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St Florent en résumé

Rédacteur  :  Pierre Mazodier

 Présentation de Saint-Florent-sur-Auzonnet

Cadre géographique

Saint-Florent se situe dans la vallée de l’Auzonnet, petite rivière cévenole de 26kms de long, affluent de la Cèze.

Des montagnes de faible altitude (appelées ici serres) l’entourent : le Majard (544m) au sud-ouest et le Fautel (521m) au nord-est. L’altitude moyenne du village atteint 250m. L’autre versant du Majard appartient au bassin de l’Avène, affluent du Gardon d’Alès. A l’extrême nord de la commune, les eaux vont directement à la Cèze.

La majeure partie de la commune occupe des terrains calcaires de l’ère secondaire ; toutefois, à l’extrémité sud-est, l’Auzonnet traverse des terrains carbonifères de l’ère primaire avec grès, schistes et charbon. Bien sûr, autour de la rivière, se sont déposées des alluvions anciennes et récentes : limons, sables, gravier et galets.

Une végétation de type garrigue recouvre les terrains calcaires. Elle comprend une flore diversifiée : chênes verts, chênes blancs, buis, pistachiers, térébinthes, érables de Montpellier, genévriers, arbousiers ainsi que des espèces plus modestes, souvent très odoriférantes (thym, fragon-petit houx, aphyllantes de Montpellier, asperges sauvages, orchidées, sarriette, lavandes, cistes et les magnifiques pivoines sauvages).

Sur les terrains siliceux, le châtaignier si précieux a bien sûr été greffé aussi souvent que possible, supplantant chênes et autres arbres de la forêt primitive. Le développement de l’industrie minière introduit, hélas, le pin maritime utilise au boisage. Depuis l’arrêt de l’activité minière, cette espèce qui brûle si facilement a tendance à tout envahir !

Dans les sous-bois prospèrent bruyères, genets, fougères… Les forêts ont longtemps procuré à l’homme fruits et plantes : glands, buis, racines du genévrier oxycèdre (cade), arbouses, alises, asperges, prunelles et salades sauvages, plantes odoriférantes, plantes médicinales et aussi plusieurs variétés de champignons très appréciées des Cévenols. Beaucoup de ces fruits et plantes sont aujourd’hui oubliés, d’autres connaissent un regain d’intérêt.

Dans les bois couvrant les versants de la vallée de l’Auzonnet vivent maints animaux de petite taille : lapins, lièvres, blaireaux, renards ainsi que diverses espèces d’oiseaux et d’insectes. Des castors habitent au bord de l’Auzonnet, se nourrissant de jeunes saules et aulnes, à défaut de peupliers blancs. Longtemps chassé pour sa fourrure, le castor est aujourd’hui protégé. Les sangliers, espèce emblématique de la région, présentent un grand intérêt en tant que gibier. Leurs déprédations dans les jardins posent problème ! Depuis les années 1980, le sanglier est en pleine expansion en Cévennes du fait de l’extension des embroussaillements, de nourriture disponible (châtaignes, glands et faines), de lâchers avec recours à des animaux croisés, de périodes de chasse limitées, d’hivers moins rudes… Une gestion concertée des effectifs entend concilier les intérêts concernés (habitants, usagers de la route, agriculteurs, chasseurs…). »

Les habitants de la vallée ont toujours apprécié la chasse, qui complète l’alimentation. Il en va de même de la pêche, bien que la rivière soit aujourd’hui bien moins poissonneuse qu’autrefois.

Le néolithique :

Jusqu’en 1921, le Martinet et Saint-Florent appartiennent à la même communauté, puis à la même commune, et leur histoire se confondent.

Nos ancêtres du néolithique ont vraisemblablement occupé plusieurs emplacements dans la vallée.  Le plus remarquable des vestiges de cette époque est le dolmen de Trélys, près du col éponyme, autrefois appelé l’Ancise. Ce dolmen, daté de 3.000 ans avant Jésus-Christ, possède une imposante table de couverture : 3 mètres sur 2,60, épaisseur moyenne de 40 cm, poids actuel : 5 tonnes environ. Des grottes préhistoriques ont été mises au jour dans les années 1950, en bordure de l’Avène, près de Mercoirol. Des cupules ont été découvertes, creusées dans les dalles du rocher de Galhière, dans le serre de Rouvergue. Enfin, récemment, un dolmen aurait été répertorié près du col des Brousses.

