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Salindres

Rédaction : Geneviève Padovani

SALINDRES

Eugène Germer-Durand : « Dictionnaire topographique du département du Gard » - 1868

« Salindres, canton d’Alais – Villa de Salindris, 1121 (Gall. Christ. t.VI,  instr.col.304). – Locus de Salindris, 1384 (dén. de la sénéch.). – Prioratus de Salindris, 1470 (Sauveur André, not. d’Uzès). – La communauté de Salindres, 1552 (arch. départ. C.793). – Le prieuré de Sallindres, 1620 (insin. Eccl ; du dioc. d’Uzès). Salindres faisait partie, avant 1790, de la viguerie et du diocèse d’Uzès, doyenné de Navacelle.
Ce lieu ne se composait que d’un feu en 1384. 
On remarque sur le territoire de cette commune une vieille tour attenant à une enceinte, restes d’un château.
Armoiries de Salindres :
d’or, à une fasce losangée d’or et de gueules. »   

«Becmil,  château ruiné, commune de Salindres. – Villa de Becmil, 1211 (Gall. Christ. t.VI,304 ; E. G.-D. :  Prieuré de Saint-Nicolas de Camp, p.54).   

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Abbé Etienne Goiffon : « Les paroisses de l’archiprêté d’Alais » édité en 1916

« Salindres. – Villa de Salindris, en 1211 (diplôme de Philippe-Auguste), – Locus de Salindris, en 1384 (dénombr. sénéchaussée),
est une paroisse du doyenné de Saint-Jean d’Alais, succursale érigée par décret du 17 prairial an XIII (6 juin 1805).   Cette paroisse a un vicariat décrété.
Elle comprend une population de 1972 catholiques et 79 protestants.
Avant la Révolution, Salindres appartenait au diocèse d’Uzès ; c’était un prieuré-cure du titre de Saint-André, dans le doyenné de Navacelles.

Ce village portait : d’or, à une fasce losangée d’or et de gueules.
Salindres
paraît pour la première fois dans les monuments historiques en 1211.
C’est un des lieux dont la possession fut assurée à l’évêque d’Uzès par un diplôme du roi de France, Philippe II ; aussi voyons-nous, en 1327,
Raymond Pelet, seigneur d’Alais, faire hommage à Guillaume Mandagout, évêque d’Uzès, pour tout ce qu’il possédait dans cette paroisse.
Le même diplôme assura aux évêques d’Uzès,
le château de Becmil (Bastida de Becmil) dont on voit encore les restes dans le territoire de Salindres.
Ce château fut le manoir patrimonial de l’évêque d’Uzès pour de Becmil, sous l’épiscopat duquel fut commencé la construction du pont de Saint-Nicolas sur le Gardon.  

Salindres a eu pour prieur, en 1333, Guillaume Rabot.  En 1470, Antoine de l’Arbre qui assista au synode diocésain tenu le 18 octobre de cette année.   
En 1629,
lorsque Louis XIII allait faire le siège d’alais, il fit camper son armée aux environs de Salindres et s’établit lui-même au château qui appartenait alors au baron d’Alais.
Quoique celui-ci fut très bon catholique et que sa femme et ses filles professassent avec ferveur la religion romaine, il avait un fils de 20 ans qui avait embrassé le calvinisme.  
Rohan
qui avait séduit ce jeune seigneur l’avait établi gouverneur d’Alais. A l’approche du roi, la baronne d’Alais craignant que la colère de Louis XIII ne s’appesantit sur son fils, l’allat trouver et en obtint la promesse qu’il se soumettrait aussitôt que Rohan qui était pour lors à Anduze se serait éloigné. Mais le duc de Rohan fut averti de cette promesse : il revint à Alais le 8 juin et jeta le jeune baron en prison et l’emmena avec lui, après avoir établi Mirabel gouverneur d’Alais et avoir chassé tous les catholiques de la ville. Le blocus d’Alais commença le 9 juin et la ville se rendit le 16.    

