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Saint-Ambroix

Rédaction : Geneviève Padovani

SAINT – AMBROIX

Eugène Germer-Durand :  « Dictionnaire topographique du département du Gard »  – 1868

« Saint-Ambroix, arrond. d’Alais.
Mons Sancti-Ambrosii, 1156 (Hist. De Lang. II, pr.col.561)
Castrum Sancti Ambrosii, 1199 (Gallia Christiana, t.VI, p.622)
P. de Sancto-Ambrosio, 1344 (arch.munic. d’Uzès, BB.2, f° 17)
Locus de Sancto-Ambrosio, 1384 (dén. De la sénéch.)
Sant-Ambrueyx, 1433 (Mén. III, pr. P. 237, c.2)
Saint-Ambroys, 1485 (ibid, IV, pr. P. 137, C.1)
Saint-Ambroix, 1549 (arch. Dép. C. 1319) ;  1669 (ibid. C. 1287)
Pont-Cèze, 1793 (ibid. L. 393)

Saint-Ambroix faisait partie de la viguerie et du diocèse d’Uzès.
C’était le chef-lieu d’un des neuf doyennés de ce diocèse.
Ce lieu se composait, en 1384, de 30 feux, et en 1789, de 568.
L’évêque d’Uzès était seigneur de Saint-Ambroix, et le prieuré de Saint-Ambroix était uni à la mense épiscopale.
En 1790, Saint-Ambroix devint le chef-lieu d’un canton du district d’Alais comprenant : Courry, Meyrannes, Peyremale, Portes, Robiac, Saint-Ambroix, Saint-Brès, Saint-Florent et Saint-Jean-de-Valeriscle.
On remarque à Saint-Ambroix un puits antique, creusé dans le roc, de 3 mètres de diamètre et de 24 mètres de profondeur. 
Armoiries, d’après l’armorial de 1694 :
   d’azur, à un château crénelé, d’argent, ajouré d’une porte et de deux fenêtres, de sable, flaqué de deux grosses tours, créelées aussi, d’argent, ajourées chacune d’une fenêtre de sable ;
- d’après Gastelier de la Tour :
   d’azur, au château antique à deux tours, d’argent, maçonné de sable, entouré d’un orle du second émail »

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Abbé Etienne Goiffon : « Les paroisses de l’archiprêté d’Alais » Edité en 1916

« Le doyenné de Saint-Ambroix comprend quatorze paroisses et une chapelle paroissiale : Saint-Ambroix, Auzon, Boisson, Courry, Les Mages, meyrannes, Navacelle avec Bouquet pour annexe, Potellières, Saint-Brès, Saint-Denis, Saint-Florent avec le Martinet pour annexe, Saint-Jean-de-Valériscle, Saint-Julien-de-Cassagnas, Saint-Victor-de-Malcap et Molières-sur-Cèze »

