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Robiac-Rochessadoule

Rédaction : Geneviève Padovani

ROBIAC – ROCHESSADOULE

 ROBIAC

Eugène Germer-Durand : « Dictionnaire topographique du département du Gard » - 1868

« Robiac, canton de Saint-Ambroix. – Ecclesia Sancti-Andeoli de Robiaco, 1119 (Bullaire de Saint-Gilles). – Villa de Robiaco, 1121 (Gall. Christ., t.VI, p.304). – Parrochia de Robiaco, 1345 (cart. de la seign.d’Alais, f°31). – Locus de Robiaco, 1384 (dénombr. de la sénéch.). – Locus de Rubiaco, 1461 (reg.-cop. De lettre roy. E.IV, f°21). – La paroisse de Roubiac, 1462 (ibid. E.V.) – Ecclesia Sancti-Andeoli de Rubiaco, 1538 (Gall. Christ. t.VI. instr.col.206). – Robiac, 1549 (arch. départ. C.1320). – Beneficium Sancti-Andeoli de Robiaco, 1633 (rec. H. Mazer). – Robiac, 1634 (arch. départ. C.1289). – Roubiac, 1715 (J.B. Nolin, Carte du dioc. d’Uzès). – Saint-Andéol de Robiac, 1789 (carte des Etats).
Robiac faisait partie de la viguerie et du diocèse d’Uzès, doyenné de Saint-Ambroix.
En 1384, Robiac ne se composait que de 3 feux et demi, en y comprenant Peyremale.
Ce lieu ressortissait au sénéchal d’Uzès.
Au XVIIIe siècle, M. de Villars, du Vigan en était seigneur, à l’exception de la portion appartenant à l’évêque d’Uzès.    Le prieuré de Saint-Andéol de Robiac appartenait à l’abbaye de Saint-Gilles.
L’évêque d’Uzès nommait à la vicairie, sur la présentation du prieur.
La chapelle et une partie des bâtiments de l’ancien prieuré conventuel subsistent encore. »

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Abbé Etienne Goiffon : « Les paroisses de l’archiprêté d’Alais » édité en 1916

«Robiac,  Ecclesia Sancti-Andeoli de Robiaco, en 1119, dans la bulle du pape Callixte II qui assure à l’abbaye de Saint-Gilles l’église et le village de Robiac, villa de Robiaco (Gall. Christ. VI.v.304), Locus de Robiaco, en 1384 (dénombr. de la sénéch.),
est une commune et une paroisse du canton de Bessèges, dont la population catholique est de 1.360 sur 20 protestants ;
la succursale de Robiac a été érigée par décret du 17 prairial an XIII (16 juin 1805) ; plus tard un vicariat fut décrété à cause de l’augmentation de la population.
Dans ces derniers temps, l’affluence des ouvriers mineurs sur le territoire de Robiac a amené la création des paroisses de Bessèges et de Rochessadoule.
Les écoles communales étaient dirigées l’une par les Frères Maristes, l’autre par des religieuses de la Sainte Famille de Vagnas.
Avant la Révolution, Robiac appartenait à l’ancien diocèse d’Uzès ; c’était une paroisse du doyenné de Saint-Ambroix. Son prieuré simple et séculier, du titre de St-Andéol était à la collation de l’abbé de Saint-Gilles : l’évêque d’Uzès nommait le vicaire perpétuel qui exerçait les fonctions curiales, sur la présentation du prieur du lieu ; un second prêtre l’aidait dans l’administration de la paroisse.  Cette paroisse est nommée dans certaines pièces
du nom de Saint-Pierre-ès-liens.

Robiac paraît remonter à une très grande antiquité ; mais les archives de ce lieu ayant été détruites par les Camisards en 1702 et 1703, on ne peut fixer l’époque de sa fondation : tout ce qu’on peut affirmer, c’est que le premier noyau du village fut un monastère dont la chapelle et une partie des bâtiments existent encore.
Ce couvent paraît avoir changé de destination, dès le XIe siècle, et être devenu une résidence seigneuriale tout en conservant l’esprit de l’ancien monastère ; c’est-à-dire un long et étroit corridor aux deux étages tournant autour du bâtiment et conduisant à une série de cellules.