 L’époque romaine 

S’il est acquis que les Romains se sont implantés la vallée de l’Auzonnet, les vestiges de cette époque sont rares, ainsi que les noms de lieux qui s’y rapportent. Lors de la démolition d’une construction ancienne, une pierre a été découverte portant une inscription que l’abbé Albouy a déchiffrée en : « n memorium dimini illuSaintris Waro nomine – obitus anno… », soit : « à la pieuse mémoire de l’illustre chef nommé Waro, décédé l’an… ». Cette pierre, encastrée au-dessus de la porte de l’ancienne gendarmerie du Martinet, a aujourd’hui disparu.

Moyen-Age et féodalité

Les documents concernant le Haut Moyen-Age sont extrêmement rares. Au 11è siècle, le Languedoc appartient à la mouvance des Comtes de Toulouse dont les possessions, suite à la tragique Croisade contre les Albigeois (13è siècle), sont mises sous tutelle du roi de France, représenté sur place par ses sénéchaux. La vallée de l’Auzonnet entre dans la Sénéchaussée de Beaucaire.

Vers l’an mil aurait été créé le prieuré de Saint-Florent, du nom d’un évêque de Strasbourg, dépendant de celui de Pont Saint-Esprit alors nommé Saint-Saturnin du Port. La première église du village aurait été bâtie au 12è siècle, à l’emplacement de l’église actuelle.

La seigneurie de Saint-Florent occupe approximativement le territoire actuel des communes de Saint-Florent et du Martinet. Elle appartenait à la famille Randon, coseigneurs de Naves, puis aux Grimoard de Beauvoir du Roure. Au début du 14è siècle, se crée la seigneurie de Crouzoul, appartenant à la famille Maistre, vendue en 1611 aux Despeisses.

Des recherches menées par Gérard Delmas, il ressort qu’un important castrum (ensemble féodal) aurait existé sur l’emplacement de l’actuel château de Crouzoul. Des vestiges viennent d’être découverts à l’occasion de la réhabilitation de cet édifice, qui semble totalement abandonné en 1400. La famille Despeisses a connu quelque notoriété puisqu’au 16è siècle, Jean Despeisses construit la citadelle de Mende et reconstruit la cathédrale de cette ville, endommagée par les troupes protestantes du Capitaine Merle.

Vers l’an 1600, Jean Despeisses édifie le joli château de la Plaine (Castel de la Plana), entre le Martinet et l’Affenadou.

Catholicisme, Réforme, Guerre des Camisards

Jusqu’en 1921, le Martinet et Saint-Florent appartiennent à la même communauté puis la même commune et leur histoire se confondent.

Profondément catholiques, les habitants de Portes, Saint-Florent et Saint-Jean de Valériscle, le restent malgré la Réforme. Seuls comptent quelques protestants les hameaux des Mages, de Larnac, de Melhen, du Moinas et de Couze, tous dépendants de Saint-Jean de Valériscle. Il faut voir là l’influence de la puissante famille des Budos de Portes, installée là au 14è siècle grâce à sa parenté avec un pape d’Avignon. La chasse impitoyable qu’elle livre aux protestants permet aux Budos de gravir les échelons de la féodalité, de baron à marquis. La Réforme ayant gagné les Cévennes et le Gard, Louis XIV entreprend l’offensive contre « la Religion Prétendument Réformée », usant de séduction et de mesures coercitives : dragonnades, envoi aux galères, « Grand brûlement des Cévennes »… Beaucoup de protestants, notamment les pasteurs, n’ont la vie sauve qu’en s’exilant. A partir de 1702, surgit l’insurrection cévenole appelée « Guerre des Camisards », commencée par des coups de main isolés et poursuivie sous forme de guérilla intensive jusqu’en 1705. Il en résulte l’incendie d’églises et de châteaux, l’assassinat de prêtres et de catholiques… Près de Saint-Florent, les exactions se multiplient aux Fumades, à la Bégüde d’Auzon, à Rousson… Des prêtres fuient.