1640-1642, Delmas prieur.
22 novembre 1643 à 1648,
 Mestre Symar.
1644-1645, Pagès.
1645, Pyordi.  
1649,
Vacanse.  
22 septembre 1652 à 1654,
 Martin, prieur.   
Du 25 octobre 1654 au 22 août 1689,
 François Dussol
 possédait le prieuré de Salindres.    
En 1689,
le bénéfice appartenait à
Antoine Cazes, sous l’administration duquel les Camisards exercèrent de nombreux ravages dans la paroisse et dans le territoire.    
Le 16 février 1703, les Camisards
brûlèrent à Salindres l’église et 27 maisons ; un enfant de six ans fut tué et neuf habitants furent égorgés. L’un d’entre eux périt dans un supplice affreux ; on lui fendit le ventre, on lui arracha les boyaux dont les misérables assassins firent une horrible ceinture à sa femme.
Les autres habitants du village se réfugièrent dans une tour voisine et lorsqu’ils furent arrivés sur la voûte, ils retirèrent après eux l’échelle qui leur avait servi pour y monter. Les rebelles ne pouvant les atteindre, essayèrent de les enfumer au moyen d’un feu qu’ils allumèrent dans l’intérieur de la salle basset et autour des murs. Les pauvres Salindrois auraient été étouffés s’ils n’avaient eu dans la salle haute un soupirail pour leur donner de l’air. Ces détails sont consignés dans les relations de  
Labeaume et de Louvreleuil.   

Au mois de mars suivant, les environs de Salindres furent le théâtre d’un grand combat dans lequel le Camisard Rolland détruisit 900 hommes des troupes royales commandées par le général de La Lande. Les Camisards reparurent à Salindres, en octobre 1703 ; les habitants purent s’enfuir, mais tout leur bétail fut tué.

      
Le 18 octobre 1718, le prieur
Antoine Cazes, se réservant une pension annuelle et viagère de 300 livres, permuta en Cour de Rome avec Raymond Cazes, prieur de Monteils.
Antoine Cazes
mourut en 1723 et
Raymond Cazes posséda jusqu’en novembre 1728, époque de sa mort, aidé en 1724-1728, par Anna, procuré.
A celui-ci succéda
Brès avec le titre de curé commis jusqu’au 3 mai 1729, époque où le prieur Vidal prit possession ; Vidal mourut le 5 septembre 1749 et fut enterré à Alais.   
Dès 1744,
François Taillant, prêtre de Codolet, neveu de Brydaine, son héritier, et auparavant curé de Russan, était prieur de Salindres. Le 31 décembre 1780, se réservant sur le bénéfice une pension annuelle et viagère de 1.200 livres, il résigna en Cour de Rome en faveur de Joseph-Henri Méric, prêtre de Chusclan, alors vicaire de Tresque et procuré de Saint-Loup.
Un acte épiscopal du 18 février 1781 lui donna le titre de procuré de Salindres, en attendant l’arrivée de ses provisions de Rome. Méric prit possession définitive le 11 juin 1781.  
Il ne voulut prêter qu’un serment conditionnel à la Constitution civile du clergé, aussi fut-il remplacé, le 5 juin 1791, par
Rousset, vicaire-jureur d’Anduze. Méric se retira d’abord dans son pays natal, et plus tard il s’embarqua dans le port d’Aigues-Mortes pour l’Italie sur la tartane le Saint-Théotiste, capitaine Pierre Perben (d’Agde) le 21 septembre 1792 et fut porté sur la liste officielle des émigrés le 4 ventose an II (23 février 1794).
Il rentra en France en 1797 et reparut un moment à Salindres d’où la persécution l’éloigna l’année d’après. Lorsque le Concordat eut rendu la paix à l’Eglise, Méric fut chargé de la cure de Laval d’où, sur sa demande, il fut transféré à Codolet.
Le constitutionnel
Rousset fut bientôt remplacé par Joseph Roure (de Génolhac) qui avait été vicaire constitutionnel à Nîmes, dans la paroisse de Saint-Denis ; il renonça à sa profession et à tout culte public pour ne reconnaître que celui de la Raison, le 17 Germinal an II (6 avril 1794). Il reprit ses fonctions en 1799 dans le département du Vaucluse et les quitta de nouveau l’année d’après.
En janvier 1802,  il accepta la charge d’instituteur à Chamborigaud.   