L’église actuelle de la paroisse, précédée d’un parvis formé de trois portiques, est encore fort belle, quoiqu’elle ne soit qu’une petite portion de l’église primitive, construction moderne sur les ruines de l’ancienne.   Depuis quelque temps, on a retrouvé sous le sol, les pierres de taille qui formaient le pavé de l’ancien chœur.
Cette église était parfaitement orientée vers le point du lever du soleil au jour de la fête du saint patron.
Les murailles extérieures de l’église actuelle portent les traces d’un ruban des blasons seigneuriaux des patrons des chapelles ; ces blasons ont été détruits au temps des guerres religieuses.
L’église de Robiac possède le beau tableau de Saint-Pierre-ès-liens, peint à Paris par Sigalon, en 1822 et 1823, à l’époque où ce peintre peignait sa Locuste, l’une des principales richesses du Musée de Nîmes.   

L’évêque d’Uzès était seigneur en partie de Robiac. Ce village, Villa de Robiaco,  fut en effet l’un des lieux dont un diplôme de Philippe II, roi de France, assura la possession, en 1211, à l’évêque d’Uzès.   Nous en trouvons encore une preuve dans l’hommage que Raymond Pelet, seigneur d’Alais, fit en 1327, à Guillaume de Mandagout, évêque d’Uzès, pour ce qu’il tenait dans la paroisse de Robiac et dans divers autres lieux.   

Nous n’avons retrouvé que les noms des prieurs du XVIIIe siècle ; le premier fut Jacques-Toussaint de Serre,  qui mourut en 1738. L’évêque d’Uzès nomma pour lui succéder Isaac Teissonnier qui ne prit pas possession et se démit ; le chapitre de Saint-Gilles conféra alors le prieuré à Jacques Pons, maître-ès-arts, bénéficier de Saint-Gilles, qui fut installé le 29 juillet 1738.
Par acte du 9 mars 1752, Pons permuta avec
Louis Augustin Escudier de Beaulieu, chanoine-précenteur de Saint-Gilles.
A la mort de celui-ci, le prieuré passa, le 8 juin 1781, à
Alexandre Joseph de Boisgelin, clerc du diocèse de Saint-Brieuc, neveu de l’archevêque d’Aix, pour lors abbé de Saint-Gilles.  

Notre liste des curés remonte jusqu’en 1634.
Le 25 septembre de cette année, sur résignation de
François Bisquer, la vicairie perpétuelle passa à Jean Diffred. Etienne Crégut était vicaire en 1674.
Le 8 février 1696, le vicaire perpétuel,
Jacques Maurin, résigna en Cour de Rome en faveur de Pierre Michel, secondaire de l’église des Salles (paroisse de Laval-Notre-Dame) ; Michel prit possession le 17 juillet suivant ; en 1701, conservant son titre à Robiac, il était curé de La Melouze ; ayant obtenu plus tard le bénéfice de Saint-Julien-de-Valgalgues,
il résigna en Cour de Rome pour
Michel Ouvrier qui prit possession le 7 mars 1712 et que nous trouvons encore en 1717.  Ces divers actes prouvent que la secondairerie de Robiac était un titre de bénéfice.
En 1701-1712,
Gabriel Ventru était vicaire perpétuel. C’est sous son administration que les camisards commirent à Robiac et dans les environs des ravages et des excès dont on trouve la preuve dans une procédure qui fut faite à Montpellier (archives de l’Héraults, série C.).
Le manuscrit de Valette (Bibliothèque de Nîmes) nous apprend qu’en février 1703, sept personnes furent égorgées par les troupes de
Cavalier et qu’une femme fut démembrée pour n’avoir pas voulu renoncer à la religion catholique ; elle souffrit cet horrible supplice avec une constance inébranlable.
En 1732,
Charaix était curé, probablement secondaire.
Le 28 novembre 1732, le vicaire perpétuel
Jean-françois Cretelier, se réservant une pension de 60 livres, résigna en Cour de Rome en faveur de Jean Dugas qui prit possession le 2 mars 1733 et que nous retrouvons encore à Robiac en 1781.
Le 11 mars 1739, le secondaire
Jean-François Servan de Chazel, devenu prieur-curé de Combès, résigna en Cour de Rome pour Jacques Balmes (de Villefort) ; la secondairerie était possédée, en 1781, par  Jean Vernède.   
En 1791,
Louis Ganestan, ex-vicaire des Vans, de St-Ambroix et de Pont-st-Esprit, né le 18 août 1750, à Villeneuve de Berg (Ardèche), était vicaire perpétuel et Dalméras était secondaire ; tous les deux ne prêtèrent à la Constitution civile du Clergé qu’un serment conditionnel qui fut considéré comme nul et ils durent s’éloigner de Robiac.

