jean Bousquet, sous-diacre, pendant la bénéficature duquel Jean Granier remplissait les fonctions de curé de Laval. Bousquet résigne encour de Rome en faveur de Pierre-Denis Desnault,  du diocèse d’Alais, docteur en droit civil et canonique, qui fut installé le 22 décembre 1692. Desnault ayant été transféré au prieuré de Sainte-Cécile-de-Brouzenc (Brouzenc, lieu détruit de la commune d’Alais), résigna pour Jacques Adhémar Leyris de la Condamine, de Génolhac, qui prit possession le 10 juillet 1695 (Arch.Gard, G, 936).  
C’est sous son administration et celle du prieur
Jean Thaumon, que les Camisards vinrent commettre plusieurs meurtres dans la paroisse de N.D. de Laval. La liste des seize victimes des Camisards se trouve aux Archives du Gard (Arch.Gard, C. 1400).   Nous devons faire remarquer que, grâce à la protection de la Très-Sainte Vierge, l’église du pèlerinage de N.D. de Laval a été presque la seule respectée par ces brigands fanatiques.
Pendant la guerre des Camisards, l’un des habitants de Laval nommé
Blanc, s’était mis à la tête d’une bande Florentins. On sait qu’on nommait de ce nom les catholiques qui avait pris les armes pour se défendre et venger les ravages que leur infligeaient les rebelles. Le maréchal de Montrevel, craignant les suites dangereuses de la guerre civile, fit emprisonner Blanc et donna à ses troupes un autre chef, avec ordre de ne pas sortir du pays sans son commandement, et de n’employer les armes que pour la défense de la localité.
Après
Leyris, la vicairie perpétuelle passa à Claude Balmelle qui mourut en 1710 ; ce décès devint l’occasion d’un litige qui dura plusieurs années.
Le 22 septembre 1710, l’abbé de Cendras présenta pour curé le diacre
Jacques Malige, mais l’évêque ne reconnaissant pas ce droit de présentation nomma Pons Gilles, prêtre du diocèse de Viviers, qui prit possession le 17 octobre 1710. Sur ces entrefaites, un troisième concurrent vint encore obscurcir l’affaire déjà portée devant les Tribunaux ; au mois de décembre de la même année, Pierre Peyraube Bonnaud, curé de Saint-Privat-des-Vieux, impétra la vicairie en Cour de Rome et se présenta pour obtenir le visa de l’évêché d’Uzès. Le vicaire général mécontent de la manière dont il avait subi l’examen ordinaire lui refusa le forma dignum en disant que l’impétrant ne lui paraissait pas avoir les qualités requises pour une paroisse d’une grande étendue et composée d’anciens et de nouveaux catholiques ; ce refus motivé est du 11 janvier 1711. 
Bonnaud
obtint alors le visa de l’archevêché de narbonne et prit possession de la vicairie, le 31 du même mois en présence de Gilles. Quelques temps après, le 7 décembre 1711, Malige se présenta aussi pour prendre possession, sur un arrêt qu’il avait obtenu et se fit installer malgré l’opposition de Gilles. Le procès durait depuis plus de trois ans lorsque, le 25 janvier 1714, Malige résigna en Cour de Rome en faveur de Bonnaud les droits qu’il pouvait avoir sur le bénéfice alors en litige devant le Parlement de Toulouse.   Gilles finit par l’emporter et resta possesseur.
Grâce à la protection de la Sainte Vierge, les mas les plus rapprochés de l’église de N.D. de Laval furent préservés du terrible fléau de la peste, qui, du 1er septembre 1721 au 5 mai 1722, sévit dans le mas du Pont et dans le mas des Pelouses.   En 1723, une répartition de 18 livres, 9 sols, 1 denier fut faite entre les divers hameaux dépendants de la paroisse de Laval, qui eurent le plus à souffrir de la contagion de la peste
(Arch.Gard, C.1235).
En 1731,
Gilles obtint l’agrandissement du presbytère de Laval (Arch.Gard, C.1291).   Le 29 avril 1732, Gilles se réservant une pension annuelle et viagère de 50 livres, résigna en Cour de Rome en faveur d’Antoine Biscarrat (de Berrias) qui prit possession le 18 juillet suivant (Arch.de Laval, registre de catholicité).
En 1743,
Biscarrat obtint une somme de 357 livres pour des réparations urgentes faites aux églises de N.D. de Laval et de Saint-Vincent des Salles (Arch.Gard, 2 Q. 3. /1).  
Biscarrat
fut transféré en 1743 à St-Jean-de-Ceyrargues, remplacé par Jean Bonnaure,  curé de St-Hilaire-de-Brethmas ; Bonnaure ne se fit pas installer ; le service fut fait pendant quelque temps par une secondaire nommé Antoine Arlabosse jusqu’à ce que Joseph d’Aurebonne, résignataire de Bonnaure, vint prendre possession le 27 juillet 1744 (Arch.Gard, G.938 f°22).
Le dernier curé de Laval, avant la Révolution, fut
Mathieu Gévaudan, prêtre du diocèse de Viviers, qui possédait déjà en 1774. Né le 14 avril 1707, il avait 74 ans lorsque fut demandé le serment constitutionnel qu’il prêta en février 1791. Plus tard, le 24 ventôse an II (14 mars 1794), il eut la faiblesse, sous l’empire de la Terreur, de renoncer à sa profession et à tout culte public pour ne reconnaître que celui de la Raison. Après les mauvais jours, il fut réconcilié avec l’Eglise et fut curé d’abord de Salindres d’où il retourna à Laval.
Les registres de catholicité de Laval portent sa signature jusqu’en 1794, époque ou
