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Les Charbonniers

Rédaction  :  Edmée Fache

Les bouscardiers (1) de Saint-Jean

« Ils ont eu une intense activité dans la vallée et ce, jusqu’aux années 1950. Les piémontais sont venus s’installer les premiers [à partir de 1830]. Il y eu Pésenti, Milesi, Baroni… Ils venaient à la bonne saison directement du Piémont et vivaient dans des cabanes avec femmes et enfants. Quand il faisait mauvais, ils s’occupaient à faire des berceaux qu’ils vendaient pour les nouveau-nés et le dimanche, ils se rendaient ensemble à la messe

Les deux côtés de la montagne étaient occupés par des charbonnières, celles-ci fonctionnant tout l’été. Pourtant, il n’y avait pas d’incendie car ils prenaient d’infinies précautions. Les enfants n’allaient pas à l’école, travaillant continuellement avec le père. Le charbon de bois était véhiculé le long des chemins de charrettes. C’est pourquoi la charbonnière était édifiée en principe à côté d’un chemin carrossable afin que le chargement puisse se faire. Dans le cas contraire, le charbon de bois, était descendu à la gare à dos de mulet. Là un wagon était à quai et dans la journée, dix tonnes de combustibles étaient chargées en partance pour Marseille où la plupart des ménages se chauffaient et cuisinaient au charbon de bois.

Les bouscardiers changeaient souvent d’endroit pour établir la charbonnière afin qu’il n’y ait pas trop de chemin à parcourir lors du transport du bois. Celui-ci était porté à dos d’homme ou quelquefois avec un bourricot venu avec eux du Piémont. Ce trajet avait été une véritable expédition. Aussi, pendant le voyage pour venir d’Italie, faisaient-ils du colportage (vente de savonnettes, d’aiguilles, de fil ou de lunettes). Ils vendaient pour gagner leur vie honnêtement jusqu’au jour où ils arrivaient sur le lieu d’exploitation. Ils avaient le sens du commerce. Une fois sur place, le bourricot servait à aller chercher l’eau. Il fallait beaucoup de ce précieux liquide, notamment pour faire la cuisine et lorsqu’il n’y avait pas de source, il fallait descendre au village.

Pour porter l’eau, les charbonniers se servaient de peaux de bouc qui contenaient chacune 25 litres. On en mettait deux sur le dos du bourricot et on montait à la cime de la montagne. Les enfants étaient plus particulièrement chargés de cette besogne et ils faisaient souvent deux ou trois voyages d’eau par jour. La mère s’occupait de la cuisine, des jeunes enfants et quand elle avait un moment, elle préparait des éclisses de châtaigniers servant à la fabrication de berceaux ou de paniers. Les conditions de vie étaient très dures pour ces familles entières perdues au cœur des montagnes […] logeant dans des huttes misérables.»

(1) : charbonniers

Marc CELLIER – Saint-Jean de Valériscle, Regards sur le passé – Groupe de Recherches Saint-Jeannais – 1993

Galerie :  Geneviève Padovani

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