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Généralités sur l’élevage

Rédactrice : Edmée Fache

Les paysans cévenols élèvent habituellement quelques têtes de bétail et des volailles. Agriculture et élevage ne font pas toujours bon ménage du fait des dégradations causées par les animaux et de la concurrence entre parcelles cultivées et pâtures à herbe.

L’élevage procure des produits alimentaires (viandes, laitages, fromages), de la fumure, des matières premières pour l’industrie du vêtement (laine, cuir) et des produits manufacturés (parchemins, corne). Les moines améliorent les races de bétail élevé par des croisements et des sélections.

Le bétail, regroupé en troupeaux, est amené paître dans parties réservées à cet effet. Dès que la surveillance se relâche, les chèvres et les moutons ont une grande propension à divaguer quand la nourriture se fait rare. En été, ceux qui ne partent pas en estive en montagne consomment l’herbe disponible sur place, privant de nourriture les autres troupeaux à leur retour d’estive.

Sous l’Ancien régime, les revendications des paysans à l’autorité administrative concernent souvent les règlementations tatillonnes encadrant l’élevage afin de préserver les cultures et de protéger les forêts. Elles visent aussi à interdire aux troupeaux « étrangers » de se nourrir sans autorisation sur le territoire d’une communauté.

En 1725, apparaissent en Languedoc des pénuries de bois pour le chauffage des populations urbaines et la construction navale. L’Intendant ordonne la disparition totale des troupeaux de chèvres, mesure qui ne sera pas appliquée.

Le commerce des animaux est également règlementé. Bêtes de somme polyvalente, mules et mulets constituent le principal instrument de travail du paysan cévenol. Du fait de la configuration du terrain, les bœufs de trait sont rarement employés pour le labour. L’achat d’une bête de somme est un investissement important pour le paysan, il se réalise devant notaire qui se porte garant en cas de vices cachés. Le règlement est généralement fragmenté : une part à l’achat et le reste à la Saint Barthélémy (24 août), après les récoltes de céréales. Au XVIIIe siècle, les maquignons qui fréquentent les foires de la région (St-Ambroix, St-Jean…) sont souvent juifs.

Le paysan dispose de peu de bêtes de somme pour l’aider dans le travail de la terre toutefois, pendant des siècles, l’élevage complète le revenu et la production des paysans

En 1789, St-Jean compte 9 chevaux, 2 juments, 37 mules et 4 mulets, 4.420 moutons, 150 porcs, 25 chèvres, 1.000 volailles…. St-Florent produit 800 kg de laine quand St-Jean en produit 1.000 kg, la laine est cardée pour les besoins locaux. Sur tout le canton de St-Ambroix, on ne trouve qu’un seul cheval de luxe. En 1791, on recense à St-Florent 2 chevaux, 11 ânes, 22 mulets, 2 bœufs et 6 vaches sur l’ensemble de la commune. Le recensement de 1791 fait état de 298 moutons, 915 brebis, 273 agneaux et 173 chèvres dans la commune de Saint-Florent.

Les moutons sont élevés pour la viande (agneaux) et la laine. Les chèvres sont élevées pour le lait qui donnent les fameux «pélardons» et pour la viande chevreaux). Toutes les familles élèvent au moins un cochon pour la viande et les charcuteries. Enfin, la basse-cour fournit volailles et lapins.

Les paysans possèdent aussi des ruches, traditionnellement installées dans des troncs de châtaigniers recouverts d’une lauze (pierre plate). Ils les installent sur les failles hautes, exposées au sud. Les abeillesassurent la pollinisation des cultures et produisent du miel pour la consommation familiale.

Sources écrites :

  • La vallée de l’Auzonnet – Gérard – Massy, 2002
  • Le Martinet et la vallée de l’Auzonnet à travers les âges – Alphonse ALBOUY – Editions Notre-Dame – Nîmes, 1957

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