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Histoires d’Héraldique

Rédaction  :  Edmée Fache

« Histoires d’héraldique »

Conférenciers : Chantal et Régis Germain   

Exposé présenté par Chantal et Régis Germain à Saint-Florent, salle Louis Aragon, le 27 mars 2011, à l’occasion du dixième anniversaire de notre association, célébré sur le thème des patrimoines saint-florentin et cévenol.

Dans le cadre de ce 10e anniversaire, l’association Saint-Florent d’Hier et d’Aujourd’hui a également organisé d’autres conférences et une exposition de près de 1.000 photos, cartes postales, chronologies et de nombreux documents et objets illustrant le patrimoine de Saint-Florent et des Cévennes, depuis le haut Moyen-Age jusqu’aux années 1960.

Régis Germain débute son propos en saluant la présence dans l’auditoire nombreux de Jean-Marc de Béthune, de Salindres, passionné d’histoire régionale et d’héraldique.

Il rappelle la création du Musée des Blasons en 1997 à Saint-Jean de Valériscle où sont exposés 500 des 1.500 blasons qu’il a fabriqués ainsi que des armes et des costumes médiévaux. Ses autres blasons tournent en permanence dans des expositions en France.

 Blason dérive de « blasen » (claironner en allemand), puisque le blason indique l’identité du combattant. Avant le début du combat, le héraut d’armes déclare la guerre ou proclame les qualités du combattant. Héraut, qui dérive du francique « heriwald » (chef d’armée), a donné héraldique, la science des armoiries figurées sur les blasons.

Le blason est la pièce essentielle des armoiries qui comprennent aussi casque, couronne, mortier, tenants, bannière, cri, devise… Le cri des rois de France est « Montjoie Saint-Denis ». Leur devise est « Lilia non laborant neque neni » (Le lis ne travaille ni ne file).

L’origine du blason est purement militaire. Le blason est créé après la bataille d’Hastings (Conquête de l’Angleterre par les Normands en 1066). La tapisserie de Bayeux nous montre les chevaliers combattant protégés par une côte de maille et un casque intégral qui dissimule leur visage. Tous se ressemblent… Pendant la bataille d’Hastings, la nouvelle de la mort au combat de Guillaume le Conquérant court un moment. Ses soldats, ébranlés, risquent de se débander…

Après cette bataille, il apparaît qu’il faut à tout moment pouvoir identifier les combattants, les chefs en particulier. Pour cela, on décide d’orner l’écu (ou bouclier) qui protège le combattant.Le bouclier est d’abord peint d’une couleur unique. Sept couleurs sont utilisées : deux métaux (or et argent) et cinq émaux (gueules pour rouge, pourpre, azur pour bleu, sinople pour vert et sable pour noir). Pour une bonne lisibilité, on ne superpose pas or et argent, ou  les émaux. On les juxtapose ou bien on les alterne.

L’écu (bouclier) tient sa forme triangulaire de sa construction en bois recouvert de peaux (fourrures) mouillées afin de pas ne pas s’enflammer. Les peaux sont maintenues par des lames de fer ou des morceaux de bois cloués au cadre en bois et disposés dans tous les sens. De là, les différents pièces apposées sur le blason formant des figures faciles à reconnaître de loin grâce aux couleurs juxtaposées.

Au fil des siècles, la forme du blason évoluera du triangle initial au rectangle (avec une base en forme d’accolade) puis à l’ovale, au XIXe siècle. Le rapport entre hauteur et largeur du blason suit le nombre d’or (1,618 env.), proportion considérée comme summum de l’esthétique.

Au XIIIe siècle, la décoration de l’écu se complique par l’ajout de motifs divers : les meubles. Ces meubles symbolisent la bravoure du combattant, les prises de guerre, les alliances conclues, les accidents de la vie…

L’expression « passer l’arme à gauche » vient du fait que dans le blason d’un couple, les armoiries du mari sont figurées à droite (partie noble du blason) et celles de l’épouse à gauche. Au décès du mari, l’épouse place ses propres armoiries dans la moitié droite du blason et celle du défunt à gauche.

 Chantal Germain présente le blason de St-Jean de Valériscle, choisi au début du XIIe siècle : 3 cèbes (oignons doux) sur un fond sinople (vert) puisque St-Jean est alors un très important producteur d’oignons renommés dans tout le Languedoc oriental. Elle présente ensuite deux blasons élaborés par son époux : celui du Martinet et celui des Mages. Le blason du Martinet est formé d’un semis de clous d’or sur un lit rouge figurant le fondement de la prospérité du village. Le lit rouge s’ouvre vers l’avenir et l’Auzonnet ondoie à la base. Le blason des Mages comporte en haut trois étoiles figurant les Rois Mages, au centre une capitelle de berger et à la base un tapis vert symbolisant les activités agricoles du village.