En janvier 1703, des paroissiens de Saint Jean, Robiac, Rousson, Saint-Julien de Valgalgue se réfugient à Saint-Florent. Les attaques de Génolhac et Chamborigaud déclenchent un réflexe d’autodéfense chez les catholiques. Des milices se constituent à Chamborigaud, Sénéchas, Ponteils, Concoules…, dans ces localités encore à ce jour majoritairement catholiques. La communauté de Saint-Florent ne tarde pas à rejoindre le mouvement. Ses habitants s’y illustrent tant que l’ensemble des insurgés catholiques prend le nom de « Florentins », après Cadets de la Croix ou Camisards blancs. On parle aussi bien des « Florentins du Pradel » que des « Florentins de la Salle ». Menées par les plus violents, les milices attaquent les villages protestants, détruisent les maisons et massacrent les habitants, glissant peu à peu vers le banditisme ; cela émeut le pouvoir. En 1704, la révolte camisarde s’essouffle. Les Florentins se distinguent encore en 1705. Le général La Lande, venu négocier avec le chef camisard Cavalier, s’émeut lui aussi. Peu à peu, les choses se calment mais la région a traversé l’un des pires épisodes de son histoire. Les conditions de vie sont difficiles et les intempéries compliquent davantage la situation : été 1788 particulièrement sec, effroyables inondations en septembre 1788 suivies d’un hiver extrêmement rigoureux où les températures descendent jusqu’à -19 degrés à Saint-Florent.

La Révolution

Jusqu’en 1921, le Martinet et Saint-Florent appartiennent à la même communauté puis la même commune et leur histoire se confondent.

La population de la vallée de l’Auzonnet, en grande majorité catholique, garde dans sa mémoire collective les faits liés à la Guerre des Camisards, certains exagérés et déformés. La Révolution advient dans ce contexte. Tout d’abord, sont rédigés les cahiers de doléances. Les habitants de Saint-Florent demandent la suppression des fermiers généraux qualifiés de fainéants, celle des Etats généraux de la province, l’abolition de la milice,  la suppression des droits sur les peaux et les cuirs, la diminution de l’impôt sur le sel… Sous l’Ancien-régime, la communauté est dirigée par des consuls. En 1790, sont institués communes et cantons et Saint-Florent intègre le canton de Saint-Ambroix.  Les élections municipales se tiennent en 1791 ; elles désignent Antoine André, notable, aux fonctions de maire et Joseph Murjas et Augustin Sugier, anciens consuls, comme officiers municipaux.

Dans un premier temps, les habitants accueillent favorablement la Révolution qui n’inquiète que le clergé. En juillet 1790, Jean Espérandieu, prieur et curé de la paroisse, reste membre du Conseil municipal mais la « Constitution civile du clergé », promulguée le 24 août 1790, jette la majorité du clergé et des fidèles dans l’opposition. Les curés sont désormais élus. Considérés comme fonctionnaires, ils doivent prêter serment de fidélité. A Saint-Florent, Espérandieu et son vicaire Malignon prêtent serment avec des restrictions. Malgré l’élection d’un prêtre assermenté, ils continuent d’officier jusqu’en 1792. Le 27 mai 1792, l’Assemblée législative vote la déportation des curés insermentés alors que Saint-Florent accueille de nombreux prêtres réfractaires. Espérandieu et Malignon déclarent vouloir s’exiler mais se cachent, semble-t-il, dans le village. La Terreur porte la déchristianisation à son comble. Saint-Florent, débaptisé, devient Montmajard, Saint-Ambroix devient Pont-Cèze. La fin de la Terreur rétablit le culte et Saint-Florent retrouve son nom d’origine. Joseph Malignon devient curé en 1795.

Au plan économique et financier, la population désapprouve aux premiers temps de la Révolution la création des assignats, gagés sur les biens réquisitionnés du clergé. En 1793, la convention fixe un plafond pour les prix et salaires ; cette loi impopulaire est peu respectée. La misère s’accroît, engendrant le brigandage. La levée en masse d’hommes pour partir à la guerre est décrétée en août 1793. S’ensuivent désertions et perquisitions à la recherche des déserteurs. Ainsi, peu à peu, les Florentins passent d’une neutralité peut-être bienveillante vis-à-vis de la Révolution à une hostilité affichée, hostilité tout même contenue au moment de la Terreur, lorsque la commune fait le gros dos en attendant que les évènements se passent.

Cadre économique

Economie traditionnelle agricole

A Saint-Florent, l’agriculture pratiquée sur des terres arides aux surfaces cultivables limitées, rapporte peu. L’élevage complète une polyculture de céréales (blé, seigle, méteil, orge, avoine) et de légumes secs (haricots, pois chiches), éléments importants de l’alimentation.

