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Généralités sur l’agriculture

Rédacteurs : Edmée Fache – Pierre Mazodier

 

Economie traditionnelle agricole

A Saint-Florent, l’agriculture pratiquée sur des terres arides aux surfaces cultivables limitées, rapporte peu. L’élevage complète une polyculture de céréales (blé, seigle, méteil, orge, avoine) et de légumes secs (haricots, pois chiches), éléments importants de l’alimentation.

Le châtaignier est omniprésent car son fruit constitue longtemps le pilier de l’alimentation, tant frais (de la récolte à Noël) que séché dans la fumée de la clèda (claie) où on entretient le feu pendant plusieurs semaines. La vigne, cultivée sur les faïssas (terrasses) bien exposées, donne un peu de vin de faible degré, bu par le paysan les années prospères et vendu ou échangé si nécessaire. L’olivier planté sur les terres bien ensoleillées donne une huile excellente.

Une autre culture est particulièrement prisée à Saint-Florent pour le revenu qu’elle génère : celle du mûrier dont les feuilles nourrissent l’avide ver à soie. Pendant plusieurs semaines, les petites bêtes donnent un travail harassant, devenant de plus en plus voraces en grandissant. Mais le jeu en vaut la chandelle car les cocons sont vendus pour être dévidés dans les filatures… Olivier de Serres, un ardéchois, introduit la culture du mûrier en Cévennes que le jardinier Troubat développe. A partir du 17è siècle, presque tous les mas gagnent un étage et installent une magnanerie pour y élever des vers à soie.

Toutefois, l’implantation de l’élevage du ver à soie comme le travail du fer (extraction du minerai, métallurgie, ateliers de cloutiers) ne remplace pas l’agriculture. La préoccupation première des populations sous l’Ancien-Régime demeure la mise en valeur des terres pour la nourriture de la famille.

Jusqu’aux années 1930, aux moments des gros travaux (labours, foins, moisson, vendange…),  la journée de travail agricole dure 12 ou 13 heures, entrecoupées des trois repas. L’ouverture des mines apporte un revenu fixe,  relativement décent, aux paysans les plus pauvres, généralement propriétaires des terres marginales.

Les gelées de printemps et les orages de grêle en été peuvent causer de graves dégâts aux cultures. En hiver, les chutes de neige peuvent être abondantes. Les archives municipales de St-Florent gardent mémoire de plusieurs hivers particulièrement rigoureux. Ainsi, l’hiver 1709-1710 a anéanti les châtaigniers, les oliviers et la vigne. Pendant l’hiver 1788-1789, les oliviers ont  gelé, le bétail et les abeilles sont morts de froid. L’hiver 1956-1957 a détruit l’oliveraie.

 

Sources écrites :

  • La vallée de l’Auzonnet – Gérard – Massy, 2002
  • Le Martinet et la vallée de l’Auzonnet à travers les âges – Alphonse ALBOUY – Editions Notre-Dame – Nîmes, 1957
  • La vallée de l’Auzonnet – Gérard Delmas – Massy,2002
  • * Vivre en Cévennes, hier, aujourd’hui, demain…? – Pierre Mazodier – in Le Saint-Florentin, bulletin municipal, juillet-août 2004

Terrasses agricoles

« Dans les lieux les plus escarpés, des murs nombreux, tous en pierres sèches, diminuent les pentes, soutiennent les terres et par conséquent les arbres. leur hauteur et leur longeur dépendent de la situation des lieux et de la quantité de terre qu’ils doivent supporter. L’agriculteur cévenol prend souvent la peine d’en transporter sur ses épaules pour remplir ses terrasses ; il en remonte du bas de la montagne pour remplacer celle que les torrents lui enlèvent. Dans quelques endroits, les murs sont si multipliés, qu’ils forment un amphithéâtre de terrasses horizontales appelées faïsses. Des pierres saillantes forment des escaliers pour aller de l’une à l’autre. C’est là que sont les vignes, les plantations de mûriers, le peu de seigle et les jardins des Cévenols.

Dans les montagnes couvertes de châtaigniers, des valats (tranchées) sont creusés de distance en distance pour recevoir les eaux du ciel et les diriger vers les ravins. Après quelques instants de pluie, ces valats, remplis de celle qui tombe dans les intervalles qui les séparent, coulent les uns à droite, les autres à gauche sur les croupes des montagnes, et formeraient dans toutes les gorges des torrents impétueux si le Cévenol ne savait rendre leur cours moins rapide.

Après avoir empêché les eaux de creuser des sillons profonds en les recevant dans des valats qu’il a soin d’entretenir nettoyés, il les retient par des rascassos (pierrées) dans les ravins ; les eaux y déposent la terre qu’elles charrient et forment des étages plans qu’elles arrosent, au lieu de se précipiter du haut de la montagne et de la décherger jusqu’au roc, comme cela arriverait sans ces réparations. (…) Dans les pays granitiques, on y emploie les plus gros blocs qu’on peut rouler ; dans les pays schisteux, où l’on n’a que des pierres plates, on les arrange de champ et on sait très bien les claver les unes aux autres ; la poussée et le poids les serrrent de plus en plus.

Quels que soient les matériaux qu’on emploie, on appuie toujours les deux extrémités du mur sur les rochers des bords du ravin, et l’on tâche aussi de le fonder sur le roc ou, lorsque cela n’est pas possible, on place au fond et en avant de larges pierres pour recevoir la cascade et l’empêcher de creuser… »

source : recueil de physique, météorologie, agriculture et histoire naturelle – Louis-Augustin D’Hombre-Firmas – Editions Balivet et Fabre – Nîmes 1851.

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