« Saint-Ambroix, Mons Sancti Ambrosii, en 1156 (Hist. Du Lang II, pr., c.561), Castrum Sancti Ambrosii, en 1199 (Gall. Christ. VI, pr.622), Locus de Sancto Ambrosio, en 1384 (Dénombr. De la Sénéch.) Pont-Cèze, en 1793 -
est une paroisse, chef-lieu de l’un des doyennés du diocèse d’Uzès, régie par un vicaire perpétuel et un secondaire.   Son titre dans le pouillé dit de 1620, était
Saint-Ambroise et Notre-Dame du Frène (de Fraxino).
Le bénéfice était un prieuré dépendant de la mense de l’évêque d’Uzès qui était aussi seigneur de la ville. Cette seigneurie de l’évêque d’Uzès fut quelquefois contestée, mais elle fut toujours maintenue ; en sa qualité de prieur, l’évêque avait la nomination exclusive du vicaire perpétuel.
D’après le même pouillé, sept chapellenies avaient été fondées à Saint-Ambroix à titre de bénéfices secondaires ; c’étaient :
1° Celle de
Saint-Jean-Baptiste.
2° Celle qu’avait fondée
Jean de Bousqète.
3° Celle de
Notre-Dame-de-Piété (sic).
4° Celle fondée par
Jean Bourely.
5° Celle de Saint-Michel dans l’église paroissiale.
6° Celle de
Notre-Dame, fondée par Jean Servin, en l’église Notre-Dame de Fréjuier, à Saint-Ambroix (probablement l’église du Dugas).
7° Celle de
Notre-Dame de Fréjuier (de Fraxino).
En 1744, Saint-Ambroix était le centre d’une conférence ecclésiastique présidée par le curé-doyen
Benoît, assisté de Meynier, prieur de St-Julien-de-Cassagnas.
Cette conférence réunissait les prêtres de St-Ambroix, Barjac, St-Victor-de-Malcap, Rivières, Tharaux, Mannas, St-Privat-de-Champclos, Avéjan, st-Sauveur-de-Cruzières, St-Etienne-de-Sermentin, St-Brès, St-Florent, St-Jean-de-Valériscle, St-Julien-de-Cassagnas, Meyrannes, Potellières, St-Denis, St-Jean-de-Maruéjols, st-André-de-Cruzières et Robiac.  

Les armoiries de la ville, d’après Gastelier de la Tour, sont : d’azur, au château antique, à deux tours, d’argent, maçonné de sable, entouré d’un orbe du second émail.  
L’armorial de 1694 les blasonne :
d’azur, à un château crénelé, d’argent, ajourée d’une porte et de deux fenêtres, de sable, flanqué de deux grosses tours crénelées aussi, d’argent, ajourées chacune d’une fenêtre, de sable.   

L’église primitive de Saint-Ambroix, entourée de son cimetière était située au sommet de la montagne du Dugas qui domine la ville ; les ruines en furent achetées en 1867, par M. le curé Salignon, qui fit construire sur le plateau une élégante chapelle dont nous parlerons plus loin. 

La possession de Saint-Ambroix par les évêques d’Uzès remonte à un temps immémorial ; elle leur fut reconnue, en 1156, par un diplôme date de Paris, par lequel le roi Louis VII range le Mont-Saint-Ambroix, Montem Sancti Ambrosii, au nombre des lieux qui dépendaient de l’église d’Uzès. (Hist. de Lang. t.II, pr.c.561).
Malgré la teneur de cet acte royal, de longs démêlés surgirent entre les évêques d’Uzès et la famille des seigneurs d’Anduze, au sujet du château de Saint-Ambroix ; ils prirent fin, au mois de mars 1193, par un acte passé en l’hôpital d’Alais et scellé des plombs de
Guillaume de Vénéjean, évêque d’Uzès, et de Pierre de Bernard d’Anduze.
Cet acte contenait transaction amiable au sujet de la seigneurie.  Les nobles
Arnaud, Pons d’Arnaud et Guibert de Montalet, frères, seigneurs de Montalet et co-seigneurs de Saint-Ambroix, cédèrent à Bernard d’Anduze et à son fils Pierre de Bermond, tous les droits sur le château de St-Ambroix.
A leur tour, ces deux derniers cédèrent ces mêmes droits au seigneur évêque d’Uzès.
Celui-ci donna en retour au seigneur d’Anduze la moitié de ses droits sur la ville de Génolhac, à l’exception des revenus de l’Eglise, du cimetière (Archives de M. le marquis de Montalet).
Six ans après, Bernard d’Anduze et son fils reconnurent de nouveau les droits de l’évêque en lui faisant hommage pour le château de Saint-Ambroix et, comme il existait encore quelques germes de désaccord, Bernard d’Anduze, par un acte du mois de septembre 1209,  donna par transaction à l’évêque d’Uzès tout ce qu’il pouvait posséder à Saint-Ambroix et dès lors les évêques ne furent plus troublés dans leur possession. Aussi lorsque, vers la fin du XIVe siècle, les habitants de la ville voulurent s’entourer de fortifications, ce fut l’évêque Martial qui permit de les bâtir. 