Le premier curé au titre de Salindres après la Révolution, fut Mathieu Gévaudan qui reprit en 1804 son ancienne cure de Laval.   
1er Fructidor an XIII
(20 août 1805),
Jacques Etienne Ribot, né le 24 janvier 1766 ; alors vicaire de Salindres depuis 1801, fut nommé en remplacement d’André Sylvain nommé le 21 messidor an XIII (11 juillet 1805), mais qui n’accepta pas pour cause d’infirmités.  
Le 15 août 1809,
Claude Treille, né le 31 mars 1766, fut appelé à la cure de Salindres, mais il ne s’y rendit pas et sortit du diocèse.   
1er novembre 1809,
Joseph-François Blanc, né le 19 juillet 1762, mourut le 2 mars 1820.   
18 octobre 1820,
Joseph Mirandol, né le 19 mars 1786, jusqu’en 1822, puis vacance.  
15 octobre 1823,
Charles de Vissac,
né le 19 novembre 1793 ; il passa à Aujac.   
15 avril 1838,
Maurice Séverin Jeanjean, né le 5 février 1797 ; c’est sous son administration que la paroisse de Salindres a construit son église et son cimetière actuel.
Le cimetière fut acheté en 1845
et bénit l’année suivante.
Dès 1849, sur la demande de l’évêque de Nîmes,
Mgr Cart, le conseil municipal vota en principe la translation de l’église paroissiale mais déclara que les fonds lui manquaient pour entreprendre une reconstruction ; il promit cependant que si la Fabrique venait au secours de la commune, celle-ci voterait une somme importante et provoquerait une subvention du Gouvernement.
Pour faciliter la conclusion de l’affaire,
M. Paulin de Cambis offrit à la Fabrique :
1°- une somme de 3.000 francs provenant d’un dépôt fait entre ses mains par les parents de l’ancien prieur Taillant ;
2°- une somme de 6.000 francs à condition que la Fabrique ferait annuellement célébrer un service funèbre pour le prieur Taillant, au jour anniversaire de sa mort et un pareil service funèbre pour la famille de Cambis à dater du 12 mars 1850, jour du décès de la mère du donateur.
A l’unanimité le Conseil de Fabrique accepta avec reconnaissance l’offre et les conditions de M. de Cambis et décida que la somme totale de 9.000 francs serait versée dans la caisse municipale à titre de subvention pour la construction de la nouvelle église.
Cette somme de 9.000 fr. fut en effet versée l’année suivante ; mais, afin d’assurer la fondation des deux services funèbres, M. de Cambis, par acte du 29 juillet 1851, la subdivisa et donna 8.500 fr. sans condition et 500 fr. pour la fondation.
Les travaux furent aussitôt entrepris et le dimanche 6 avril 1856,
Mgr Plantier bénit lui-même le nouvel édifice.  M. de Cambis attacha encore son nom à la fin des travaux ; la commune se trouvant dans la gêne pour en solder le prix, M. de Cambis offrit d’acheter la nef ancienne à dire d’experts et d’ajouter à leur estimation une somme de 1.000 fr. ce que le Conseil Municipal accepta plein de reconnaissance.  

Quelques temps après la bénédiction de l’église le 6 janvier 1858, l’évêque de Nîmes reçut une pétition signée par divers chefs de famille appartenant à la paroisse de Rousson, demandant leur annexion à celle de Salindres.
Les signataires tous fort rapprochés de Salindres, faisaient valoir
 :
1° – leur éloignement de l’église de Rousson dont ils étaient les uns à quatre, les autres à six kilomètres avec ces circonstances qu’ils avaient plusieurs ruisseaux à traverser et une montagne à gravir ;
2° – l’exiguité de l’église et du cimetière de Rousson ;
3° – l’impossibilité de faire donner à Rousson l’instruction religieuse à leurs enfants, inconvénients qui disparaîtraient tous par leur annexion à la paroisse de Salindres.

