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Forgerons

Rédaction  :  Geneviève Padovani

LES  MARTINETS

Le martinet était une petite forge utilisée au 12e S pour produire du fer à partir de la « myne cuite » fournie par les sites miniers, dont Palmesalade. Ce sont les moines cisterciens qui auraient inventé le « moulins à fer » actionné par l’énergie hydraulique, d’où son emplacement près des rivières.

En 1565, Achille BARDON donne l’inventaire d’un martinet : marteau ou « mal », enclume, tenailles, masses ou « clarjals », tenailles ou « gavaches », différentes pelles, petite fourche ou « cabret », cheville en fer ou « vergeline », petite pièce en fer ou « molhon », soufflets ou « boulzes » généralement en cuir, grand tronc de fer ou « fiton », garnitures de forge ou « platons en fer »…..etc !

La « myne cuite » était à nouveau chauffée au « charbon de bois » dans un foyer activé par les « boulzes » et longuement martelée par un lourd « mal » (marteau) pour activer la réduction de l’oxyde de fer contenu dans le minerai, chasser les impuretés et homogénéiser la mase du métal.

Le marteau était actionné par l’eau de la rivière au moyen d’une roue munie de cames qui soulevaient et laissaient retomber le marteau à la cadence d’environ 100 coups par minute ! Le bruit assourdissant provoquait souvent la surdité chez les forgerons ou « fargiers ».

Le fer obtenu était ensuite mis en forme selon diverses utilisations : plaques, tiges, lingots…

Il y eut 3 martinets dans la vallée. Les deux premiers étaient au « plan de Crouzoul » (Le Martinet) et le 3ème à St-Jean-de-Valériscle, au quartier de Pomier.

Le martinet du Crouzoul est cité en 1304. On retrouve ces trois martinets cités plusieurs fois dans des documents jusqu’en 1629, date à laquelle ils auraient été détruits par l’incursion et l’occupation dévastatrices des troupes protestantes envoyées par le Duc de Rohan.

Les moulins étaient souvent couplés aux martinets par le biais de la même roue hydraulique qui pénétrait d’abord dans le martinet et continuait dans le moulin attenant pour actionner la meule. Si les martinets ont été dévastés en 1629, c’est certainement dans le but militaire de ruiner la fabrication d’armes. Les moulins ont par contre encore fonctionné, certains jusqu’au début du 20e siècle comme celui de Pomier.

Les martinets, ainsi que les moulins,  appartenaient aux familles nobles, tout au moins aux notables, qui les faisaient exploiter  par « arrentement » (gérance) à des « rentiers » (gérants) appelés « fargiers » (forgerons). De plus, ces martinets avaient le privilège de ne pas être soumis à la « taille » (impôt royal).

Sources écrites :

La vallée de l’Auzonnet – Gérard DELMAS – Massy, 2002

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