Les évêques d’Uzès obtinrent pour leur fief plusieurs privilèges.
Signalons en particulier celui d’un marché chaque semaine et de deux foires par an que l’évêque Pierre d’Aigrefeuille, fortement appuyé par le Pape, obtint du roi Jean, en 1363 (Ménard, Hist. De la Vielle de Nimes,t.II, pr.p. 292).
Les habitants d’Alais réclamèrent contre ces concessions et firent ajourner au Parlement de Paris l’évêque d’Uzès et les habitants de Saint-Ambroix. Le pape Urbain V qui avait aidé à obtenir le privilège intervint pour le conserver et adressa dans ce but deux lettres, l’une au roi et l’autre à Jean, évêque de Beauvais, chancelier de France.
Au chancelier, il disait « 
Nous écrivons au roi de France en faveur de l’Eglise d’Uzès que nous avons servie de longues années dans une position inférieure ».
Au roi, il écrivait :
 »que s’il prie pour la ville et les habitants de Saint-Ambroix, c’est qu’il a demeuré longtemps auprès d’eux lorsqu’il était dans une position moindre, et qu’il leur est très attaché » (Reg. D’Urbain V, secretae, anno III, fol.106). On sait que cette position inférieure dont le pape parle était celle de vicaire-général et d’official d’Uzès.
La recommandation du Souverain-Pontife eût aussitôt son effet et Charles V confirma les privilèges accordés par le roi son père. Mais il paraît que les habitants ne se montrèrent pas reconnaissants envers le seigneur évêque. Nous ne savons pour quelle raison ils injurièrent le vicaire-général et les officiers de ce prélat et causèrent des dommages aux biens de l’Evêché.
Un arrêt de Jean, évêque de Beauvais et chancelier de France, daté du 17 février 1363 (1364), condamna la ville à payer à l’évêque d’Uzès une amende de compensation de 400 florins d’or.

Voici une liste des vicaires perpétuels de Saint-Ambroix durant le XIVe siècle :
-  En 1363
,
Raimond Raphael
En 1364,
Jean de Longofolio
En 1384,
Etienne del Rossi qui, en 1387, résigne son bénéfice pour entrer dans un ordre religieux.
En 1387,
Jean Patrivicini, chapelain de Sainte-Marie-la-Neuve-d’Uzès, lui succéda (Sommaires des bulles des papes d’Avignon publiés par M. l’abbé H. Grange). -
Impossible de trouver les noms des vicaires perpétuels durant le XVe siècle et une partie du XVIe.
Il nous faut arriver jusqu’en 1560 pour trouver comme vicaire perpétuel de Saint-Ambroix,
Jacques de Castillon, qui eut la douleur de voir passer à la Réforme la majorité de ses ouailles, et la ville fut dès lors une des places des Religionnaires ;
l’église fut ruinée en 1570 ;
les catholiques persécutés n’eurent plus pour se réunis dans les moments d’accalmie, qu’une chambre haute dans une maison particulière. En vain l’édit de Nantes leur assurait l’exercice de leur culte, les huguenots s’y opposèrent et il fallut, pour vaincre cette opposition, un ordre exprès du connétable de Montmorency, gouverneur du Languedoc qui, sur la plainte qui lui faut faite à l’Assemblée de Pézenas, le 26 août 1601, enjoignit de cesser tout empêchement à l’exercice de la religion catholique.