Le châtaignier est omniprésent car son fruit constitue longtemps le pilier de l’alimentation, tant frais (de la récolte à Noël) que séché dans la fumée de la clèda (claie) où on entretient le feu pendant plusieurs semaines. La vigne, cultivée sur les faïssas (terrasses) bien exposées, donne un peu de vin de faible degré, bu par le paysan les années prospères et vendu ou échangé si nécessaire. L’olivier planté sur les terres bien ensoleillées donne une huile excellente.

Une autre culture est particulièrement prisée à Saint-Florent pour le revenu qu’elle génère : celle du mûrier dont les feuilles nourrissent l’avide ver à soie. Pendant plusieurs semaines, les petites bêtes donnent un travail harassant, devenant de plus en plus voraces en grandissant. Mais le jeu en vaut la chandelle car les cocons sont vendus pour être dévidés dans les filatures… Olivier de Serres, un ardéchois, introduit la culture du mûrier en Cévennes que le jardinier Troubat développe. A partir du 17è siècle, presque tous les mas gagnent un étage et installent une magnanerie pour y élever des vers à soie.

Le paysan dispose de peu de bêtes de somme pour l’aider dans le travail de la terre. En 1791, on recense 2 chevaux, 11 ânes, 22 mulets, 2 boeufs et 6 vaches sur l’ensemble de la commune.

Pendant des siècles, l’élevage complète le revenu et la production des paysans de Saint-Florent. Le recensement de 1791 fait état de 298 moutons, 915 brebis, 273 agneaux et 173 chèvres dans la commune de Saint-Florent. Les moutons sont élevés pour la viande (agneaux) et la laine, les chèvres  pour le lait qui donne les fameux « pélardons » et pour la viande (chevreaux). Toutes les familles élèvent au moins un cochon pour la viande et les charcuteries. Enfin, la basse-cour fournit volailles et lapins.

Les Moulins

En Cévennes, de nombreux moulins jalonnent le moindre ruisseau, le moindre valat … Ces moulins réduisent les châtaignes sèches en farine destinée aux animaux. Ils broient les céréales et écrasent les olives dans les basses vallées. Sur toute sa longueur, l’Auzonnet actionne quantité de moulins. Il en va de même pour ses affluents.

A Saint-Florent, un barrage érigé (levade ou passièira) alimente l’important moulin de la Traverse, établi  près du mas de la Traverse et du mas Devèze (appelé aussi Mas Murjas). Situé au confluent du valat de Fontanieu et de l’Auzonnet, cet ensemble complexe comprend deux meules à farine, une à gruau et un moulin à huile. Il comporte aussi un moulin à foulon qui permet de fabriquer divers tissus. Le moulin de la Traverse fonctionne jusqu’au début du 20e siècle ; il disparaît lors de la construction du puits de mine de Saint-Florent.

Au quartier des Peyrouses, un autre moulin dont le bâtiment demeure, fonctionne avec l’eau de la source alimentant Saint-Florent en eau potable. A Meilhen (commune des Mages), un moulin établi sur l’Auzonnet produit de la farine et de l’huile. Le bâtiment et les installations se voient encore.

Dans la vallée de l’Auzonnet, le terme « mines » évoque le charbon alors que le fer a été exploité ici bien avant le charbon et a généré d’importantes activités minière et artisanale. En effet, dans le Bassin houiller des Cévennes, le minerai de fer se trouve au-dessus des veines de charbon ; il a donc été extrait en premier. Le gisement de Palmesalade sur la commune de Portes, qui contient un minerai carbonaté (la sidérose), est exploité au Moyen Age au moyen de simples trous (les baouma) servant à collecter le minerai. Le minerai subit une première cuisson dans un four pour donner la « myne », transportée pour traitement vers les martinets (forges primitives actionnée par l’eau). La vallée de l’Auzonnet dispose alors de trois martinets (2 sur l’actuelle commune du Martinet, le 3ème à Pommier, commune de Saint-Jean de Valériscle. Le battage par le martinet donne des plaques, tiges et lingots que le forgeron transforme en outils, armes et en clous, les fameux « tachas » qui font la renommée de la vallée. La vallée compte jusqu’à 45 maîtres-cloutiers (en 1676) à Saint-Florent et à Saint-Jean.

« L’Age de fer »

Au 19è siècle, plusieurs mines de fer sont exploitées dans la vallée de l’Auzonnet. L’exploitation moderne de celle de Palmesalade produit un fer d’excellente qualité alimentant les hauts-fourneaux de Tamaris, à Alès. L’extraction se fait par puits et par galeries.

Les galeries, situées sous le niveau de l’Auzonnet, sont souvent noyées. Deux violentes crues, les 3 octobre et 3 décembre 1872 entraînent la fermeture définitive de la mine de Palmesalade.

