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St-Julien-Les-Rosiers

Rédaction : Geneviève Padovani

SAINT-JULIEN-LES-ROSIERS

Eugène Germer-Durand : « Dictionnaire topographique du département du Gard » - 1868

« Saint-Julien-de-Valgalgue, canton d’Alais. – Ecclesia de sancto-Juliano de Vallegualga, 1314 (Rotul. Eccl. arch.munic. Nîmes). – Parrochia Santi-Juliani de Vallegalga, 1345 (cart. de la seign. d’Alais, f°33). – Locus de Sancto-Juliano Vallis-Galgue, 1384 (dénombr. De la sénéch.). – Saint-Julien-de-Valagalgue, 1633 (arch. départ. C.1290). – Saint-Julien-de-Valgalgne, 1692 (armor. de Nîmes). – Julien-les-Mines, 1793 (arch. départ. L.393).     
Saint-Julien-de-Valgalgue
faisait partie de la viguerie d’Alais et du diocèse d’Uzès, doyenné de Navacelle.
Ce lieu ne se composait, en 1384, que d’un feu et demi.
Le prieuré de saint-Julien-de-Valgalgue était à la collation de l’évêque d’Uzès et à la présentation de l’abbé de Cendras.
C’est sur le territoire de cette commune que se trouvait l’ancienne abbaye de femmes de
Notre-Dame-des-Fonts.  Saint-Julien-de-Valgalgue avait pour armoiries : d’azur, à une fasce losangée d’argent et de sable. »

 

« Notre-Dame-des-Fonts, monastère ruiné, commune de Saint-Julien-de-Valgalgue. – Monasterium Beatae-Mariae de Fontibus prope Alestum, 1462 (reg.-cop. De lettre royale. E, v). – Le monastère de Nostre-Dame des Fonts lez Alès, 1536 (Quitt. Orig. En ma possession). – Notre-Dame-des-Fonts d’Alais, 1705 (arch. départ. C.932).
Cette abbaye de femmes, située au diocèse d’Uzès, fut transportée dès le XIVe siècle à Alais. On lui annexa bientôt l’abbaye de Sainte-claire d’Alais, et elle devint l’abbaye royale de Saint-Bernard et Sainte-Claire d’Alais (ins. Eccl. du dioc. de Nîmes, 1660). – Cf. Rech. Hist. Sur Alais, p.245. »

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Abbé Etienne Goiffon : « Les paroisses de l’archiprêté d’Alais » édité en 1916

« Saint-Julien de Valgalgue, Ecclesia de Sancto Juliano de Vallegualga, dans une pièce de 1314, Loms de Sancto Juliano Vallis-Galgues, en 1384 (dénombr. De la sénéch.), Julien les Mines, en 1793 une paroisse du doyenné de Saint-Jean d’Alais dont la succursale a été érigée par ordonnance royale du 16 mars 1820.
La population de Saint-Julien qui n’était que de 400 âmes au commencement de ce siècle, a subi une fort grande augmentation, à cause de l’exploitation des minerais de fer qui se trouvent dansd le territoire ; elle s’élève aujourd’hui à 924 catholiques et 27 protestants.
Avant la Révolution, Saint-Julien était une paroisse de l’ancien diocèse d’Uzès et du doyenné de Navacelles dont le patron était
 Saint-Julien de Brioude, martyrisé sous Dioclétien vers l’an 304 et dont la fête se célèbre le 28 août.  C’était un prieuré-cure à la collation de l’évêque d’Uzès sur la présentation de l’abbé de Cendras.    Son église remonte au XIe siècle ; elle est de style roman.
Les armoiries de ce village étaient :
d’azur à une fasce losangée d’argent et de sable.    
On remarque encore dans le territoire de Saint-Julien les restes d’une ancienne abbaye de femmes de l’ordre de Citeaux et du titre de
Saint-Bernard ; cette abbaye existait déjà en 1254, époque où elle reçut un legs d’Elzéar d’Uzès.  Le monastère de Saint-Julien fut délaissé au XIVe siècle ; les religieuses se transportèrent à Alais et s’y réunirent bientôt avec celles de l’abbaye de Sainte-Claire de cette ville et les deux communautés réunies formèrent dès lors l’abbaye royale de Saint-Bernard et de Sainte-Claire d’Alais.
Jusqu’à la Révolution, l’ancienne église de l’abbaye fut décemment entretenue ; on y célébrait la messe une fois par an, le jour de l’Assomption de la Sainte Vierge, son vocable.   Depuis, elle a été vendue avec les propriétés environnantes et les mines de vitriol et couperose comme bien national, le 4 octobre 1791, pour le prix de 55.600 livres, à Charles Michel fils, négociant à Nîmes ; elle sert aujourd’hui de grange.