J. Meyran
était alors curé et Jacques Marcou vicaire perpétuel, en 1626.
La paix ne fut pas de longue durée.
La révolte des Huguenots, en 1629
, fit de Saint-Ambroix une des places d’armes des Religionnaires et Louis XIII dut se préoccuper de soumettre cette ville. Dès que le
duc de Rohan apprit la marche du roi, il quitta Nîmes pour les Cévennes ; en passant à Uzès, il y prit le régiment de Faulgères et le jeta dans Saint-Ambroix avec ordre de défendre la place jusqu’à la dernière extrémité.  
Le 5 juin
, le roi se trouvait à Barjac, d’où il détacha le
maréchal de Bassompierre et le duc de Montmorency pour aller reconnaître la ville dont il était résolu de faire le siège.
Saint-Ambroix promit alors de se soumettre ; le
sieur de Beauvoir que Rohan y avait établi en qualité de gouverneur se présenta le lendemain au roi et sollicita le pardon des habitants. Le roi pardonna, mais il donna l’ordre de démolir les murailles de la ville et le château dont il ne resta bientôt que quelques ruines. En 1705, Saint-Ambroix obtint de Louis XIV la permission de relever ses murs, mais cette reconstruction ne fut jamais faite.    

A cette époque, Saint-Ambroix avait donné naissance, le 17 février 1615, à un homme qui eut une certaine célébrité : c’était Samuel Sorbière. Né au sein d’une famille protestante, il fut d’abord destiné au ministère pastoral, mais il prit bientôt en dégoût les études théologiques et se livra à celles de la médecine.  
L’évêque de Vaison
avec lequel il avait d’intimes relations, le convertit à la foi catholique.
En 1653, Sorbières perdit alors sa femme et il s’engagea dans l’état ecclésiastique. Les papes et le roi Louis XIV faisaient grand cas de sa science et le comblèrent de bienfaits ; le roi lui donna même, en 1660, le titre de son historiographe. Il se fit surtout remarquer parmi les savants de son temps par ses découvertes en physique et en médecine ; il écrivit de nombreux traités fort curieux. Plusieurs de ses ouvrages furent publiés après sa mort par les soins de son fils, quelques uns sont restés en manuscrit.
Sorbières mourut à Paris en 1670.     

Pierre Bonot possédait la cure vers 1639.
Il se démit dans les premiers mois de 1640, et eut pour successeur
Etienne de Casteljau, qui signa, prêtre, prieur, vicaire de Saint-Ambroix, un acte du 17 octobre 1670, que Nicolas de Grillé, évêque d’Uzès, se trouvant alors à Saint-Ambroix, avait fait passé par le notaire Chabert, dans la maison des hoirs de feu Jean Gihnoux, sieur du Bout, où ledit seigneur évêque était logé, pour régler diverses affaires de lods et reconnaissances, concernant un grand nombre de propriétés des environs de Saint-Ambroix, Robiac, Rochesadoule (Arch. Municip. d’Uzès).    
En 1662
, nous trouvons
Marc Clary comme vicaire perpétuel.  
En 1672
,
Henri d’Agulhac se disait vicaire perpétuel de St-Ambroix, mais il parait qu’il s’y était ingéré sans provisions régulières, d’où s’ensuivit devant le tribunal de l’officialité d’Uzès, un procès dont nous n’avons pas trouvé le jugement final.   
Claude Balmelle
se fit pourvoir du bénéfice en Cour de Rome ; ses provisions furent visées le 15 janvier 1676. C’est à cette époque que fut commencée la construction du presbytère et de l’église paroissiale ; cet édifice ne fut achevé qu’en 1687. De nos jours, il a fait place à une église plus vaste élevée sur les plans de M. Révoil, architecte.
Le successeur de Balmelle fut
Jean Guérar de Pétiol, prêtre du diocèse de Tulle ; celui-ci fut pourvu en Cour de Rome du prieuré de Corbès
et laissa en 1689, la vicairie perpétuelle de St-Ambroix à
Honoré Durieu, bachelier en l’un et l’autre droit.  Durieu passa au prieuré de Saint-Martin-de-la-Pierre en 1714.
Sous son administration, la ville échappa à un grand danger ; au mois d’octobre 1703,
Cavalier, avec un millier de camisards,  ravageait les environs et menaçait la ville ; mais il n’osa pas y entrer, sur la nouvelle que les femmes avaient pris les armes tout comme les hommes et que tous se préparaient à une énergique défense. Cavalier prit alors le chemin de Courry et des Vans.
Le 28 avril 1714,
Jacques Reboul, bachelier en théologie, prit possession de la vicairie perpétuelle.
Il fut remplacé en 1720 et 1721, par
Henri de Laudun qui fut ensuite prieur de St-Victor de Malcap, et laissa la cure en 1721 à Champetier auquel succéda en 1725, François Braguet.  
En 1732
,
Claude-André Meynier possédait la vicairie perpétuelle ; il passa en 1744 à St-Julien-de-Cassagnas et se démit.
Le 7 septembre 1744,
François Privat, prêtre du diocèse de Mende et bachelier en l’un et l’autre droit, et auparavant curé de St-Jean-de-Maruéjols, fut installé dans la cure de St-Ambroix ; il n’y resta que deux ans et se démit le 20 septembre 1746, pour prendre possession à Pont-Saint-Esprit.
Dès le lendemain,
François Benoît, licencié en théologie, fut nommé ; il possédait encore lorsqu’en 1765, eut lieu une grande émeute à l’occasion de l’établissement d’un ministre protestant nommé Pradel.   
En 1771
, la cure appartenait à
Jean-Baptiste Roux, bachelier en droit canon : il avait alors pour secondaire Antoine Audibert qui devint curé de Valabrègues en 1772.  