La paroisse schismatique n’eut qu’un seul prêtre pour l’administrer : ce fut d’abord Jean Cousin, ancien capucin d’Alais, sous le nom de père Denis, né le 26 novembre 1754, élu curé de Robiac le 6 juin 1791 ; il resta peu, passa à la cure de Connaux où il apostasia ;
Cousin se retira à Saint-Ambroix en 1794 et y exerça les fonctions d’instituteur primaire ; une note du sous-préfet d’Alais, en 1800, nous apprend qu’il tenait encore les écoles, ne manquait pas de connaissances, possédait le talent de la chaire, mais qu’il était peu édifiant et vivait avec trop d’éloignement de l’esprit de son état. Nous croyons qu’il accepta plus tard un poste de curé dans le département du Vaucluse.
A Cousin succéda
Rouvier sur lequel nous n’avons recueilli aucun renseignement. M. Genestoux se déroba à la persécution en s’embarquant à Aiguesmortes pour l’Italie, le 21 septembre 1792, sur la tartane le Saint-Théodiste,  capitaine Pierre Perban (d’Agde) ; il fut porté sur la liste officielle des émigrés avec la qualification de déporté, le 1er Messidor an III (19 juin 1795).
Rentré en France après le 9 Thermidor, il reprit ses fonctions et les suspendit à l’occasion de la Loi de Fructidor ; sous les auspices du 18 Brumaire, il profita de l’espèce de tolérance du moment pour les faire avec moins de publicité et finit par faire, en 1800, la soumission exigée par la loi. Au témoignage du sous-préfet d’Alais, sa conduite était irréprochable. Il fut un instant aumônier du Lycée de Nîmes et se retira infirme, le 31 août 1807.
1er septembre 1807,
Pierre Tavernol-Depréau, né le 19 mai 1755, auparavant vicaire de Courry ; il se retira infirme, en 1811.
Juin 1811,
Hyacinthe Lobier, né à Aujac le 4 décembre 1766. Depuis 1800, ce prêtre dont le sous-préfet d’Alais disait que sa conduite était irréprochable et qu’il était aussi respectable par son zèle, ses talents et ses vertus, remplissait à Robiac les fonctions de vicaire et faisait l’éducation des enfants du maire. En 1831, Mestre quitte le 27 juin 1837.
23 septembre 1837,
Pierre Albouy, né le 6 avril 1810 ; il est transféré à Pompignan en 1854.
1er juin 1854,
Jean-Jacques-Edouard Berthon, né le 6 juillet 1807, auparavant curé de Milhaud. Il meurt le 26 mars 1875.
3 avril 1875,
M. Battut auparavant curé de Campestre ; c’est sous son administration que l’église de Robiac a été reconstruite ; le 25 novembre 1894, il est nommé curé-Doyen de Sommières, où il mourut le 13 février 1900.
En 1894,
M. Saint-Etienne. »

Addenda : « Au moment de la Révolution, le curé était Louis Genestoux et le vicaire Armand-Barthélémy d’Alméras de Brès ; ils refusèrent le serment schismatique ; le vicaire se retira dans la ville des Vans (Ardèche). »