La plus ancienne pièce concernant Saint-Julien est un acte de 1327 par lequel Raymond Pelet, seigneur d’Alais, fit hommage à Guillaume de Mandagout, évêque d’Uzès, pour ce qu’il avait dans la paroisse et en d’autres lieux.

Notre liste des prieurs de Saint-Julien s’ouvre par Blaise Redortier qui prit possession le 24 juin 1561 ; nous ignorons s’il eut un successeur immédiat, mais nous savons que les usurpations des calvinistes produisirent une longue vacance dans le prieuré.   Cette vacance prit fin le 12 juillet 1656, par l’installation de René de Bruyes.
En 1682, le prieuré appartenait à
Charles Carnot ;
plus tard, en 1697,
Jean Martin le possédait. Pendant son administration, les environs de Saint-Julien furent ravagés par diverses bandes camisardes ; l’une d’entre elles qui était commandée par le nommé Saint-Jean s’empara, au mois de février 1703, d’un jeune homme catholique de Saint-Julien, traîna quelques temps à sa suite et le condamna à être égorgé sur le grand chemin de Vézénobres ; au premier coup qu’il reçut, le jeune homme se mit à invoquer la mère de Dieu. Les fanatiques voulant alors le faire plus longtemps souffrir, en haine de la foi catholique, eurent soin de ne le percer avec un poignard qu’aux endroits où les blessures n’étaient pas mortelles.    
Martin
, se réservant sur les revenus du bénéfice une pension annuelle et viagère de 100 livres, résigna en cour de Rome en faveur de Pierre Michel, curé de Robiac, qui prit possession le 12 janvier 1711. Après plus de 26 ans d’administration, Michel se trouvant malade, résigna en cour de Rome par acte du 24 juin 1737, sous réserve d’une pension annuelle et viagère de 400 livres.
Son résignataire
Jean-Louis d’Ernault, clerc tonsuré du diocèse de Viviers, prit possession le 3 octobre 1737 et en attendant le moment de son ordination à la prêtrise, il se fit suppléer par des procurés dont l’un Jean Pagès passa à Portes en 1740, lorsque d’Ernault vint prendre le gouvernement de sa paroisse. Il y resta peu : saisi d’une maladie mortelle, il résigna le 18 octobre 1745 en faveur de Raymond Maliges, prieur de Saint-Florent ; mais d’Ernault étant mort avant que son acte eût pu produire son effet, l’évêque nomma prieur de Saint-Julien, Jean Sirven, maître es-arts et curé de Cardet qui prit possession le 27 octobre 1745.
Sirven jouit du bénéfice environ 36 ans ; le 11 janvier 1781, se réservant une pension annuelle et viagère de 450 livres, il résigna en cour de Rome en faveur de Jean-Joseph Murjas, né le 14 février 1751, alors vicaire de Saint-Paulet de Caisson, qui prit possession le 5 avril 1781.
M. Murjas
refusa le serment schismatique de 1791 et ne voulut prêter qu’un serment restrictif qui fut considéré comme nul ; il était encore à Saint-Julien lorsqu’il reçut l’ordre de lire les lettres d’installation de l’évêque intrus du Gard ; comme curé, il refusa de faire cette lecture en chaire, mais comme procureur de la commune, il lut, sur la place publique, quelques passages de l’instruction de Dumouchel. Bientôt après, il dût s’éloigner de sa paroisse et s’exiler en Italie ; il s’embarqua à Aiguesmortes, le 21 septembre 1792, sur la tartane le Saint-Théotiste, capitaine Pierre Perben (d’Agde) ; nous le trouvons inscrit sur la liste officielle des émigrés à la date du 12 pluviose an II (31 janvier 1794).
L’église fut alors pillée, et on brûla sur la place publique les ornements et les registres du prieuré ; on ne sauva qu’un missel donné par la dernière abbesse des Fonts qu’on conserve encore soigneusement. »

 

 

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