Cette même année, au mois de septembre, se produisit une crue extraordinaire de la Cèze et une inondation terrible. Afin d’obtenir du ciel la grâce de préservation, pour l’avenir, d’un pareil fléau, la paroisse fit le vœu d’une procession solennelle qui fut fixée au dimanche d’après, le 9 septembre de chaque année.   

Ayant obtenu le prieuré-cure de Flaux, Roux se démit par acte du 22 mars 1779.
La vicairie passa le 14 avril suivant à
Louis le Maïstre de Boissonnade, bachelier en droit canon et ancien secondaire d’Aramon et de Saint-Etienne d’Uzès.  C’est dans sa maison et par acte du notaire Champetier que l’évêque d’Uzès, Henri-Benoît-Jules de Béthézy, baron de Saint-Ambroix, donna à Chapus, protestant converti, à titre d’inféodation et d’acensement perpétuel le plateau de Dugas, moyennant la redevance annuelle d’un éperon d’or (6 livres) portable, chaque année, à l’Evêché d’Uzès.
Le curé de St-Ambroix et son vicaire
Henri Cornut refusèrent le serment schismatique de 1791 et durent bientôt s’éloigner. A la suite d’un mouvement populaire en leur faveur, ils furent décrétés d’ajournement et disparurent. Nous ignorons le lieu de leur retraite. Nous retrouvons le curé de retour parmi ses ouailles après les mauvais jours. Cornut fut écroué dans la citadelle de Nîmes le 26 novembre 1793 et n’en sortit que le 25 avril 1795. Après la Révolution, il fut curé dans les environs de Pont-Saint-Esprit.