Deux autres mines de fer sont ouvertes à Saint-Florent. L’exploitation de la première, concédée en 1859, intervient surtout de 1877 à 1884. Elle produit 18.500 tonnes d’hématite, un oxyde de fer. Le seconde mine située aux Ribots fonctionne de 1866 à 1874 et produit 23.400 tonnes de pyrite, un sulfure de fer.

Une usine chimique (en tous points semblable à celle qui s’installera dix ans plus tard à Salindres) se crée en 1867 à La Fougassière pour fabriquer de l’acide sulfurique, du sulfate de soude et du chlorure de chaux à partir de la pyrite. Pour évacuer « les vapeurs acides et gaz délétères » dégagée par l’usine, on construit une cheminée rampante de 250 m qui aboutit au sommet du Majard. Sa trace se voit encore sur le flanc de la montagne. L’exploitation de la mine de pyrite reprend entre 1924 et 1927, réalisant une production de 4.000 tonnes.

Mines de charbon

Le charbon qui affleure partout dans la vallée n’est  que peu exploité et utilisé.  Louis Gilly, propriétaire d’une verrerie à la Nougarède sur la commune de Saint-Jean de Valériscle, est l’un des premiers à l’employer pour chauffer les fours de ses ateliers.

L’exploitation industrielle du charbon débute au 19è siècle. Les galeries d’extraction sont d’abord creusées à flanc de montagne, tant près du col de Trélys que sur le serre de Majard. Interviennent à Saint-Florent les compagnies de Trélys-Palmesalade et de la Grand Combe. La Compagnie de Trélys exploite deux puits : d’abord celui de l’Arbousset près du Martinet, puis le puits Pisani.

Au puits  de l’Arbousset, creusé de 1877 à 1879, le charbon s’extrait à une profondeur de 250 mètres. Un coup de grisou tue 16 ouvriers en avril 1921. Le délégué-mineur est Isidore Michel, maire de Saint-Florent puis élu au Martinet,  à la création de cette commune (Loi du 18 juillet 1921). L’Arbousset est fermé en 1939.

Le très important puits Pisani, creusé en 1881, d’abord profond de 308 m puis de 408 m, est une véritable usine avec installations de triage et de lavage, ateliers de réparation, salle des machines et usine à agglomérés, produisant essentiellement des demi-gras. Le puits Pisani ferme en 1959.

La Compagnie de la Grand Combe Est ouvre des galeries pour rechercher du charbon sur le serre du Majard, près du mas des Ribots. Mis en service en 1950, après la nationalisation des Houillères, ce puits atteint 656 m de profondeur.

Equipé des installations les plus performantes (lavoir, usine d’agglomérés produisant 2.000 tonnes de boulets par jour), c’est l’un des plus modernes d’Europe. Des travers-bancs permettent de traiter également le charbon extrait à Molières, Saint-Jean et au Martinet.

En 1970, 650 mineurs travaillent au fond, produisant journellement 1.800 tonnes d’anthracite. Le rendement fond par homme et par poste dépasse 3.500 kg. Les réserves du gisement de Panissière sont considérables. Pourtant, la décision d’arrêter l’exploitation tombe en 1974.

Le puits de Saint-Florent est dynamité en 1975, malgré l’opposition de la population, consciente de voir la fin de l’exploitation du charbon dans la vallée. Les mineurs vont travailler à la Grand Combe… pour quelques temps.

Sources :
« La vallée de l’Auzonnet des origines à la Révolution française – Gérard delmas – Massy, 2002 et 2010
« Un village cévenol pendant la Révolution : Saint-Florent de 1789 à 1785 – Richard Bousiges – Editions Librairie Occitane – Salindres 1988
« Un village catholique pendant la Guerre des camisards : Saint-Florent de 1703 à 1705″ – Richard Bousiges – Editions Librairie Occitane – Salindres 1995
« Le Martinet et la vallée de l’Auzonnet à travers les âges » – Abbé Alphonse Albouy – Editions Notre-Dame – Nîmes 1957

Une réponse à St Florent en résumé

  1. François dit :

    Formidable! Merci pour ce bel aperçu historique. Je viens d’arriver dans la commune et c’est un vrai plaisir de la découvrir sous cet angle. Aussi, j’aimerais en apprendre plus sur certains points: les martinets et la période d’exploitation du charbon notamment… merci de me contacter.

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