Fabre pro-curé, le remplace et signe ces registres de 1794 jusqu’au mois d’octobre 1800 (Arch.Gard, C.1305). M. Gévaudan dresse les actes de catholicité sans les signer du 20 octobre 1800 à octobre 1801. Il sauva une partie des biens de la dominicature de Laval, en achetant au prix de 270 livres une terre mûriers de trois quartes et trois boisseaux, dépendante de la dominicature (Arch.Gard, G.128).
La maison curiale ne fut pas vendue à la Révolution.
Les curés de Laval depuis la Révolution sont Joseph-Henri Méric, installé le 10 pluviôse an XI (31 janvier 1803) ; le 6 décembre de la même année, il donna sa démission motivée sur l’impossibilité d’habituer sa santé au climat de Laval ; il fut transféré à Codolet.  
Mathieu Gévaudan,
l’ancien curé du lieu, et alors curé de Salindres, revint à Laval le 5 janvier 1804 et signa les registres comme pro-curé jusqu’au jour de son installation qui eut lieu le 8 septembre 1805. Ses lettres d’institution canonique sont datées du 6 août 1805, et signées par l’Archevêque d’Avignon. Il mourut le 6 juillet 1811, à l’âge de 94 ans. ( !)
Son successeur, Pierre Roqueblane, né le 10 mars 1745, auparavant curé de Blandas, fut agréé en qualité de curé de Laval, par décret du 21 octobre 1811 ; il mourut en 1830, à l’âge de 85 ans. Sous son administration, le 31 août 1817, la Fabrique accorda aux Pénitents l’usage exclusif de la tribune de l’Eglise et la permission de se construire une sacristie dans le cimetière.   Après la Révolution, tous les curés montrèrent un très grand zèle pour le développement du pèlerinage.  
Jean-Pierre-Alban Carteirade,
né le 8 décembre 1794, auparavant curé de Portes, succéda à  M. Roqueblane. Il fut installé à Laval, le 1er janvier 1831. Il reçut le 15 novembre 1836, la visite pastorale de Mgr de Chaffoy, qui constata l’existence d’une Confrérie du Très-Saint Sacrement ; l’année d’après, outre cette Confrérie, existaient encore celles du Rosaire et du Scapulaire.   C’est sous son administration qu’eut lieu, en 1854, le grand pèlerinage d’Alais, délivré du choléra, dont nous avons déjà parlé.
M. Carteirade fit agrandir l’église que Mgr Plantier bénit dans sa visite pastorale du 7 avril 1856, et fit construire la chapelle du cimetière.  Plein de zèle pour la restauration de l’antique pèlerinage, le curé établit l’Association du Saint Cœur de Marie pour la conversion des pécheurs, ce qui attira de plus nombreuses caravanes de pèlerins dans le sanctuaire de N.D. de Laval, qui manifesta sa bonté toute puissante par de nouveaux miracles. M. Carteirade mourut à l’âge d’environ 66 ans, le 2è décembre 1859.
M. André, auparavant curé de Bordezac, lui succéda. Il fut agréé par décret du 3 février 1860 et prit possession le 3 du même mois. Marchant sur les traces de son prédécesseur, il sut attirer les foules dans ce sanctuaire de la sainte Vierge, dont il enrichit le chœur de boiserie que l’on voit encore. M. André fut transféré à la cure de St-Ambroix dans les commencements de 1870.
Son successeur,
M. Esprit-Laurent Bieau, auparavant curé de Vallabrègues, fut agréé par décret du 26 février 1870 et installé le 5 mars suivant.   Il imita son prédécesseur et pour favoriser le pèlerinage qui déjà était en pleine prospérité, il fit exhausser le clocher, bâti après la Révolution, et le 28 septembre 1875, il fit placer à son sommet, sur un piédestal, une statue monumentale de la sainte Vierge, comme pour appeler les populations voisines à venir prier N.D. dans son sanctuaire privilégié de Laval. Toujours très généreuse pour les bonnes œuvres, l’excellente Compagnie de la Grand’Combe fit en partie les frais de la statue.
En 1879,
M. Bieau consentit au transport du doyenné de Laval à la Grand’Combe et devint curé-doyen d’Aramon, l’année suivante.
Continuant le bien commencé par ses prédécesseurs,
M. Alexandre-Antoine Faure prit possession de la cure de N.D. de Laval à la fin de mai 1880. Il ne consentit qu’avec peine à la division de sa paroisse et à la création d’une chapelle paroissiale au Pradel, qui ne fut cependant ouverte qu’après son transfert à la cure de Redessan, en 1887.
M. Constantin Puech, précédemment aumônier à Pont-Saint-Esprit, fut nommé curé à N.D. de Laval, le 1er octobre 1887. Cinq ans après, il fut appelé à l’aumônerie de l’école militaire de Saint-Hippolyte. 
M. Louis-Josué Domergue
passa, le 15 janvier 1892, de la cure de Saint-Martial à celle de N.D. de Laval, où il mourut, le 22 décembre 1908, à l’âge de 60 ans. Sa générosité et sa charmante hospitalité connues de tous n’ont pas peu contribué au développement du pèlerinage. Son administration a été appelée l’âge d’or de la dévotion de Laval (Semaine Religieuse de Nîmes).
M. Léopold Ducros, auparavant curé de Saze, fut nommé en janvier 1909 à la cure de N.D. de Laval qu’il dirige actuellement.  C’est pour favoriser l’antique pèlerinage dont il a la garde, qu’à sa prière Mgr Béguinot, évêque de Nîmes, voulut bien, en 1910, présider un pèlerinage dans ce béni sanctuaire, où sa Grandeur daigna rester deux jours, 18 et 19 septembre 1910.   Le 9 juillet 1911, Mgr a tenu à se faire représenter par son vicaire général, Mgr Chapot, au premier pèlerinage d’hommes qui vinrent au nombre de plus de 1.200 au sanctuaire de N.D. de Laval »