Lors de l’organisation du diocèse constitutionnel du Gard, la cure de St-Ambroix fut successivement offerte à deux prêtres jureurs des environs. Deschanels, curé de Courry et Blanc, curé de Saint-Brès.
Sur leur refus, elle fut donnée à
Jean-Antoine Rippert, auparavant curé de Méjannes-le-Clap, qui fut élu le 6 juin 1791.  
Gaspard-Alix Chapus
lui succéda au mois de mars 1792.  Chapus, qui n’avait d’abord prêté, à Montdragon, qu’un serment retreint, prêta à Valabrègue le serment pur et simple, le 7 août 1791.  Il resta peu de temps dans cette paroisse ; il en fut chassé et pour échapper à la poursuite des fidèles, il traversa le Rhône à 11h du soir, à peine vêtu, sur une fêle barque, au péril de sa vie. Nommé curé constitutionnel de Saint-Ambroix, il y fut peu suivi même des patriotes de l’époque qui abandonnèrent l’église sous prétexte qu’il tenait des propos contraires à l’union et à la paix ; se sentant menacé, il parvint cependant à se procurer des certificats de civisme et de constante résidence sur le territoire français.
Ce certificat est du 25 mai 1793
. Mais l’inimitié qu’il s’était attirée le dénonça bientôt aux autorités départementales comme très suspect et d’une conduite antirévolutionnaire.
Il fut arrêté le 20 octobre 1793 et enfermé d’abord au fort d’Alais et bientôt dans les prisons de Nîmes. Chapus comparut devant le tribunal révolutionnaire le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) ; il fut condamné à mort et exécuté le même jour (« Pièces et documents officiels pour servir à l’histoire de la Terreur », p.118 et suiv.).
Des pièces de son procès, nous croyons trouver une excuse à la conduite de chapus dans une certaine défaillance du jugement ; cet homme qui d’abord avait refué le serment de 1791, le prête ensuite, dit-il, « pour dévoiler les scélérats qui opprimaient la France » (Acte d’accusation Chapus). Il croyait de bonne foi, peut-être, pouvoir endiguer le torrent dévastateur ; il fut emporté par les flots et fut la triste victime de son erreur. Puisse cette bonne foi que nous lui supposons lui avoir mérité de Dieu le pardon du scandale qu’il avait donné aux fidèles de Valabrègue et de Saint-Ambroix !  

Parmi les prêtres qui, pendant les mauvais jours, rendirent aux catholiques de St-Ambroix et des environs les services du saint ministère, nous devons une mention spéciale à M. Pellier de Barjac, ancien capucin du couvent de Pont-Saint-Esprit, plus connu sous le nom de Père Chrysostome, qui resta dans le couvent jusqu’en 1735, époque où un certain nombre de prêtres rentrèrent de l’exil ; le père prit alors le service de Saint-Marcel-de-Carreiret où il résida jusqu’au 6 janvier 1799, jour où il fut arrêté et déporté à l’île d’Oléron. Il mourut en odeur de sainteté dans la paroisse de Chambon.

Ce fut souvent au péril de sa vie que le père Chrysostome exerça le saint ministère. Un jour qu’il traversait le pont jeté sur la Cèze, il y rencontra des hommes armés, satellites de la Terreur ; l’un d’eux le toisa de son regard haineux : Tu m’as l’air d’un calotin, dit-il ; Oh ! non, répondit le père Chrysostome avec assurance, je ne suis qu’un pauvre capucin, et il passa.
Un autre jour, la maison de campagne qui lui servait de refuge fut entourée par les gendarmes. Aussitôt il prend des habits de berger et se présenta ainsi à son hôtesse qui parlementait avec les gendarmes :
Maîtresse, dit-il, où faut-il aujourd’hui conduire le troupeau ? -  Imbécile, répond celle-ci, ne le sais-tu pas ? au même champ qu’hier, et ainsi demain et après-demain et tant qu’il y aura de l’herbe. Après quoi le père appelle les chiens, fait sortir les brebis et se dirige vers le bois, laissant les gendarmes faire dans la maison des perquisitions infructueuses. Son sang-froid l’avait sauvé et le sauva plusieurs fois encore. 

