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La Région aux 17e et 18e siècles

Rédaction  :  Pierre Mazodier

Catholicisme, Réforme, Guerre des Camisards :

Jusqu’en 1921, le Martinet et Saint-Florent appartiennent à la même communauté puis la même commune et leur histoire se confondent.

Profondément catholiques, les habitants de Portes, Saint-Florent et Saint-Jean de Valériscle, le restent malgré la Réforme. Seuls comptent quelques protestants les hameaux des Mages, de Larnac, de Melhen, du Moinas et de Couze, tous dépendants de Saint-Jean de Valériscle. Il faut voir là l’influence de la puissante famille des Budos de Portes, installée là au 14è siècle grâce à sa parenté avec un pape d’Avignon. La chasse impitoyable qu’elle livre aux protestants permet aux Budos de gravir les échelons de la féodalité, de baron à marquis. La Réforme ayant gagné les Cévennes et le Gard, Louis XIV entreprend l’offensive contre « la Religion Prétendument Réformée », usant de séduction et de mesures coercitives : dragonnades, envoi aux galères, « Grand brûlement des Cévennes »… Beaucoup de protestants, notamment les pasteurs, n’ont la vie sauve qu’en s’exilant. A partir de 1702, surgit l’insurrection cévenole appelée « Guerre des Camisards », commencée par des coups de main isolés et poursuivie sous forme de guérilla intensive jusqu’en 1705. Il en résulte l’incendie d’églises et de châteaux, l’assassinat de prêtres et de catholiques… Près de Saint-Florent, les exactions se multiplient aux Fumades, à la Bégüde d’Auzon, à Rousson… Des prêtres fuient.

En janvier 1703, des paroissiens de Saint Jean, Robiac, Rousson, Saint-Julien de Valgalgue se réfugient à Saint-Florent. Les attaques de Génolhac et Chamborigaud déclenchent un réflexe d’autodéfense chez les catholiques. Des milices se constituent à Chamborigaud, Sénéchas, Ponteils, Concoules…, dans ces localités encore à ce jour majoritairement catholiques. La communauté de Saint-Florent ne tarde pas à rejoindre le mouvement. Ses habitants s’y illustrent tant que l’ensemble des insurgés catholiques prend le nom de « Florentins », après Cadets de la Croix ou Camisards blancs. On parle aussi bien des « Florentins du Pradel » que des « Florentins de la Salle ». Menées par les plus violents, les milices attaquent les villages protestants, détruisent les maisons et massacrent les habitants, glissant peu à peu vers le banditisme ; cela émeut le pouvoir. En 1704, la révolte camisarde s’essouffle. Les Florentins se distinguent encore en 1705. Le général La Lande, venu négocier avec le chef camisard Cavalier, s’émeut lui aussi. Peu à peu, les choses se calment mais la région a traversé l’un des pires épisodes de son histoire. Les conditions de vie sont difficiles et les intempéries compliquent davantage la situation : été 1788 particulièrement sec, effroyables inondations en septembre 1788 suivies d’un hiver extrêmement rigoureux où les températures descendent jusqu’à -19 degrés à Saint-Florent.

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