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Eugène Germer-Durand : « Dictionnaire topographique du département du Gard » - 1868

Le Mas Dieu, village de la commune de Laval. – Mansus Dei, 1223 (généalog. Des Châteauneuf-Randon). – Le Mas-Dieu, 1344 (cart. de la seign. d’Alais, f°30). – Carboneriae Mansi-Dei, 1345 (ibid. f°32). – Locus de Manso-Dei, 1345 (ibid, passim). – Mansus-dei, 1384 (dénombr. de la sénéch.) – Le prieuré Sainct-Pierre-du-Mas-Dieu, 1620 (insin. Eccl. du dioc. d’Uzès). – Le Mas-dieu, 1635 (arch. départ. C.1291).     
Le Mas-Dieu
était, avant 1790, une communauté indépendante, faisant partie de la viguerie d’Alais et du diocèse d’Uzès, doyenné de Sénéchas.
Le prieuré de Saint-Pierre du Mas-Dieu était à la collation de l’évêque d’Uzès.
En 1384, on ne comptait au Mas-dieu qu’un feu.
En 1694, cette petite communauté reçut les armoiries suivantes :
de sinople, à une fasce losangée d’or et d’azur. »

 

Abbé Etienne Goiffon : « Les paroisses de l’archiprêté d’Alais » édité en 1916

Le Mas-Dieu,  Mansus Dei, en 1223 et 1384 (dénombr. de la sénéchaussée) était un prieuré simple du titre de Saint-Pierre, à la collation de l’évêque d’Uzès au diocèse duquel il appartenait (doyenné de Sénéchas) ;
ce lieu est un de ceux que le
roi Philippe VI de Valois céda à Humbert, dauphin de V iennois, en 1344.
Il avait pour armoiries :
de sinople, à une fasce losangée d’or et d’azur.     
Les minutes du notaire
Pierre Poitevin, de Chamborigaud, nous donnent le nom d’un chanoine de l’église collégiale d’Alais, M. Pierre André, qu’un clerc tonsuré, M. Pierre Thomas, met en possession du prieuré du Mas-Dieu « par le touchement du lieu où avant les troubles estoit le grand autel dudit temple » le 10 août 1577 (arch. du Gard, Notaires, t.1er, E. n°429, p.383).
Au point de vue paroissial, le Mas-Dieu était annexé à la paroisse de
Saint-Andéol de Trouillas : mais avait un prêtre de résidence, avec le titre de secondaire amovible de Saint-Andéol.
Le dernier desservant de cette église fut
M. Jacques-Etienne-Benoît Ribot, né en 1766 : il refusa le serment schismatique de 1791 et fut obligé de s’exiler en Italie pendant les mauvais jours de la Révolution. Après son retour, il occupa plusieurs postes dans le diocèse et mourut en 1853, à l’âge de 87 ans, aux Salles-du-Gardon, où sa vieillesse et ses infirmités l’avaient fait retirer.
L’église du Mas-Dieu est fort convenablement entretenue ; le service divin s’y est fiat longtemps régulièrement, même quelquefois par un prêtre résidant. »

 

2 réponses à Laval-Pradel, Le Pradel, Le Pontil

  1. Je viens pour la premiere fois de decouvrir grace a vous,l histoire du prieure st pierre au mas dieu.. C est la maison ou j ai grandi.merci pour ces infos…

  2. admin dit :

    Très heureuse que vous ayez trouvé votre « bonheur »…. merci pour votre gentil message

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