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Les habitants de la vallée

Rédactrice : Edmée Fache

Peuplement dans l’Antiquité et à la période gallo-romaine :

Sept mille ans avant notre ère, des bergers conduisent leurs troupeaux de moutons sur le Chemin de Régordane, une draille de transhumance qui effleure la vallée de l’Auzonnet à sa naissance. Dans la vallée proprement dite, l’érection du dolmen de Trélys, au Martinet, date de 2.200 ans avant Jésus-Christ et l’occupation de la grotte sépulcrale du Puech, à St-Jean de Valériscle, date de 2.000 ans avant Jésus-Christ. L’exploitation à ciel ouvert (baumes) du minerai de fer de Palmesalade débute cinq cents ans avec notre ère.

Au VIe siècle avant Jésus-Christ, des grecs édifient des colonies sur les rivages méditerranéens et fondent Marseille. Des Ibères et des Ligures s’installent en Languedoc comme les Celtes le feront au siècle suivant.  En 330 av. J.-C., la tribu celte des Volques Arécomiques s’établit dans la région du Gard, se mêlant aux peuples en place. A partir de 125 av. J.-C., les Romains arrivent en Gaule.

Au IVe siècle après Jésus-Christ, des soldats romains sont cantonnés au camp militaire de Saint-Jean de Valériscle. L’un de leurs chefs, le Centurion Waro est enterré à St-Florent où sa sépulture est découverte au XIXe siècle, au lieux dit la Clède.

A la chute de l’Empire romain, les invasions barbares amènent de nombreux peuples en Languedoc (Wisigoths, Huns, Francs..). Au VIIIe siècle, les Arabes font des incursions en Cévennes.

De ses nombreux brassages, ressortent des origines multiples pour la population ancienne de la Vallée de l’Auzonnet.

Peuplement au Moyen-Age :

L’évolution du peuplement de la Vallée au Moyen-Age se déduit des actions qui se déroulent sur ce terroir.

Ainsi, en 850, le seigneur de Portes possède des terres dans la vallée de l’Auzonnet sur lesquelles le charbon est extrait, ce qui nécessite une main d’oeuvre. En 974, des moines bénédictins créent un prieuré à St-Florent et attirent ainsi à eux une population rurale peut-être éparse ou fixée ailleurs avant leur arrivée. En 1096, le propriétaire du Mas de Tauty, au Martinet, part en croisade et fait don de son mas au prieuré de St-Florent qui a manifestement prit une certaine importance en un siècle. En 1162, le prieuré bénédictin de St-Florent passe sous la coupe de l’Evêché d’Uzès. Trois moines servent alors le prieuré et dirigent la mise en valeur du territoire. L’église de St-Florent existe déjà, preuve que des hommes habitent ce lieu.

En 1250, Saint-Florent compte cinq feux ou maisons importantes, autour desquels vivent des laboureurs, bergers, domestiques… Les cinq feux recensés se nomment Trinquier de Beauvoir, Rivière de Jean, Le Prieuré, Le Rocher et Vernède.

Vers 1500, des mineurs et travailleurs de la métallurgie arrivent en Cévennes, venant d’Allemagne, d’Angleterre et d’Europe centrale.

Population au XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles :

En 1618, St-Florent érigée en communauté indépendante administrativement compte une centaine de familles dont de nombreux artisans : 2 cardeurs, 3 tisserands, 2 maçons, 1 tailleur, 1 tondeur, 1 maréchal-ferrant et 6 artisans cloutiers (pico-tachos).

Au cours du XVIIe siècle, l’agglomération autour du prieuré devient plus dense, notamment grâce au développement de l’activité des cloutiers face aux besoins croissants du moment. En 1670, St-Florent compte 170 chefs de famille, soit environ 850 habitants.

L’inventaire notarié dressé en 1700 d’une succession dans la vallée, décrit le mas cévenol comme suit. Il se compose d’une bâtisse d’habitation et de plusieurs dépendances. En ces temps incertains, il est fortifié et on y conserve diverses provisions. L’habitation comprend cinq ensembles. La cuisine sert de pièce à vivre. Elle est meublée d’une grande table, de chaises, de coffres en bois, d’un pétrin, d’un garde-manger, d’un placard à linge, d’ustensiles de cuisine… La chambre principale est contigüe à la cuisine ; elle contient ses lits munis de paillasse (feuilles de maïs ou paille), draps et couvertures, des coffres en bois, des sièges… Une chambre de service suit avec des coffres d’habits et de linge… Les greniers (au-dessus de la cuisine) permettent de stocker les céréales (blé, seigle, avoine, orge), les pois et pois chiches, le miel, l’huile, les fromages… On trouve enfin, la cave où on garde le vin, les harnais et colliers des animaux de labour… Les dépendances comprennent le grenier à foin ou pailler avec le foin et la paille de céréales, le rucher où les ruches sont abritées l’hiver, des hangars pour les outils et le matériel agricoles et les étables, écurie, bergerie et autres abris du bétail et de la basse-cour…

Au recensement de 1709, St-Florent compte 120 feux. En 1721, St-Florent compte 116 feux et l’épidémie de peste qui sévit entraîne 34 décès dont 7 à Cessous. En 1741, St-Florent compte 165 feux. En 1749, St-Florent compte 180 feux. En 1788, St-Florent compte 202 feux, soit 1.186 habitants. En 1790, St-Florent compte 240 feux et 1.120 habitants. En 1799, St-Florent compte 1.186 habitants.

Evolutions du peuplement aux XIXe et XXe siècles :

Avec l’exploitation minière, la population de la Vallée de l’Auzonnet s’accroît et sa composition change car les compagnies minières font massivement appel à de la main d’œuvre étrangère à la vallée. Les nouveaux venus sont originaires des Hautes Cévennes (Ardèche et Lozère) puis d’Espagne, d’Italie, de l’Empire colonial, d’Europe de l’Est….

De 1880 à 1970, l’exploitation minière crée de nombreux emplois dans la Vallée, un travail rude qui occupe presque tous les hommes, quelques femmes et des enfants. Beaucoup possèdent aussi de la terre dont l’exploitation améliore la ration alimentaire et même complète le revenu de la famille. Le monde des mineurs est animé d’une grande solidarité. Dans la vallée, les périodes de liesse alternent avec le drame quand survient l’accident à la mine et les manifestations ouvrières.

La population du village de Saint-Florent sur Auzonnet évolue comme suit depuis 1856 :

  • 1856 : 1.615 habitants
  • 1901 : 3.502
  • 1920 : 3.866
  • 1926 : 1.662 habitants après la création de la commune du Martinet en 1922
  • en 1946 : 1.487 habitants (dont 832 étrangers) se répartissent dans 268 maisons d’habitation et d’exploitation rurale.
  • 1954 : 1.809 habitants
  • 1962 : 2.266
  • 1975 : 1.620
  • 1990 : 1.363
  • 2007 : 1.138        et     2010 :  1.163
Sources écrites :
  • Le Martinet et la vallée de l’Auzonnet à travers les âges – Alphonse ALBOUY – Editions Notre-Dame – Nîmes, 1957.
  • La vallée de l’Auzonnet – Gérard Delmas – Massy, 2002
  • Archives Municipales de Saint-Florent

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