Les guerres et les tournois étendent le blason aux montures, caparaçonnées aux armes de leur cavalier.

Au XVe siècle, le moine Petrasanta codifie la représentation des couleurs :

  • l’or est symbolisé par des points
  • l’argent, par le vide
  • le rouge (gueules), par des barres verticales représentant le sang coulant
  • le bleu (azur), par des barres horizontales
  • le pourpre, par des diagonales de droite à gauche
  • le vert (sinople), par des diagonales de gauche à droite
  • le noir, par des barres croisées.

Le blason sert à communiquer. Il parle par figures : l’eau est figurée par des lignes sinueuses, la ville par une tour percée d’une porte, un territoire (ou une terre) par un arbre…

Le blason peut afficher le nom de son propriétaire sous forme de rébus. Régis Germain décrypte le blason de Jacques Cœur (financier du XVe siècle) : des coquilles St-Jacques figurent le prénom tandis que le nom est symbolisé par trois cœurs.

Les blasons du Languedoc-Roussillon, de la Provence, des Baux dérivent du blason d’Aragon, couleurs de sang et d’or.

L’expression « mort aux vaches » a pour origine les insultes proférées par les catholiques à l’encontre du blason d’Henri IV, composé de deux vaches posées sur un fond rouge.

L’ornement de l’écu se retrouve sur le sceau seigneurial, généralisant l’usage du blason en temps de paix. D’abord réservé aux seigneurs et gentilshommes, le blason est adopté dès le XIIIe siècle par les villes, les communautés religieuses et laïques, les bourgeois, les ecclésiastiques… L’accès aux armoiries est libre, à condition de ne pas usurper un blason déjà porté et de ne pas se prévaloir injustement de titres (de noblesse, par exemple).

La liberté de porter des armoiries génère des accès que Louis XIII, au début du XVIIe siècle tente de réfréner mais la première codification héraldique date de la fin du règne de Louis XIV (1696) qui impose l’enregistrement des armoiries dont le libre accès est confirmé. Cette mesure crée un engouement pour l’héraldique. 100.000 familles se font inscrire dans « L’Armorial » de Charles René d’Hozier (généalogiste du Roi) dont 70.000 sont roturières. La mesure rapporte également de substantielles rentrées d’argent au Trésor Public épuisé par les guerres de Louis XIV.

Aux termes de l’édit royal de 1696, toutes les communes françaises doivent posséder un blason et le faire enregistrer. Pour celles qui n’en ont pas, C. H. d’Hozier fait fabriquer des séries d’écus similaires, construits sur le jeu des émaux et des figures et les attribuent. Ainsi sont créés le blason attribué à St-Florent (d’argent à la bande losangée d’or et de sinople) et ceux donnés à plusieurs communes du voisinage (St-Julien de Cassagnas, St-Julien les Rosiers, Robiac, Meyrannes, St-Brès…). Tous identiques, aux couleurs et position de la bande près, et dépourvus de signification symbolique.

Avant de se prêter aux questions de l’auditoire, les conférenciers concluent leurs propos en rappelant que l’héraldique, si elle n’est pas une science exacte, est une science juste. Précieux auxiliaire de l’histoire, elle permet de dater des monuments, des objets et de les attribuer à leurs propriétaires. Enfin, elle désigne les commanditaires d’œuvres d’art…

2 réponses à Histoires d’Héraldique

  1. Bulteel Mauricette et Gérard dit :

    merci Régis de ce que tu nous as appris, transmis, merci a toi et à Chantal, ta magique Epouse « Tatie choucou » comme disait petit notre fils Renaud , qui a toujours l honneur d etre dans un cadre au musée, de nous avoir reçu chez vous et fait connaître tant de Gens supers ! Les Magnanelli que comme vous nous adorons, Yvan Chiffre etc , que de souvenirs de votre venue lors de la franche foire de tourcoing 59! 1993, je crois, avec Laurence et le monos ! que nos Frêres Templiers que tu m as aussi fait mieux connaître , t accueillent la haut ! et que Dieu veille sur Chantal ! ma santé me fait te dire à bientôt Régis
    avec nos pensées du coeur ! amitiés
    Gérard Mauricette Renaud son epouse son fils !

  2. admin dit :

    Merci pour ce cher Régis, trop tôt disparu et pour Chantal, mon amie d’enfance à qui je transmettrai votre message très touchant….

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