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 ROCHESSADOULE

Eugène Germer-Durand : « Dictionnaire topographique du département du Gard » - 1868

«Rochesadoule, hameau de la commune de Robiac. – Locus de Rocha-Sadola, 1042 (Hist. De Lang. II, pr.col.201). – De Rocha-Saduli, 1049 (ibid.) – Mansus de Castaneto, sive de Roca-Sadolha, 1345 (cart. de la seign. d’Alais, f°32 et 41). – Locus de Ruppe-Sedali, 1461 (reg.-cop. De lettre roy. E, v). – Roquesadouille, 1715 (J.B. Nolin, carte du dioc. d’Uzès). »

« Saint-Laurent-de-Rochesadoule,, église ruinée, commune de Robiac.   Le prieuré de Saint-Laurent était du doyenné de Saint-Ambroix. »

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Abbé Etienne Goiffon : « Les paroisses de l’archiprêté d’Alais » édité en 1916

« Rochesadoule est une section de la commune de Robiac ;
autrefois simple hameau du doyenné de Saint-Ambroix, c’était pourtant un prieuré du titre de
Saint-Laurent, (alias Saint-Nicolas) uni à celui de Robiac ; on voit encore sur la crête d’une des montagnes, la chapelle de Saint-Laurent, dans laquelle la fête du 10 août s’est toujours célébrée au milieu d’un grand concours de fidèles ; ce pèlerinage a surtout pour but  la guérison des maladies de la bouche.  

Il est déjà question de Rochesadoule, Locus de Rocha sadola, dès 1042. Arnard de Rochesadoule souscrivit à cette époque un acte de donation à l’abbaye de Sauve (Hist. De Long. 11. pr.col 219).
Ce n’est que de nos jours que Rochesadoule a pris de l’importance ; sa population, appelée en ces lieux jusqu’alors déserts par l’exploitation des mines, arrive aujourd’hui à 2.260 catholiques et 20 protestants.
Aussi les compagnies de Trélys et de Bessèges se sont-elles fait un devoir de procurer à ce peule les secours religieux ;
une église a été construite et confiée à deux prêtres chapelains ;
les écoles étaient sous la direction des Frères Maristes et des Sœurs de la Sainte Famille de Vagnas ; ces religieuses sont en outre chargées du soin de l’hospice local. 

L’église de Rochesadoule dédiée à L’Immaculée-Conception de la Sainte Vierge, n’a pas encore le tire de succursale, ce n’est qu’une grande salle plafonnée sans caractère.
Ce fut
M. Antoine Firmin Pelaud, né le 12 janvier 1830, qui fut le premier chargé d’exercer les fonctions curiales à Rochesadoule, en 1863.  Bientôt après un vicaire lui fut adjoint, et leur zèle arriva en peu de temps à donner à la nouvelle paroisse une forte organisation ; Mgr Plantier put s’en rendre compte dans sa visite pastorale du 26 avril 1865.  Dans cette circonstance, 300 personnes se présentèrent à la Confirmation.    
M. Pelaud
avait si bien réussi auprès des ouvriers de Rochesadoule que Mgr Plantier, ouvrant un plus large champ à son zèle, le transféra à la Grand’Combe
et le remplaça le 15 du mois d’août 1870, par
M. Honoré-François-Fortuné Lagard, né le 18 septembre 1834, auparavant curé de Boucoiran ; il passa à St-Victor-La-Coste le 1er septembre 1874.
M. Henri Dassas, lui succéda et en 1879, il fut nommé curé-doyen de St-Jean-du-Gard. 
M. Simon Balmoussière
le remplaça le 18 janvier 1879. Nommé doyen honoraire le 20 novembre 1901, il s’est retiré le 27 août 1904.
Il fut remplacé par
M. Joseph-François Paul, qui fut nommé curé-doyen de Villeneuve-les-Avignon le 15 juin 1911.
M. Maurice Laplanche, auparavant curé de Saint-Chaptes, fut nommé curé de Rochesadoule, le 1er juillet 1911. »

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