M. de la Boissonnade reçut une nouvelle institution le 31 janvier 1803 ; il mourut le 15 janvier 1812, à l’âge de 64 ans.
Son successeur fut
M. Charles-Raymond Chaboton, auparavant curé de St-Victor de Malcap. Sa nomination est du 13 mai 1812 ; il mourut le 18 août 1817, à l’âge de 76 ans.
Le 28 octobre suivant, la cure fut confiée à
M. Jean-Charles-Auguste de Beauclard, alors curé de Cendras ; celui-ci fut appelé à la cure d’Alais, en 1830.
Le 16 avril 1823,
Mgr de Chaffoi  fait sa visite pastorale à St-Ambroix et y trouve la confrérie du Rosaire autorisée par un évêque d’Uzès.   
M. Joseph Calmen,
auparavant curé de Milhaud, fut installé dans la cure de St-Ambroix le 27 février 1830.   Dix ans après, il fut mis à la tête de la paroisse de Saint-gilles et remplacé le 2 juillet 1840, par M. Jean-Félix Préade ; moins de deux ans après, le 30 mai 1842, M. Prade mourut à peine âgé de 36 ans.   
M. Joseph Malarte,
précédemment curé de Connaux, prit possession le 21 août 1842 ; il resta 13 ans et fut transféré à la cure de Sainte-Perpétue de Nîmes.
Dès son arrivée dans la paroisse, M. Malarte reçut de
M. Pontet-Blanche, la donation à la Fabrique d’une maison pour une école qui serait tenue par les Frères des Ecoles Chrétiennes. Cette congrégation n’ayant pu se charger de l’école, celle-ci fut confiée aux Frères Maristes.   
La fondation fut assurée par un legs de 12.000 fr. fait à la Fabrique par
M. Paulin de Malbos, pour l’entretien des Frères. Un décret du 24 octobre 1850, autorisa l’acceptation de ce legs qui avait été fait à la condition de faire admettre à perpétuité et gratuitement, six enfants pauvres de Saint-Victor-de-Malcap, trois au choix du curé de Saint-Victor et trois au choix du propriétaire du château de ce village.

Le 1er juillet 1855, M. François Surrel fut installé à St-Ambroix. M. Surrel, après de brillantes études, avait été deux fois vicaire à Villeneuve et s’y était tellement distingué par son zèle et ses vertus que les habitants de cette paroisse l’avaient demandé pour curé. Mais son état précaire de santé l’avait confiné dans l’administration de paroisses moins importantes ; il quitta ces positions une première fois pour occuper une chaire dans la maison de l’Assomption et une seconde fois pour se retirer à la Trappe d’Aiguebelle, où il resta quinze mois.
Vaincu par les instances de l’autorité diocésaine, M. Surrel rentra dans le diocèse et devint successivement curé de Sagriès, de Vauvert et de Saint-Ambroix ; il mourut dans ce dernier poste à l’âge de 51 ans, laissant la réputation d’un saint, le 18 mai 1857.
Le 11 avril 1856, il avait reçu la visite de
Mgr Plantier, qui avait trouvé les confréries du Rosaire, du Scapulaire et de la Bonne Mort bien établie.   

M. Louis Salignon, alors curé de Vers, fut transféré à St-Ambroix ; sa nomination fut agréée, le 1er juin 1857 ; il fut installé le 5 juillet suivant. Peu de temps après son arrivée dans la paroisse, il se préoccupa d’une fondation qui devait produire les plus heureux fruits.
Saint-Ambroix est une cité industrielle où se trouvent plusieurs filatures de soie. Ces établissements occupent, selon les époques, de 700 à 1.000 jeunes filles venues de tous les villages environnants, qui arrivent le lundi matin et repartent le samedi soir ; obligées de se loger pendant la semaine dans diverses maison de la ville, elles s’y trouvaient exposées à toute sorte de dangers, loin des yeux et des soins maternels.
Après en avoir conféré avec
Mgr Plantier et avec son approbation formelle, M. Salignon annonça du haute de la chaire, le 1er décembre 1863, un projet qu’il étudiait depuis longtemps.
Il s’agissait de créer, sous le titre d’
Œuvre de la Préservation, un grand établissement où les jeunes fileuses étrangères à la ville pourraient trouver des secours au double point de vue matériel et moral, des distractions honnêtes et utiles, après leur journée de travail, surtout durant les longues soirées d’hiver.
Dans ce but, il fallait ouvrir une maison vaste et salubre où les jeunes filles rencontreraient comme d’autres mères dans les religieuses de Saint-Régis, déjà chargées du soin de l’hospice et qui prépareraient les repas des fileuses, cultiveraient leur esprit et leur cœur, leur apprendraient à lire et écrire tout en leur donnant les plus sages conseils.
La pensée du bon curé fut accueillie avec enthousiasme dans la ville et dans les paroisses voisines du Gard et de l’Ardèche. Des secours importants arrivèrent de divers côtés ; les filateurs convaincus qu’une œuvre pareille leur assurerait des ouvrières consciencieuses voulurent participer à l’œuvre et,
dès le 2 février 1864, cent jeunes filles, pour le modeste prix d’un franc par mois ou d’un sou par jour, trouvaient déjà, dans la maison nouvellement ouverte les plus précieux avantages : logement, chauffage, éclairage et instruction.  

