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Usine Chimique de La Fougassière

Rédaction  :  Geneviève Padovani

USINE  CHIMIQUE  DU  QUARTIER  DE  LA  FOUGASSIÈRE

Une lettre du 10 janvier 1865 avait pour objet de savoir où en était la demande de concession de pyrites de Mr. Henry MERLE, concernant un périmètre revendiqué par Mr. RIVIERE-DEJEAN à St Florent sur Auzonnet.             Mr Henry MERLE ayant abandonné ses recherches, un décret impérial du 31 juillet 1865, accordait au Sieur Amédée RIVIERE-DEJEAN, une concession de 395 ha à St Florent.     La même année, les Sieurs VASSAL et Cie, fabricants de Produits chimiques à Marseille (B.du Rhône), demandaient l’autorisation d’établir, sur un terrain dit « La Fougassière », dépendant de la commune de St Florent, une usine destinée à la fabrication de produits chimiques.        L’arrêté préfectoral du 25 mai 1867 accorda cette autorisation. Dès lors, l’exploitation se développa de manière notable en rive droite de l’Auzonnet, à proximité du hameau des Ribots.

Il n’est fait nulle part dans l’arrêté, mention de « soudière ». Mais dans l’article 1er de cet arrêté, la liste des matériels appelée « consistance » ne laisse aucun doute quant à la fabrication de carbonate de soude :  24 fours à brûler la pyrite ; 6 chambres de plomb pour l’acide sulfurique, cubant ensemble 8.000m3 ; 3 fours doubles à sulfate de soude ; 20 fours à chlore ; 4 chambres à chlorure de chaux ; 2 fours à soude brute ; 4 fours à sels de soude.

Dans l’article 2 de cet arrêté, une précision est fort intéressante : « Les vapeurs acides et les gaz délétères seront expulsés par une cheminée en forme de rampant, aboutissant au sommet de la montagne dite Majard ». Cette cheminée rampante suivra le flanc de la colline pour aboutir au sommet. On voit aujourd’hui encore la saignée rectiligne dans la végétation, à flanc de colline. On repère également sur la bordure de l’ancien emplacement de l’usine des amas rouges de pyrites grillées.

Sachant que la chaux est nécessaire à la fabrication du chlorure de chaux et que cette matière première ne semble pas être élaborée dans l’enceinte de l’usine, il fallait faire appel à un et/ou des chaufourniers voisins. Par autorisation préfectorale du 20 mai 1867, il était accordé à Mr Alphonse DIVOL, d’établir 2 fours à chaux permanents dans la commune de St Florent, sur la parcelle N° 51 du plan cadastral, section D, N°2, le Garanis.

De vastes bâtiments furent construits et des ouvriers embauchés. Une cheminée de 250m de long, accrochée au Serre du Majard, pour aboutir à une sortie tout en haut, était sensée permettre de protéger les cultures et les habitants de la fumée nuisible produite par les fours. D’autres chantiers de recherches furent ouverts dans divers endroits. La production permettait d’honorer les commandes, comptant pour le transport sur la construction du chemin de fer. Mais cette dernière ayant pris du retard, certaines importantes commandes ne purent être livrées à temps. L’exploitant ne put rentabiliser ses investissements et dut se résigner à abandonner l’exploitation en 1874.

La ligne de chemin de fer fut ouverte le 30 août 1880 ! Ce fut alors une opportunité pour la reprise de la mine. En 1900, la « Société des blancs de zinc de la Méditerranée » dirigée par M. Chabaury, s’intéressa à la concession, continua la production de pyrite ainsi que celle du zinc dont elle obtint l’autorisation le 14 janvier 1908.  Deux ans plus tard, les travaux furent interrompus et la concession fut abandonnée. En 1924, la Société revint exploiter au quartier des Ribots. Puis cette concession fut louée à la « Compagnie des produits chimiques et électrométal-lurgiques d’Alais Froges et Camargue » de Salindres. Mais le faible rendement de 3T/jour de pyrite entraîna, en 1930,  la fermeture de la mine.

Au vu de l’installation de cette usine et de celle de Salindres, on peut constater, à dix ans d’intervalle, une similitude certaine. En effet, en 1857, l’usine de Salindres comprenait : 6 fours à brûler la pyrite (fours à 2 étages – 10T/jour) ; 4 chambres de plomb (Total : 6.000m3) ; 6 fours doubles à sulfate de soude ; 6 appareils à chlore composés chacun de 4 bâches en grés de Rive de Gier ; 2 chambres à chlorure de chaux, divisées chacune en 5 compartiments ; 5 éléments de fours à soude ; 2 fours à sels de soude (cuvette en fonte).

Les productions pouvaient s’estimer à : 2.500 T/an d’Acide Sulfurique ; 3.500 T/an de Sulfate de Soude ; 2.600 T/an de Sels de Soude ; 400 T/an de Cristaux de Soude ; 2.700 T/an d’Acide Chlorhydrique ; 600 T/an de Chlorure de Chaux.

Principe d’une « soudière »

L’anhydride sulfureux, obtenu par brûlage des pyrites, est transformé en acide sulfurique dans des chambres de plomb. Le sel marin (chlorure de sodium) est attaqué par l’acide sulfurique pour donner du sulfate de soude en dégageant de l’acide chlorhydrique. Le sulfate de soude, par réduction par le charbon en présence de calcaire (CO3Ca), donnera du carbonate de soude (sel de soude). L’acide chlorhydrique en solution, oxydée par du bioxyde de manganèse naturel, donnera du chlore qui, passant sur un lit de chaux éteinte, donnera alors du chlorure de chaux.

Sources : Extrait d’une revue dont le nom ne figurait pas sur la copie !! Cependant :  – nota bas de page : « Cette étude a pu être menée à bien, grâce aux concours de M. André AYGON (D.R.I.R.E.) et de M. Michel WIENIN. Elle apporte une contribution à l’Histoire Industrielle de notre région et corrige certaines légendes »  -    « Les mines des Cévennes » – Michel Vincent – Imprimerie Delta color – Nîmes – 2006

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