Une enquête fut aussitôt ordonnée par l’autorité diocésaine et une ordonnance épiscopale du 29 juin 1858 accorda l’objet de la demande et étendit les limites de la paroisse de Salindres jusqu’au chemin de grande communication n° 16 d’Alais à Barjac.    

M. Jeanjean se retira en 1859, ses infirmités ne lui permettant plus de se livrer aux fonctions du Saint Ministère ; il mourut le 20 mars 1862. 
15 février 1859,
M. Charles Badaroux, né le 8 novembre 1827, auparavant chapelain de Tamaris. Il obtint de Mgr Plantier, le 19 mars 1866, l’éréction canonique d’une ancienne confrérie du Saint-Sacrement dont il fixa les réunions au premier dimanche du mois pour les hommes et au troisième dimanche du mois pour les femmes.
Aidé de la munificence de M. de Cambis et de la générosité de l’ancien curé Jeanjean, il décora son église de peintures d’un goût assez pur et d’une boiserie simple mais convenable et il pourvut sa sacristie d’ornements nombreux ; c’est ce que constate le procès-verbal de la visite que Mgr Plantier  fit à la paroisse le 13 mai 1866.   Dans cette circonstance, il fut fait à l’évêque une réception digne de lui et de la piété de la population. 
M. Badaroux
eut aussi une part active dans une fondation dont la famille de Cambis a doté Salindres, mettant ainsi le comble aux nombreux bienfaits dont elle ne cesse d’enrichir la population.
Nous voulons parler de l’hospice tenu par les Sœurs de Saint-Vincent de Paul.
Le traité conclu le 30 mai 1870,
 entre M. l’abbé de Cambis, prêtre de Saint-Sulpice et Melle de cambis d’une part, et les sœurs de Saint-Vincent de Paul de l’autre , porte que la maison de charité de Salindres aura trois sœurs qui seront chargées d’une pharmacie, d’un orphelinat et de la visite des pauvres à domicile, mais qu’elles ne pourront se livrer aux œuvres qui sont déjà entres les mains des sœurs de Besançon. Ces œuvres sont la salle d’asile, l’école des filles et l’ouvroir pour les filles plus âgées qui ne fréquentent plus les classes.
M. Badaroux
ayant été transféré à la cure de Saint-Hipplyte,
la paroisse de Salindres fut confiée, le 15 juin 1870, à
M. Félix Alibert, auparavant curé de Saint-Laurent le Minier. Celui-ci fut transféré à la cure de la Grand’Combe
et remplacé à Salindres le 1er juillet 1875, par
M. Pierre-Thomas Barral, alors curé de Vers.
Deux mois après son installation, le nouveau curé eut à subir la plus grande douleur qui puisse affliger le cœur d’un prêtre ; un horrible sacrilège qui eut un long retentissement dans tout le diocèse de Nîmes fut commis dans l’église de Salindres.
Dans la nuit du 8 au 9 septembre 1875, des malfaiteurs s’introduisirent dans l’église, ouvrirent le tabernacle et s’emparèrent d’un certain nombre d’hosties consacrées ; puis pénétrant dans la sacristie, ils brisèrent les vases sacrés et allumèrent un incendie qui dévora tous les ornements, les armoires et les linges, jetant au milieu des flammes les débris des calices, de l’ostensoir et d’un ciboire.
L’intensité des flammes fut telle que tous ces objets furent fondus, ainsi que divers objets en verre ; c’est à peine si on retrouva dans les cendres quelques débris déformés. Le vol n’avait pas été le mobile du crime. L’intention d’une affreuse profanation était évidente ; aussi l’autorité diocésaine crut devoir ordonner une cérémonie expiatoire dans toutes les paroisses et toutes les communautés religieuses.   

M. Barral
ayant été transféré à la cure de Saint-Jean-du-Gard,
eut pour successeur, le 28 octobre 1882,
M. Ferdinand-Henri Etienne, auparavant curé de Vallabrègues ; celui-ci devint curé de Sumène
et fut remplacé, le 6 mai 1887, par
M. Ferdinand-Jérôme-Gaspard Mourier, alors curé de Pujault. »

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 A NOTER  : un site d’anciennes photos sur Salindres :site internet

 

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