M. Salignon voulut alors réaliser un autre projet : il voulait faire revivre l’ancien patronage de la Sainte-Vierge et mettre sa paroisse sous la protection de Marie-Immaculée, en rétablissant l’ancienne église du Dugas.
Dans ce but, il acheta en 1867, les ruines du Dugas et y fit construire, au moyen de fons recueillis dans le pays, une chapelle crénelée de style roman, flanquée d’une grande tour et de quatre tourelles également crénelées ; la grande tour porte sur son sommet une statue de la Vierge solennellement inaugurée par
Mgr Plantier, le 19 octobre 1868.
Aux environs de ce monument se trouve l’ancienne tour de l’horloge communale dont la cloche mérite ici une mention particulière à cause des souvenirs historiques qu’elle consacre par son inscription ainsi conçue :
+ Errore vigente confracta silvi sed profligata haeresi Ludovici magni pietate et zelo Michaelis Poncet de la Rivière, ep. Et com. Utiensis clariori jam voce momenta notabo. An. D. 1637. (Brisée sous le règne de l’erreur, je me suis tue, mais l’hérésie vaincue par la piété de Louis-le-Grand et par le zèle de Michel Poncet de la Rivière, évêque et comte d’Uzès, désormais j’annoncerai les heures d’une voix plus éclatante. L’an du seigneur 1637).  

M. Salignon mourut le 11 décembre 1869, à l’âge de 57 ans. Avant de mourir, il avait voulu assurer son œuvre du Dugas et en avait donné la propriété à la Fabrique de l’Eglise de Saint-Ambroix ; un décret du 4 juin 1870 autorisa la Fabrique à accepter la libéralité et érigea le nouveau sanctuaire en chapelle de secours.  
M. André André,
précédemment curé de Notre-Dame de Laval, fut nommé curé de Saint-Ambroix.
Cette nomination fut agréée par décret du 12 janvier 1870. Dès son arrivée à St-Ambroix, le nouveau curé qui avait reconstruit l’église de Bordézac et avait restauré celle de Notre-Dame de Laval, remarqua l’insuffisance et le peu de contenance de l’église de 1674, et tourna son attention et ses efforts du côté d’une totale reconstruction plus spacieuse et plus artistique et il y travailla 25 ans avec des alternatives d’espoirs déçus et d’encouragements peu effectifs.
Les fêtes du jubilé sacerdotal du bon curé, célébrées le 17 octobre 1893, sous la présidence de
Mgr Gilly, fit entrer la question dans une période active.  
M. l’architecte
Révoil qui depuis longtemps déjà, avait préparé des plans, éleva un vrai monument sur l’emplacement de l’église ancienne et sur des terrains achetés dans ce but, en conservant comme chapelle latérale le vieux sanctuaire.
Ce nouvel édifice fut consacré par
Mgr Béguinot, le 5 décembre 1896.   A la mort de M. André, arrivée en 1906, M. Marie-Augustin Romestan, alors curé de Montfrin, lui succède.« 

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