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La Région de la Révolution au 19e S

Rédaction  :  Edmée Fache

La Révolution

Jusqu’en 1921, le Martinet et Saint-Florent appartiennent à la même communauté puis la même commune et leur histoire se confondent.

La population de la vallée de l’Auzonnet, en grande majorité catholique, garde dans sa mémoire collective les faits liés à la Guerre des Camisards, certains exagérés et déformés. La Révolution advient dans ce contexte. Tout d’abord, sont rédigés les cahiers de doléances. Les habitants de Saint-Florent demandent la suppression des fermiers généraux qualifiés de fainéants, celle des Etats généraux de la province, l’abolition de la milice,  la suppression des droits sur les peaux et les cuirs, la diminution de l’impôt sur le sel… Sous l’Ancien-régime, la communauté est dirigée par des consuls. En 1790, sont institués communes et cantons et Saint-Florent intègre le canton de Saint-Ambroix.  Les élections municipales se tiennent en 1791 ; elles désignent Antoine André, notable, aux fonctions de maire et Joseph Murjas et Augustin Sugier, anciens consuls, comme officiers municipaux.

Dans un premier temps, les habitants accueillent favorablement la Révolution qui n’inquiète que le clergé. En juillet 1790, Jean Espérandieu, prieur et curé de la paroisse, reste membre du Conseil municipal mais la « Constitution civile du clergé », promulguée le 24 août 1790, jette la majorité du clergé et des fidèles dans l’opposition. Les curés sont désormais élus. Considérés comme fonctionnaires, ils doivent prêter serment de fidélité. A Saint-Florent, Espérandieu et son vicaire Malignon prêtent serment avec des restrictions. Malgré l’élection d’un prêtre assermenté, ils continuent d’officier jusqu’en 1792. Le 27 mai 1792, l’Assemblée législative vote la déportation des curés insermentés alors que Saint-Florent accueille de nombreux prêtres réfractaires. Espérandieu et Malignon déclarent vouloir s’exiler mais se cachent, semble-t-il, dans le village. La Terreur porte la déchristianisation à son comble. Saint-Florent, débaptisé, devient Montmajard, Saint-Ambroix devient Pont-Cèze. La fin de la Terreur rétablit le culte et Saint-Florent retrouve son nom d’origine. Joseph Malignon devient curé en 1795.

  Au plan économique et financier, la population désapprouve aux premiers temps de la Révolution la création des assignats, gagés sur les biens réquisitionnés du clergé. En 1793, la convention fixe un plafond pour les prix et salaires ; cette loi impopulaire est peu respectée. La misère s’accroît, engendrant le brigandage. La levée en masse d’hommes pour partir à la guerre est décrétée en août 1793. S’ensuivent désertions et perquisitions à la recherche des déserteurs. Ainsi, peu à peu, les Florentins passent d’une neutralité peut-être bienveillante vis-à-vis de la Révolution à une hostilité affichée, hostilité tout même contenue au moment de la Terreur, lorsque la commune fait le gros dos en attendant que les évènements se passent.

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